dévideuses
8.750 teiuturiers, apprêteurs, mouliniers et ovalistes, plieurs, étireuses, tordeuses, metteuses en mains, monteuses de métiers.
prédisant l'éclipsé prochaine de nos fabriques de soieries ne lui ont jamais manqué, même dans son propre sein, et que, numériquement parlant, l'effectif de notre industrie a un peu décru depuis quelques années. En 1873, en effet, on l'évaluait approximativement de 1 10 à 120,000 métiers, dont 6,000 métiers mécaniques.
Il importe autant, fût-ce même dans une Notice comme celle-ci, de se dégager d'un optimisme trop confiant que du scepticisme décourageant. On ne saurait oublier, cependant, qu'un métier mécanique fonctionnant équivaut à plus de trois métiers à la main occupés durant le même temps. De plus, les métiers mécaniques agglomérés dans de grands établissements tissent des étoffes réclamant des remaniements de montages moins fréquents ; de ce chef, ils éprouvent des chômages moins nombreux et moins prolongés. Cette partie de notre outillage présente donc actuellement, comme quantité de tissus, l'équivalent de 715 à 80,000 métiers à la main. Et si on les ajoute aux 65 à 70,000 métiers à bras, réunis par exception, en usines, ou le plus souvent disséminés, épars, dans les petits ateliers de la ville ou de la région, on reste convaincu que jamais les forces productrices de notre industrie n'ont atteint ce degré de puissance.
Un phénomène à peu près semblable s'est manifesté dans toutes les autres industries de la soie, notamment dans la filature et le moulinage.
Le moulinage comptait, en 1875, 576,590 tavelles; il ne compte plus en 1888, d'après les rôles des patentes, que 263,534 tavelles dans 708 établissements ; mais, soit par l'accroissement de la vitesse du travail, soit à cause de la perfection plus grande des soies grèges, la production de chacune des tavelles a, de l'aveu des hommes les plus compétents, plus que doublé depuis quinze ans (1).
La filature représentée, en 187 5, par 27,253 bassines, n'est plus représentée, en 1888, que par 10,3 14 bassines, mais l'amélioration de la qualité des cocons avec la régénérescence de nos anciennes races de vers à soie, l'emploi plus
(1) L'augmentation de la vitesse a été rendue possible par l'amélioration de la qualité non seulement des soies de France, mais encore des soies du Japon et de Canton depuis l'introduction des systèmes de filatures à l'européenne dans ces pays. Par exemple cent tavelles ne produisaient environ par mois que 50 kilogrammes d'ouvrées de grappes, elles en produisent, à égalité de titre plus de 100 kilogrammes aujourd'hui avec les filatures du Japon. La même observation peut être faite pour les Canton tsatlées et les Canton filatures, certains moulins tournent de 6 à 7,000 tours à la minute au lieu de 2 à 3,000 tours il y quinze ans.
LA FABRIQUE LYONNAISE DE SOIERIES
général des batteuses et des jette-bouts mécaniques, une division mieux entendue du travail pour la cuisson des cocons, etc., etc., tout cela a doublé et, dans un certain cas, triplé le produit moyen de chaque unité de travail (i).
Les apparences sont encore trompeuses quand on conclut de la diminution des valeurs de production ou d'exportation au déclin de notre fabrique de soieries. Les statistiques de production dressées par la Chambre syndicale des soieries, donnent pour la moyenne des cinq dernières années 1885-1889 le chiffre de 2.76 millions de francs d'étoffes produites, alors que cette moyenne atteignait 450 millions de francs annuellement pendant la période 1871-1875 (2);
(1) Avec les cocons de r.;ces vertes qui représentaient la presque totalité des récoltes françaises il y a quelques années une filcuse faisant elle-même la cuisson, le battage et la préparation de ses cocons ne produisaient pas, par journée de travail plus de 120 à 150 grammes de soie classique, de titre moyen 10/12. Avec les cocons de races jaunes régénérées que l'on récolte aujourd'hui, la même fileuse, recevant ses cocons cuits, battus, débavés, n'ayant plus en un mot qu'à les filer, produit de 400 à 4jo grammes de soie classique avec une bassine. Cette bassine au lieu de filer comme autrefois à deux bouts, file souvent à quatre bouts. Le dernier mot n'est du reste pas dit pour cette accélération déjà si remarquable du travail dans les usines qui se tiennent à la hauteur des améliorations d'outillage; on espère des résultats des divers systèmes de lance-bout actuellement à l'étude dans de nombreuses filatures.
(2) Voici, d'après les statistiques annuelles dressées par la Chambre syndicale des soieries, quels ont été les chiffres de production de la Fabrique lyonnaise (en millions de francs) depuis 1871 :
Étoffes
Étoffes
Étoffes
Étoffes
Tissus
Production