‹ Lyon de 1778 au Directoire, notes et documents; (volume 4)Chapitre 4 sur 4 · Décembre · texte numérisé non relu

Décembre

A différentes reprises la population lyonnoise avoit été agitée ; le sept février et le vingt juillet 1790, des émeutes terribles eurent lieu. Les aristocrates profitèrent de ces dispositions du peuple et excitèrent encore le mécontentement du peuple par leurs agens secrets. Enfin, vers le commencement du mois de décembre 1790, on découvrit à Lyon une conspiration qui avoit pour but de renverser la Constitution et l'Assemblée Nationale, d'établir à Lyon le siège du gouvernement et d'appeller dans cette même ville le comte d'Artois et les autres émigrés.

Ce fut le sieur Privât, officier de la garde nationale,

qui découvrit ce projet, dans la nuit du 8 au 9 décembre, aux municipaux MM. Maisonneuve, Andrillat, Pressavin et Carret.

Les chefs de cette conspiration étoient : MM. Guil- Jien de Tougelon, d'Escars, capitaine à la suite dans le régiment d'Artois, dragons, et Terasse de Teyssoinui , officier dans le régiment du Maine, infanterie.

Les déclarations parurent si graves aux officiers municipaux qui venoient de les recevoir, le danger leur parut si pressant, qu'ils requirent à l'instant même (il étoit une heure et demie du matin) le sieur Frachon, aide-major général, d'aller arrêter les sieurs Guiliien, d'Escars et Terasse-Teyssonet, et de s'assurer de leurs papiers. L'arrestation se fit à six heures, le 10, et on prévint le peuple des motifs qui avoient rendu cette précaution nécessaire.

Les trois détenus furent interrogés dans la journée du 10.

L'affaire fut portée à l'Assemblée Nationale et sur le rapport de Voidd, ■ un membre du comité des recherches, dans la séance du 18 décembre au soir, elle rendit le décret suivant :

L'Assemblée Nationale, après avoir entendu le rapport qui lui a été fait au nom de son comité des recherches, décrète ce qui suit :

Ai ticle Premier.

Elle charge son président de se retirer devers le roi pour le prier de donner les ordres nécessaires pour

que les sieurs Guillien de Povigelon, d'Escars et Terasse de Teyssonet, soient transférés séparément et sous bonne et sûre garde, du château de Pierre-Scize, où ils sont actuellement détenus, dans les prisons de Paris.

Art. 2.

La municipalité de Lyon enverra incessamment au comité des recherches de l'Assemblée Nationale, tous les renseignements qu'elle aura pu se procurer sur la conspiration dont se trouvent prévenus lesdits sieurs Guillien, d'Escars et Terasse, ensemble leurs papiers.

Art. }.

Le procès sera fait à ces particuliers par la haute cour nationale, chargée de la connaissance des crimes de lèze-nation, ou par tel autre tribunal provisoire que l'Assemblée Nationale jugera convenable.

Art. 4.

Le roi sera prié de remplacer le sieur La Chapelle, commandant les troupes de ligne à Lyon, et de donner tous les ordres nécessaires pour le maintien de la tranquillité dans cette ville.

Art. ;.

Décrète que tous François, fonctionnaires publics, ou recevant des pensions ou traitemens quelconques

de l'Etat, qui ne seront pas présens et résidans dans le royaume et qui n'auront pas prêté le serment civique dans le délai d'un mois après la publication du présent décret, sans être retenu dans les pays étrangers par une mission du roi pour les affaires de l'Etat, seront, par ce seul fait, déchus de leurs grades et emplois, et privés de leurs pensions, appointemens et traitemens.

A l'occasion de la découverte des manœuvres contre-révolutionnaires de MM. Guillien dePougelon, d'Escars et Teyssonet, l'administration municipale, présidée par le maire, M. Palerne de Savy, et après avoir entendu le rapport de M. Bret, substitut procureur de la commune, délibère et arrête ce qui suit :

« Il sera, à l'instant, expédié un courrier extraordinaire, à l'effet d'informer l'Assemblée Nationale et le pouvoir exécutif, des complots tramés en cette ville contre la patrie et qui ont été heureusement découverts, et que le réquisitoire de M. le substitut du procureur de la commune et la présente délibération soient imprimés et affichés dans tous les endroits accoutumés de cette ville.

Lyon, 13 décembre 1790.

14 Décembre

Par suite de l'arrivée à Lyon d'un nombre très considérable d'étrangers, évalué à 400 au moins.

M. Franchon, aide-major, est autorisé à faire établir des postes à la porte de chacun des hôtels garnis et auberges.

Arch. de la ville de Lyon.

30 Décembre

Il est procédé à l'installation du nouveau maire. M. Vitet, et des officiers municipaux, procureur de la commune, etc....

Le dénombrement des indigents de la ville de Lyon, auquel fait procéder la Société philantropique et de bienfaisance chrétienne, en 1790, donne les résultats suivants :

Nombre Nombre Quartiers. Je* <•«

ménages, individus.

1 Place Confort 190 500

2 Le Change 406 994

î Le Griffon 175 745

4 Rue Thomassin 189 424

5 Rue Belk-Cordière 119 500

6 La Juiverie 396 1 . 300

7 Saint-George 582 2. 190

8 Rue Neuve 310 545

9 La Croizette 163 562

iA reporter 25 30 7760

'lis port 2530 7760

10 Saint-Vincent 495

1 1 La Grand'Côte 751

12 Port Saint-Paul 521

13 Bon-Rencontre 236

14 Place Neuve 384

15 Rue Buisson 147

16 Port-du-Temple 113

1 7 Porte-Froc 512

18 La Pêcherie 178

19 Place Saint-Pierre 154

20 Rue Tupin 53

21 Rue de l'Hôpital 1S4

22 Le Gourguillon. .« . .. 713

23 Place Louis-le-Gr. ■-...'. . . 680

24 Le Plâtre 2)2

25 Les Terreaux 104

26 Pierre-Scise 404

27 Plat-d' Argent 245

28 Saint-Nizier 108

29 Vaisc 27

Totaux 8.821 25 .083

La population de Lyon, en 1790, était de environ 150,000 âmes.

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