‹ Lyon de 1778 au Directoire, notes et documents; (volume 4)Chapitre 3 sur 4 · LYON LX · texte numérisé non relu

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de ce temps là étoient des foutus hypocrites, des bavards, des avares, en un mot, de lâches Jean-foutres comme vous, leur existence étoit aussi inutile, ou pour mieux dire, aussi à charge au peuple que la vôtre. Et vous, vous osés citer des loix faites par des prêtres ! les beaux législateurs ! vous ne savez donc pas combien le peuple vous méprise !

« Vous protestés contre la vente de vos biens ; c'est-à-dire que vous êtes rebelles à la nation et que la perte de ces mêmes biens vous a fait tourner la cervelle. C'est donc vous qui avés la révolution tant à cœur ; c'est donc vous qui avés intérêt de voir échouer nos efforts pour recouvrer notre libeité; c'est donc vous qui aimeriés voir la division parmi nous ; c'est donc vous qui semés la discorde et payés des émissaires pour occasionner l'anarchie, séduire nos troupes de ligne et voir couler notre sang. Lâches que vous êtes ! ne rougissés-vous pas à nous exhorter dans vos temples à la paix, tandis que sous main, vous nous excités au meurtre et au carnage? Craignes tout maintenant, puisque vous avés tout fait pour nous opprimer ; et ne pensés plus à en faire acroire au peuple, avec vos pieuses bouffonneries, vos saintes grimaces, qui n'ont d'autre but que de rassasier votre ambition et votre avance.

« N'ayant plus rien à perdre, vous venés de vous montrera découvert, ce n'est plusle zèle de la religion qui vous guide, vous redemandez des biens, des privilèges et des titres. On ne vous appclera plus Messieurs

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les comtes, mais bien M. Gain, M. Pitigon, simplement, comme tous les honnêtes gens. Cela est malheureux à la vérité. Vous n'aurez plus le plaisir de tenir des prisonniers en volière, qui vous recréoient la vue ; cela est dur. Mais vous autres qui avés lu Jérèmie, E^echiel, ne savés-vous pas que ce monde est plein de tribulations ; et qu'il faut se résigner à tout ?

« Vous avez voulu imiter ces vieilles maisons qui font beaucoup de bruit en s'écroulant ; elles fixent l'attention pour le moment ; la curiosité attire les passants sur les décombres, et les chiens pissent sur les débris des toits. Ici. loin que votre procédé scandaleux fatigue les patriotes, il montre au contraire la source de nos divisions ; il révèle en leur pleine assiète, en leur bon sens, les personnes foibles qui avoient foi à vos grimaces. Vous vous retirerés loin de nos murs, sans rentes ni pensions, attendu que la religion ne mérite aucune grâce. Et plût à Dieu que tous les chapitres de la monarchie fr.v.îçoise imitassent votre folie; nous serions subitement soulagés du fardeau des pensions, que la nation a l'indulgence de vouloir leur offrir.

a Votre lâcheté ne s'est pas bornée là ; vous avés fait distribuer des paquets de brochures dans les allées, (trait d'humanité qui vous lait honneur' en faveur des pauvres, qui n'avoient pas de manchons pour leur derrière. Hélas ! pauvres fous que vous êtes, vous vous étiés imaginés qu'on prendrait beaucoup de part à votre chute, oui, nous y en prenons, et nous soupirons

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après le moment de votre dissolution. Ne croyés plus nous séduire ; ce seroit en vain que vous imiteriés l'exemple de vos confrères qui ont essayé de faire répandre du sang dans Nîmes, le Languedoc, la Provence, les Cévennes, en courant dans les rues, le crucifix à la main, et excitant les citoyens à s'entr'égorger.

« Nous pourrons peut-être prendre les armes, mais tremblés, nous connaissons nos ennemis. Malheur à ceux qui nous auront provoqués ! Vous criés partout que notre bon roi est prisonnier à Paris, pour animer quelques milliers de satellites, que vous avés soldés ; mais mettes vos forces au jour, ne vous bornés plus à nous insulter par vos pamphlets, que nous méprisons. Sovés les agresseurs, et vos calotes auront beau jeu. Le curé de St-just vient de prêter un serment, dont la formule est celle d'un homme qui veut plaire aux deux partis.

« Le Marguiller des Cqmtes. »

16 Novembre

La municipalité de Lyon annonce, que, grâce au concours de plus de 300 négocians et d'un nombre immense de fournisseurs, il vient de se former une caisse patriotique dont les mandats sont de 6 livres.

Péricaud, I abattes chronologiques.

20 Novembre

L'Assemblée Nationale décrète qu'il sera établi douze juges de paix dans la ville de Lyon et ses faubourgs, savoir : 9 dans l'intérieur de la ville et 5 autres pour les faubourgs de la Guillotière. de Vaise et de la Croix-Rousse.

27 Novembre

Première vente de biens nationaux. Une maison appartenant aux religieuses de l'Antiquaille, située sur les rues Mercière, Chalamont et Trois-Carreaux, louée 7,3501., est vendue 1. (0.3(10 liv. ; une autre, rue du Palais-Grillet, appartenant aux Minimes, louée 3, 200 1. . est adjugée au prix de 70,000 liv.

Têricaud, Tahiti tes cbronohgiq n

Le sieur baves, directeur des spectacles, demande une indemnité pour la suspension des représentations du 24 juillet au 17 août précédent, temps pendant lequel le drapeau rouge a flotté au balcon de l'Hôtelde-Ville. Le conseil général la lui refuse, en raison de ce que l'interruption ainsi survenue peut être considérée

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comme le résultat d'un deuil public, et doit rentrer ainsi dans celles qui sont imposées aux entrepreneurs de spectacles publics .

Arch, de la ville de Lyon.

4 Décembre

Plusieurs mois avant la fédération du 14 juillet 1790, Louis XVI conclut le projet d'abandonner Paris pendant quelque temps et de venir à Lyon avec la Cour, afin d'y travailler à la contre-révolution. Ce projet, concerté dans le plus grand secret, fut communiqué par un des agents du roi à M. Imbert-Colomès, lequel en fit part à trois personnes dont il était parfaitement sûr. M. Regnv le père, M. Guillien dePougelon et M. Boscarv l'aîné. A l'aide de ces quatre personnages, . le projet du roi fut connu de tout le haut commerce, de la magistrature, du barreau et d'une foule d'autres gens notables, il fut goûté de tout le monde, mais une circonstance fit échouer ce projet. C'est que tous les princes émigrés à Turin qui eurent connaissance de ce projet voulurent devancer le roi à Lyon. Mais avant de rentrer en France, le prince de Condé crut à propos d'y envoyer un de ses aides de camp, M. le chevalier Terrasse de Tessonet, officier au régiment du Maine, afin de s'assurer positivement des dispositions des Lyonnais.

L'arrivée à Lyon de M. de Tessonet. qui était suivi de M. le marquis d'Escars et de M. le comte d'Egrigny, le but de leur voyage et l'inquiétude que faisait concevoir la présence des princes, détachèrent du projet du roi la majeure partie de ceux qui s'en étaient déclarés les partisans.

Les envoyés du prince essayent alors de se tourner du côté de la classe ouvrière. M. de Tessonet conçoit l'idée de faire opérer à Lvon un mouvement populaire, afin de forcer la nouvelle municipalité d'appeler elle-même les princes, en conséquence il se lie avec un maître ouvrier en soie de la Grand'Côte, qui lui paraissait avoir une certaine influence sur les ouvriers de son quartier et sur ceux de la Croix-Rousse ; mais cet homme n'était qu'un intrigant ; il lit à M. de Tessonet les plus magnifiques promesses, il en tira beaucoup d'argent, et il s'empressa ensuite d'aller tout découvrir à la municipalité.

Le mouvement populaire devait avoir lieu le 8 décembre 1790, et le a au matin MM. de Tessonet, d'Escars, d'Egrigny et Guillin de Pougelon étoient arrêtés chez eux par les agents de la police, conduits sur-le-champ au château de Pierre-Scize. Un décret de l'Assemblée Nationale les fit bientôt transférer à Paris, où ils furent mis en prison à l'abbaye St- Germain. Le décret portait en outre que la municipalité de Lyon fournirait les pièces qu'elle avait sur

le délit qui leur était imputé, et que le tribunal d'Orléans serait saisi de la procédure.

(Extrait d'une notice sur Guillin Dumontet, Revue du Lyonnais, t. III, page 476).

Nous empruntons encore quelques détails sur les projets contre-révolutionnaires de Guillin Pougelon et autres partisans et agents des princes français, à une petite brochure du temps intitulée: Le Triumvirat ou conspiration découverte à Lyon, page 3.

« Les chefs de l'entreprise sont les trois princes français réfugiés à Turin ; leurs agens immédiats à Lyon sont ces prêtres ci-devant comtes de Lyon, qui viennent de se signaler par leurs criminelles protestations, et qui sont en correspondance avec leurs collègues, aussi réfugiés à Turin : les principaux agens directs de ceux-ci à Lyon, sont le sieur Guillin de Ion, avocat et juge du ci-devant comté, les sieurs Decar et 'ferrasse dit Tessouet, tous deux officiers dans les troupes de ligne, lesquels, bien secondés du brave et affidé général, de leur cher, de leur bon ami La Chapelle, sont avec lui les directeurs de l'entreprise, d'établir à Lyon le centre de la contre-révolution du royaume.

Il est constant, par de nombreux témoignages, qu'ils ont concerté directement et rndirectement avec les princes, et ont concouru sans relâche depuis plusieurs mois à un plan de contre-révolution générale dans

tout le royaume, que la première explosion devoit se manifester incessamment à Lyon, par le secours certain d'une multitude de brigands étrangers répandus dans les hôtels, chambres garnies et gargottes, appelés, armés et soudoyés pour ce coup de main, favorisés par un grand nombre de citoyens négocians et autres, tous dévoués à cette faction, parla plupart des officiers du Régiment de la Mark et par une partie de ceux de Sonnemberg. Il est constant qu'ils ont séduit par distribution d'argent et par des promesses attrayantes, des agens subalternes pour distribuer gratuitement et à profusion dans la ville et les campagnes, les infâmes libelles qu'ils fabriquoient ; qu'ils les ont chargés de faire diminuer le prix du vin dans quelques cabarets, en défrayant les cabaretiers. et d'y travailler à exciter le peuple à une violente insurrection, dans laquelle ils demanderoient à grands cris la réduction à 6 livres par ânée des droits d'octroi sur le vin, l'arrivée et le séjour des princes dans la ville ; qu'aussitôt qu'il auroit obligé la municipalité et le département à y consentir, ayant à sa tète les sieurs hi Chapelle cl 1 Tessonet, pour appuyer sa demande, 3,000 hommes déterminés iroient au-devant des princes, dont ils espéraient l'arrivée à Chambéry pour le jeudi 9 décembre, pendant que le reste des troupes affidées et des autres conspirateurs demeurerait dans la ville pour contenir les mécontens et assurer l'entrée des princes de gré ou de force ; que dès leur arrivée, afin d'amorcer le peuple, les droits d'entrée du vin seroient

réduits à 6 liv., le prix du pain à 1 sol, six deniers ou 2 sols en défrayant les boulangers ; qu'ils feroient fabriquer beaucoup d'étoffes pour occuper les ouvriers, et feroient construire leurs palais aux Brotteaux pour faire travailler d'autres classes ; qu'ils apportoient 6 à 8 millions qui seroient destinés à ces emplois ; que la contre-révolution éclatèroit partout à la fois, que leur parti étoit très fort et tout prêt partout, excepté à Bordeaux dont on n'a pu séduire les habitans ; que pour ne pas trop effrayer le peuple de Lyon, il falloit l'assurer que la contre-révolution s'y feroit sans répandre beaucoup de sang, mais que, quand les princes seroient une fois entrés à Lyon, on seroit bientôt maître du reste du royaume, et qu'on espéroit que la reine, qui a un grand ascendant sur le roi, le déciderait à s'évader de Paris, à faire de Lyon sa capitale et punir ainsi les Parisiens de leur félonie. Il est constant qu'ils se sont plaints d'être mal servis de leurs affidés dans la municipalité, quoique payant bien ; qu'ils ont engagé leurs agents subalternes à répandre les listes qu'ils ont faites pour l'élection des officiers municipaux, à faire nommer le sieur de Pougelon pour maire et ses affidés pour commandant général et pour composer l'état-major de la garde

nationale, etc

« Enfin il est constant qu'espérant toujours l'arrivée des princes à Chambéry pour le jeudi 9 décembre, ils ont sollicité leurs agens de tout disposer pour faire éclater l'insurrection populaire à Lyon pour le lende-

main vendredi 10, que le cher ami La Chapelle et le sieur Terrasse-Tessonet, se chargeroient du reste, etc.... ;>

6 Décembre

Une ordonnance municipale porte qu'il sera procédé à la nomination aux places de maire et de procureur de la commune, attendu les démissions données par M. Palerue-Savy, maire, et par M. Dupuis, procureur de la commune.

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