ETATS USE
lItalie, la Suisse et les Etats-Unis. On ne saurait non plus passer sous silence un autre débouché important : nos possessions de l'Afrique du nord : Tunisie, Algérie, Maroc.
Soies ouvrées : Chiffres d'ensemble
1909 1913 1915 1919 1921 1.042.500 1.195.600 235.000 512.300 436.700 Principaux clients
1909 1913 1915 1919 1921 Ttatie pe ren ae 77.500 129.300 39.900 36.200 Suisse... .... ... 902.800 993.800 177.200 191.100 284.700 Allemagne........ 49.900 6.270 150.800 Grande Bretagne. 2.500 2 500 35.600 Espagne. ........ 200 5.700 86.100
Le fait essentiel à noter c’est que maintenant les exportations de soies ouvrées deviennent plus importantes que celles de grèges, ce qui tendrait à prouver que le moulinage français à fait de grands progrès. D’autre part, la Suisse reste notre principal client. L'Allemagne elle-même est obligée de s’approvisionner chez nous.
Les quantités totales expédiées hors de France sont donc les suivantes (grèges et ouvrées) :
1909 1913 1915 L'OROENSS 1921
La conclusion qui s'impose évidemment, c’est que le rôle de Lyon comme centre de répartition à l’égard des fabriques étrangères diminue avec une inquiétante régularité.
Y aurait-il à l’étranger une politique douanière plus rigoureuse, qui arrêterait les soies du marché de Lyon ? Après comme avant la guerre, les tarifs restent modérés à l’égard des matières premières soyeuses, comme le prouvent quelques exemples. Les cocons venus de Marseille ou de Lyon ‘entrent en franchise en Italie et aux Etats-Unis. Ils paient en Espagne seulement peseta : 0,10 par kilo brut, paiement
Ce ARTE de 1922. — Total : 638.600 kg.
talie : 138.700 ; Suisse : 339,700 : AI ne : .500 ; Espagne : 41.780. ee Et
en or (tarif de février 1922, minimum) et en Suisse, fr. 1 (franc suisse) par quintal (tarif du 1° juillet 1921).
Les soies grèges entrent également en franchise en Itaie et aux Etats-Unis, à condition toutefois qu’elles n’aient subi d'autre façon que celle de la filature et ne soient ni blanchies ni teintes. Elles acquittent un droit de peseta : 0,25 en Espagne et de fr. : 2 en Suisse.
Seules les soies moulinées sont traitées avec quelque sévé-
rité, en raison des préparations industrielles qu’elles subissent. Encore exemptes en Italie, quand elles ne sont pas teintes, et dans le cas contraire astreintes comme les grèges à un droit de lires : 50 par quintal, conformément au tarif de 1910, qui reste provisoirement en usage avec la France ; elles paient en Suisse 2 francs en organsins et 50 francs en trame ; en Espagne, 5 ou 6 pesetas, d’après l’accord commercial du 8 juillet 1922. Aux Etats-Unis, d’après le récent tarif Fordney de 1922, toutes les soies ouvrées sont frappées d’un droit minimum de 25 % ad valorem, sans compter de nombreuses surtaxes, quand elles ont reçu d’autres façons accessoires. En Angleterre, la franchise est, comme on le sait, complète, et presque complète en Belgique.
{ En somme, les franchises restent encore aujourd’hui nombreuses et les augmentations de droits sur la période d’avant guerre, relativement faibles au milieu du déchainement actuel de protectionnisme, ne sont pas, même avec les changes et les paiements en or, de nature à bouleverser le commerce de la soie, à nuire au marché de Lyon, plus spécialement qu’à d’autres. :
Pendant la guerre, les entraves furent beaucoup plus sérieuses. I1 y eut non seulement arrêt du commerce avec les pays ennemis, mais prohibition théorique aux exportations comme aux importations et contingentement de certains neutres, qui, en raison de leur voisinage, pouvaient servir de couloirs à nos ennemis. C’est ainsi que des précautions ont été prises à l’égard de la Suisse. Une conférence interalliée, réunie à Paris, lui demanda des garanties, qui furent accordées. En novembre 1915, était organisée la Société suisse de surveillance économique (S. S. S.), chargée d’arrêter les fuites du côté de l’Allemagne, tout en permettant à ses nationaux, dont la charité était inépuisable envers nos blessés et nos prisonniers, de s’approvisionner en denrées et mar-
chandises indispensables à leur consommation et provenant de France ou transitant par notre pays. L'Union des marchands et la Chambre de Commerce de Lyon donnèrent leur avis sur les chiffres de contingentement. En 1917, les quantités annuelles d’exportations françaises, tolérées à destination de la Suisse, étaient fixées à 400.000 kilos de soies ouvrées et 250.000 kilos de grèges.
Or, malgré ces difficultés, le marché de Lyon faisait encore au dehors un trafic important. Il a surtout faibli alors que ces restrictions tombaient: Mais cet affaiblissement est tout de même une conséquence de la guerre. Les fabriques européennes, qui s’approvisionnaient à Lyon, ont été profondément troublées et ne sont pas près de retrouver leur équilibre. Zurich et Bâle n’ont plus la même activité, car leur trafic est contrarié par le change trop élevé du franc suisse! Les autres centres de l’Europe centrale ou orientale, Vienne, Crefeld, la Pologne, la Russie ne sont plus des acheteurs appréciables. L'Italie s’alimente maintenant dans sa propre production, plutôt que d’acheter des grèges asiatiques, dont le change lui est trop défavorable. Avec l'Espagne, des conflits douaniers ont gêné les relations commerciales. L’Angleterre enfin souffre du chômage. Un indice, toutefois, est encourageant. En 1922, les exportations de soies grèges et ouvrées étaient remontées aux environs d’un million de kilos.
Pour apprécier la deuxième fonction du marché lyonnais, il suffit de retrancher les chiffres d’exportation du commerce total. On obtient alors les quantités approximatives qui suivent : .