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Lyon

Fronton DE LA CaseRNE DE SErin. — Ancien Grenier de l'Abondance, Bertaud de La Vaure, architecte

L'Architecture & la Décoration à Lyon

au xvir & au xviri‘ siècles

J de cités furent aussi favori

es que Lyon au point de vue de leur situation

raphique. Arrosée par ses deux fleuves serpentant au pied de collines

dans le décor que lui font les dernières ramifications des Cévennes et le majestueux panorama des Alpes, l'ancienne capitale des Gaules a le droit de se glorifier de sa situation incomparable et du charme de ses environs

Ville romaine, elle avait vu, sous les empereurs, ses coteaux se

couvrir de riches villas qui furent, au témoignage de Sénèque, sous le

règne de Néron, anéanties par une pluie de feu (an 48) « de telle sorte que

au marché,

s gens des campagnes, qui vinrent au matin vendre leurs denré

n'en retrouvèrent pas trace ». Cité franque,

monuments sont renversés par

les Sarrazins (725). Le Moyen Age la couvre de délicates habitations groupées

autour de ses églises et de ses cloîtres, véritables écoles d'art, qui disparaissent

au cours des siècles. Combien de ces monuments restent encore debout aujourd hui ? Il nous eût été loisible de reproduire les vestiges de ces temps-là : les spécimens de notre architecture romane offrent un rare intérêt L'église Saint-Martin-d'Ainay couverte d' « imbrications » bicolores et de

décorations à « billettes », la manécanterie du x1° siècle, l'abside de la cathédrale Saint-Jean, le porche de

Saint-Pierre et l'église Saint-Paul sont autant de remarquables monuments. Les habitations du X111° au XVI* siècle que nous possèdons dans les anciens quartiers de la rive gauche de la Saône auraient pu nous fournir matière à un travail fort intéressant. Nous n'avons voulu nous attacher ici qu'à l'étude

des xXVII® et XVII siècles, dont nous présentons les monuments publics et parfois de simples détails

emprunt ix maisons des particuliers.

1) Voici en quels termes Stendhal, dans ses Mémoires à ste, S'exprime au sujet de Lyon Je suis monté sur la tour de l'église de Fourvières. La idmirable. La Saône paresseuse cou enteur. sur des rochers au pied de la colline; au delà de la ville, du côté du Dauphiné, on aperçoit le Rhône impétueux qui vient se joindre à la Suône paresseuse à l'extrémité de la presqu'ile de Perrache (au pont de la Mu

et l'entraine avec lui... Au delà du Rhône. et d'une plaine de huit à dix lieues, on aperçoit tout près de terre les sommets les plus élevés des mont

du Dauphiné, et enfin, beaucoup sur la gauche, quand le temps est serein, et surtout après une pluie d'été, on a la vue du vénérable Mont Blanc

dont le trapèze s'élève bien au-dessus des nuages (1837

En 1600, malgré les irréparables ravages commis, au siècle précédent, par le baron des Adrets et ses

bandes, la physionomie de Lyon avait encore conservé un caractère fort pittoresque.

entrée de la ville, par la Saône, offrait un aspect des plus riants. Glissant, lente, au pied du vieux

château-fort de Pierre Scize, la rivière en reflétait les murailles crénelée rdien vigilant à travers les siècles,

l'antique manoir des archevèques de Lyon, juché sur son rocher à pie, dominait la cité. En arrière, les courtines,

s tours, se profilaient sur hauteurs. A gauche, l'ancien fort

interrompues de distance en distance par |

Saint-Jean et les remparts de la colline Saint-Sébastien défendaient la ville vers le Nord.

Deux haies de maisons inégales et diverses d'aspect bordaient la Saône; la plupart d'entre elles, suspendues

en encorbellement au-dessus de l'eau, semblaient s'être avancé

s pour y contempler leur image.

Point de quais : les nécessités de la défense, restreignant le front des remparts, contraignaient les

constructeurs à utiliser tout espace demeuré libre et à créer ces surplombs qui apportaient tant de charme et

d'originalité aux maisons d'autrefois, qui

Sans ordre et sans alignement, Alors poussaient au bord des rues Dans l'imprévu le plus charmant,

l'antôt creuses, tantôt ventrues.

De là ces grappes d'habitations acerochées au-dessus de l'eau ou flanquées aux arches des ponts comme

1ône.

on pouvait en voir sur notre ancien pont de

hédrale

Les églises échappées à la dévastation émergeaient au-dessus des habitations; la vénérable

profilait clochers ajourés sur un décor de verdoyants coteaux. Au bas, la Saône, après avoir caressé le mur

eaux aux flots impétueux du

d'enceinte de l'abbaye d'Ainay, abrité d'arbres plusieurs fois séculaires, mêlait

Rhône et se perdait avec lui dans un lointain de brumes légères

L'extension de la ville se porta naturellement, tout d'abord, sur l'ancien tènement de l'abbaye d'Ainay

qui s'étendait depuis le confluent jusqu'au pont du Rhône et aux couvents des Jacobins et des Célestins. Ce vaste

espace, à peu près dépourvu d'habitations, était égayé de bouquets d'arbres, de vergers et de jardins qui en

occupaient la plus grande partie. C'est là que vont se faire particulièrement sentir les transformations des règne

de Louis XIII et de Louis XIV : des quais sévères, des rues animées, de somptueuses demeures vont bientôt

remplacer les rives enchanteresses, les parterres fleuris où bourdonnaient les abeilles, les ombrages où les

citadins venaient se reposer le soir.

, des rues

Dès la première période de transformation du xv11° siècle, la place Bellecour est réservé

sont tracées, des hôtels particuliers jalonnent ces alignements primitifs. On voit tomber les vestiges de l'enceinte

fortifiée du x11° siècle qui protégeait autrefois l'abbaye; le bastion, élevé au xvI* siècle à la pointe de la

presqu'ile afin de préserver la ville d'une attaque possible des troupes de Charles-Quint, disparait; de nouveaux

remparts sélèvent, sous la direction d'habiles ingénieurs et architectes : la presqu'île en est entourée depuis la

ône ; puis |

porte de la Barre du pont du Rhône, jusqu'à la porte de Neufville qu'on édifie sur la

constructions apparaissent

En 1616, le Père Jésuite Etienne Martellar

ge” présente aux recteurs de l'Aumône Générale les plans de

l'Hospice de la Charité, qui devra être édifié dans la partie orientale et méridionale de Bellecour ; Pierre

Picquet * est chargé de mettre ce projet à exécution en saidant des conseils de son premier auteur. C

bâtiments couvraient un vaste quadrilatère avec des corps de logis limitant neuf cours dont une seule,

milieu, était entourée de constructions sur les quatre côtés, les huit autres présentant chacune un côté

ouvert pour favoriser l'aération. L'ensemble de l'édifice, si l'on excepte les galeries couvertes d'arcades, ne

comportait aucune recherche décorative ; seule, la chapelle, laquelle ne fut d'ailleurs achevée que plus tard,

avait un certain caractère. Sans harmonie avec la nef, le clocher semble indépendant; il fut édifié d'après les

MaxreuLanGe (Étienne), architecte (1568-1641), né à Lyon, fut admis à la Compagnie de Jésus le 24 février 1590. Il est l'auteur de

nombreux collèges et noviciats de Jésuites.

2) Picquer (Pierre), recteur de l'Aumône de Lyon (Hospice de la Charité), S’occupa activement, en 1616, de la construction de cet hospice

avec Etienne Murtellange

plans du célèbre cavalier Bernin (1598-1680), plans qui lui furent demandés lors de son passage à Lyon, à son retour en Italie; une tour octogonale à deux étages en forme la partie supérieure et repose sur une

garnis de quatre torchères d'amortissement ; un lanternon

assiette quadrangulaire, dont les écoinçons sont

surmonte le dôme dont elle est couverte

A l'ouest de la ville, l'entrepreneur général des ponts de France, Christophe Marie, jetant, en 1634

sur la Saône, un pont de bois en face de la place Bellecour et du palais archiépiscopal, reliait la ville nouvelle aux plus anciens quartiers et la « colline de la prière » voyait s'élever de nouveaux couvents: les Minimes en face de la croix de Colle (1625) et les Ursulines, montée Saint-Barthélemy. Dans la partie basse, divers immeubles étaient relevés, soit dans le quartier de la Juiverie, soit dans la partie comprise entre la montée de Tirecul et la rue Pissetruye jusqu'à la porte Saint-Georges.

Du côté opposé, vers l'est, le Rhône formait avec ses eaux glacées et torrentueuses une barrière qui

paraissait infranchissable et qui ne permettait guère de soupçonner l'extension que deux siècles plus tard la ville

prendrait sur les Brotteaux laissés à découvert

LA

& GE rate e e 3,5

e la rive gauche du Rhôn

Vers le nord, au delà des remparts du X1V siècle (qui prenaient naissance, sur les bords du Rhône, à la tour des Serpents, pour se développer jusqu'à la porte de la Roche, sur la Saône, en passant successivement par les tours du Griffon, Saint-Marcel et Saint-Vincent) jusqu'aux remparts bastionnés édifiés, par Louis XIT, sur la

ient seules

colline Saint-Sébastien (aujourd hui boulevard de la Croix-Rousse), quelques rares maisons s'é

parmi la verdure de gais jardins. Ce fut alors que l'architecte Jehan Maignan traça, sur l'emplacement

incomparable du domaine de Jean La Giroflée, les fondations de la Chartreuse de Lyon. La situation du

nouveau bâtiment était tout à fait séduisante : en face de la colline de Fourvières, surplombant la Saône

ayant à

ses pieds la ville tout entière, il regardait à droite et à gauche, à perte vue, les montagnes.

Ce fut làle point de départ d'importantes constructions sur le coteau: les Carmélites s'établissaient

Maicxax (Jehan), maître d'œuvre. Il figure comme maitre de métier pour les peintres dans les syndicats, de 1578 à 1600. it, en 1582, 6 écus d'or pour les « portraits » qu'il avait faits pour la grav lices, platines et u chanettes » que la ville avait fait faire pour être envoyés à N.-D. de Lorette à cause de la peste En 1590, Dom Jean Thurrin, prieur, lui donne le our la construction de l'église de la Chartreuse Il est dispensé cette ann e et du guet à ca ette entreprise En 1595, il est chargé avec Jean Perrissin, maitre xmpositions et peintures de décorations pour l'entrée à Lyon de Henri IV, et notamment d'un bateau que la ville avait fait construire po

En 1600, il est chargé d'un travail analo:

pour l'entrée à Lyon de Marie de Médicis

peu après (1626) au domaine de la Gella, sur le sommet de la côte Saint-Vincent ; les Feuillants édifiaient leur monastère sur le boulevard Saint-Clair et les Augustins leur église (aujourd'hui Saint-Denis) au delà des remparts (1628). Ces travaux provoquèrent une poussée de constructions particulières qui vinrent former le noyau du futur quartier de la Croix-Rousse

Si de nouveaux quartiers surgissent, si la presqu'ile voit naître une cité nouvelle, le centre de la ville,

c'est-à-dire l'ancien quadrilatère, aux siècles précédents, la «cité bourgeoise », va être doté de vastes

monuments.

Dès 1607, le Grand Collège de la Trinité, œuvre du Père Martellange, commence à sortir de terre;

adossé, d'une part, aux courtines du Rhône, ilest encadré par les rues Gentilet de Petestroit. La façade de la

Chapelle seule retient l'attention, elle indique une recherche d'art architectural, bien qu'un certain manque

d'harmonie dans les proportions trahisse l'inexpérience. L'architecte n'a cherché là — comme, d’ailleurs,

en son projet pour l'Hospice de la Charité — que la simplicité et la commodité.

À quelques centaines de mètres plus le long du Rhône, nous trouvons l'Hôtel-Dieu. En 1623, cet hôpital ne possédait, à la descente du Pont du Rhône, qu'un espace restreint et des bâtiments insuffisants pour

sante.

les soins à donner à une population toujours croiss

Frofp. dela Manson de Vase de Lron

Vu Les recteurs de l'Hospice — notables de la ville réélus, par moitié, chaque année et qui régissaient l'Hôtel-Dieu — résolurent son agrandissement. Un nommé Laure, bourgeois de Lyon, se chargea de présenter

les plans qui servirent à édifier cette merveilleuse partie de l'Hôpital que nous admirons encore aujourd'hui.

Ces bâtiments, disposés en plan cruciforme, sont les premiers qui se présentent à l'entrée de la cour de

la croix, sur la place de l'Hôpital. Le cloitre ne comporte que de simples arcades d'un aspect sévère, mais, au

fond, dominant l'ensemble, surgit le superbe dôme du xviit siècle, il est contrebouté par quatre tourelles

quadrangulaires coiffées de pignons, un double lanternon ajouré surmonte l'édifice et lui donne cette élégance que lui envient nos monuments modernes.

La chapelle qui y est adjointe, placée sous le vocable de Notre-Dame-de-Pitié, fut érigée, entre 1637 et 164$, grâce aux libéralités de nombreux citoyens, sans qu'il en coûtât rien à l'Administration de l'Hôpital. Elle comporte une imposante façade, d'une rare originalité, œuvre de l'architecte lyonnais Guillaume Ducellet; celui-ci sut, très heureusement, prendre ce parti magistral — qui place le monument en bon rang parmi les belles églises

du règne de Louis XIII — en faisant reposer rand arc de la façade sur des pilastres ioniques. Les deux clochers,

qui l'encadrent harmonieusement, sont décorés, de haut en bas, par de larges chutes de fleurs et de fruits; leur

couverture, en dôme allongé, est surmontée de campaniles ajourés qui se détachent légèrement sur le ciel

1) C’est ce monument d'une r rations disparues, orgueil de la seconde ville de France, que

leur architecturale, précieux 1

des vandales ont € le beau dôme de Laure devait le suivre dans cette ruine

6 Août 190, Articles de M, Axoré Harrays.

l'intention de jeter

Voy. Journal des Débats, N° des 17 Janvier 1908, 0 Juillet

lous les tra

aux que nous venons d'énumérer peuvent marquer la première période de transformation

de la ville de Lyon au xvii* sièc la seconde période va souvrir avec la construction du nouvel Hôtel de ville.

Pour bien se rendre compte de la hardiesse d'une entreprise aussi importante de la part du Consulat,

nous devons nous reporter au début du x1v siècle; 1

s premières délibérations

es du corps consulaire recevaient alors asile dans la petite chapelle Saint-Jacquème, sur la place du Pain, et la nef de l'église Saunt-Nizier servait aux grandes assemblées de la commune. Nous pourrions suivre le consulat dans les hôtels qu'il occupa

suc

ssivement jusqu'en 1646; à cette époque, il siégeait encore dans la modeste maison de la Couronne, qui

subsiste toujours, au numéro 13 de la rue de la Poulaillerie,

édifi

Lorsqu'en 1646 fut enfin décidée

ion de la nouvelle Maison de Ville — projetée depuis longtemps

déji

e Consulat était composé de Pierre de

ve, baron de Fléchères, conseiller du Roi, président et

lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon et prévôt des marchands depuis 1644; de

Jean Vidaud,

leur dela Tour; de

un de Monlceau, docteur en droit, secrétaire de la commune; de

Rémond Séverat, sergent-major de la vil

et de François Basset.

; sur les anciens fossés de la Lanterne,

Un emplacement avantageux se trouvait précisément à acquéri

près du jeu de 1

acquebutte, au levant de la place des Terreaux. La vente de la maison de la Couronne fournit

RÉ RSPSSS : To LT ete 4 l É, d'£ | MES AE Le om sans à Fix RE 32 pi + € ir À ë a Æ + HR 2. AE a é | — de PER | ë 5 ( 1» a-H TZ FA Le + 4 ere . À sen Fe. 0-0 S Pr Pan pes Banimexts pe La Maison pe Vizue ve Lyon, édifiée par M. Simon Maupin, voyer de la dicte ville

Extrait de la Topographie de la Gaule, de Zeiller Mérian, 165

les premières ressources et le Consulat se préoccupa d'arrêter les plans. Les échevins se réunirent le 8 mars

1646 et décidèrent, d'un commun accord, « qu'il serait raisonnable auparavant que commencer de travailler, avoir un desseing et qu'ils feraient dresser plusieurs plans, tant par maistre Simon Maupin, voyer de cette

dicte ville, que par autres personnes d'icelle à ce entendues, lesquelles ils

feront encore consulter par les plus experts architectes de la ville de Paris ».

Aussitôt après cette délibération, le Consulat écrit au marquis de Villeroy, gouverneur et lieutenant

pour le Roi en cette ville, pays de Lyonnais, Forez et Beaujolais, ainsi qu'à monseigneur l'abbé d'Ainay

lieutenant général au même gouvernement, en leur demandant leur concours pour l'obtention des lettres

patentes nécessaires à la construction du nouvel édifice et leur annonçant qu'ils faisaient travailler aux plans et dessins

Les projets furent, peu après, présentés, l'un par l'architecte et ingénieur Jacques Lemercier, l'autre

par Gérard Désargues 150-1662), architecte et mathématicien, le troisième enfin par Simon Maupin !.

Ce dernier projet fut seul retenu, mais on croit généralement que l'auteur s'inspira en quelques parties des

1) Maurix (Simon), architecte et voyer de la ville de Lyon, né à Lor est mort à Neuville-sur-Saône le 9 octobre 1668: il fut inhumé, le 10, dans l'église des Jacobins de Lyon. — Il fut nommé le 1 er de la ville de Lyon en concurrence et survivance de Néry de Quibly et remplit ces fonctions jusqu’au 10 décembre 16671, époqu lonna sa démission

En 30, il assista comme voyer de la commune et énieur ordinaire du roi Wilhengen, gentilhomme hollandais, pour un devis

dressé aux fins de maintenir le Rhône et

le ramener dans son lit.

En 1643, édifie l'édicule du pont de Saône pour abriter une statue de la Vierge de Hendricy. En 1644, s'occupe de l'agrandissement et de l'embellissement de la chapelle Saint-Roch En 1646 are les plans de l'Hôtel de Ville

= Ve

projets de ses confrères, notamment dans la construction de l'escalier en ovale qui est artribué à Dé

rgues.

Les travaux furent commencés dès la réception des lettres patentes et la pose de la première pierre eut lieu le ÿ septembre 1646

La construction d'un monument de cette importance provoqua, dans la cité, un mouvement considé-

rable parmi les diverses corporations; chacun rivalisa de science et d'adresse, sous l'habile direction du maitre de

l'œuvre, et la ville fut dotée d'un des plus beaux monuments de France

La façade sur la place des Terreaux — qui, primitivement, ne comportait que deux étages était

d'une grande élégance {voir notre gravure) ; coif de toitures à pans coupés, elle était dominée majestueuse-

ment par la Tour de l'Horloge qui la dépassait du double de sa hauteur : des baies cintrées, ornées de mascarons, F 5

régnaient dans la partie inférieure ; au premier étage, de hautes fenêtres, auxquelles un fronton surmonté de deux lionceaux servait d'amortissement. Le maitre sculpteur ordinaire de la ville de Lyon, le Liégeois Martin Hendricy, avait sculpté les figures et ornements la décorant, et notamment le fronton aux armes de France, avec trophées, au centre; les sculptures du beffroi — détruit, avec la façade, par l'incendie de 1674 — étaient dues

à son ciseau.

Encadrée de deux colonnes ioniques, l'entrée du monument s'ouvrait sur le grand vestibule donnant

accès à la cour intérieure. La décoration des

façades de cette cour était large et d'une

onne tenue; dans le fond, un portique circulaire, du plus heureux effet, reliait les

deux pavillons extrêmes que l'on voyait

émerger au-dessus des autres corps du

bâtiment; dans les niches ménagé

se trouvaient des statues dues à Jacques Mimerel,

sculpteur de la ville (1654). Trois arcades,

percées dans le portique, conduisaient à

une cour inférieure, parée de jardins à la

française s'étendant jusqu'au Khône et se

guliers dont

terminant par des bosquets ré

Con t

ait le centre.

une gracieuse fontaine or

La fa

ide donnant sur ces jardins ne

Porraz pe La Maison DE Vizze DE Lyon,

ré par Monsieur Simon Maupin, a dicte ville fut pas terminée ainsi quelle avait été

projetée ; sur les plans présentés figurait la

construction d'un magasin d'armes et de munitions qui régnait à la hauteur du premier é ce magasin

devait être supporté par des arcades ménageant, au rez-de-chaussée, une galerie couverte. Il est probable que l'on s'aperçut à temps du préjudice que n'aurait pas manqué de porter à l'édifice cette lourde adjonc-

uon qui eût aveuglé tout développement des perspectives: la faute ne fut pas commise

A l'intérieur, la décoration des salles ne le cédait en rien à la munificence extérieure; peintres,

sculpteurs, artistes les plus renommés collaborèrent à cette œuvre magistrale. Thomas Blanchet (1614-1689), peintre et architecte, est l'un de ceux qui y apportèrent la plus large contribution, avec Germain Pauthot

1600-167$) qu'il remplaça comme peintre de la ville. Blanchet fut nommé en 1676 membre de l'Académie

royale de peinture et de sculpture «en considération du soin qu'il voulait prendre de l'établissement d'une école académique en la ville de Lyon ».

Retenons encore, parmi les sculpteurs, le nom de Nicolas Lefebvre, auquel on doit les superbes

boiseries de la salle du consulat, dite salle des Échevins, ainsi que les deux belles figures en bois sculpté, de la

Philosophie et de la Vérité, dont la grande cheminée est surmontée; le plafond et ses motifs décoratifs, également

en bois sculpté, sont l'œuvre du même sculpteur. Les lambris du vestibule de la salle de la Conservation avaient été exécutés par Laurent Lor, dit Champagne, maître menuisier, et par Jacques Liattier.

désastreux

Les Lyonnais étaient, à juste titre, fiers de cet ornement de leur cité, quand survint

s toiture

incendie de 1674 qui anéantit, en même temps que la somptueuse façade et une grande partie des

décorations intérieures. Ainsi mutilé, monument fut abrité, pendant plus d'un quart de siècle, par une

couverture provisoire.

architecte de l'Hôtel de Ville avait doté la cité de plusieurs autres constructions intéressantes; on

peut citer, parmi celles qui sont parvenues jusqu'à nous, le petit édicule qui, placé au bas de la montée du

Chemin Neuf, sert aujourd'hui de fontaine. Cet édicule, élevé au xvr1* siècle, sur le pont du Change, comportait une grande niche formant arcade d'ordonnance corinthienne avec fronton circulaire : une Vierge, œuvre

du sculpteur Jacques Mimerel, s'y trouvait alors abritée. Lors de la destruction du pont de pierre (1843), le

petit monument fut transporté sur l'emplacement qu'il occupe encore aujourd'hui. La chapell

Saint-Roch-

Choulans (aujourd’hui disparue) avait été agrandie et embellie par ce même architecte (1644).

L'édification de l'Hôtel de Ville avait, ainsi que nous l'avons dit, provoqué à Lyon une recrudescence de constructions, le quartier des Terreaux en subit tout particulièrement l'influence.

Dans la partie méridionale de cette même place, s'élevait le monastère des Dames Nobles de Saint-

Pierre; des logements qu'elles occupaient alors, plusieurs étaient d'époque assez ancienne quand elles confièrent

IS DES ARTS. Ancienne abbaye des Dames de Saint-Pierre. Fr. de La Valfenière, architecte (1659

1667) à l'architecte François de La Valfenière le soin d'ériger le grandiose et large édifice qu'est aujourd'hui

e Palais des

Arts. Bien qu'un peu uniforme, la façade sur la place ne manque cependant pas de grandeur; à

sses

‘intérieur, l'impression est meilleure encore : des galeries couvertes, supportant des terr. ispendues,

agrémentent de leurs arcades régulières le pourtour du jardin central On peut encore signaler, à l'achèvement de cette période, l'érection de l'église Saint-Just (166$), dont

a tradition attribue à tort la correcte et élégante façade à Ferdinand Delamonce

première période de transformation de la ville, au Xviri* siècle, s'ouvrit avec la restauration de ‘Hôtel de Ville.

En 1700, Jules Hardoin Mansart, surintendant des bâtiments de la Couronne, fut ch

tgé de

présenter projet de cette restauration qui fut approuvé. « Cet architecte, qui aurait dû se borner à

restaurer, dit un historien lyonnais. voulut opérer des changements et des additions, enfin mettre là son cachet

particulier. Au lieu de la toiture ardoisée à pans coupés, nous avons eu des mansardes et des dômes, sur les

frontons angulaires des deux pavillons de la façade; nous avons eu des sculptures sans goût et cette lourde

balustrade en pierre chargée de deux colossales statues d'Hercule et de Pallas. »

Il n'est pas douteux que la façade de Simon Maupin était, en même temps que plus légère et plus

élégante, mieux proportionnée que la façade modifiée par Mansart; le profil des toitures à pans coupés tranchait

avec le dôme hémisphérique du befroi et la partie centrale, étant moins élevée, donnait plus d'élancement

la tour; la présentation de l'ensemble était évidemment plus heureuse. Il serait, toutefois, injuste de méconnaitre

les qualités des adjonctions et des substitutions de Mansart. Etant donnée la surélévation d'un étage dans le

corps médial de l'édifice, la balustrade de couronnement apparaît, au contr , puisqu'elle dissimule la toiture plate substituée à la première et dentèle agréablement le front de l'étage ; peut-être eût-il été cependant désirable de la voir régner au niveau de la corniche des frontons, en abandonnant alors le parti décoratif des petites fenêtres supérieures, l'importance des statues de Chabry diminuerait et les silhouettes du motif

central et des dômes se seraient accusées, de ce fait.

Cette restauration n'était pas le premier travail de Mansart, à Lyon; déjà, en 1688, la ville lui avait

demandé des plans et dessins pour piédestal destiné recevoir la statue équestre de Louis XIV par

Martin Desjardins. L'architecte Robert de Cotte (1656-1735), beau-frère et élève de Mansart, qui venait d'être nommé membre de l'Académie royale d'Architecture et architecte du Roi, apporta à Lyon ces dessins pi Q

la suite, la place Louis-le-Grand. Fondue par les frères Keller, la statue, conduite par eau de Paris au Havre

et chercha un emplacement propre à l'érection; son choix se fixa sur la place Bellecour qui devint,

puis transportée par mer jusqu'à Toulon, remonta le Rhône jusqu'à Lyon où elle aborda au port du Temple, en 1701. Elle ne fut placée sur son piédestal qu'en 1713, sous la surveillance de Simon, architecte du

iration de l'Hôtel de Ville

Roi, qui avait collaboré, ainsi que De Cotte, à la r

Nicolas Coustou (1658-1733) et son frère Guillaume (1678-1746) avaient exécuté, pour l'ornemen-

tation du piédestal, les fameuses statues de la Saône et du Rhône qui, épargnées lors du renversement

de la statue de Louis XIV, en 1702, furent transportées dans le grand vestibule de l'Hôtel de Ville où on les voit encore aujourd'hui.

Dès 1717, Robert de Cotte avait fait approuver, à Marly, par Louis XIV, les plans et projets

décoration de la place Bellecour ; ces plans prévoyaient, outre l'érection des statues dont nous venons

de parler, l'établissement de larges fontaines jaillissantes. Une machine hydraulique, invention de l'ingénieur

Simon Petitot, placée sur la première arche du pont de la Guillotière, alimentait ces fontaines, avec une

ées du Royaume et membre de l'Académie d'architecture, donna (1724) les

pression assez forte pour produire des jets d'eau de trente pieds de hauteur. Jacques-Jules Gabriel (1667

ingénieur des ponts et chaus:

derniers avis pour l'entière décoration de cette place, qui devint l'une des plus belles de France. De Cotte

exécuta, à Lyon, divers travaux et présenta plusieurs intéressants projets, et parmi ceux ci le projet des

dont les dessi se

24), autrefois sur la place des Cordeliers; certains croient, avec quelque apparence

immeubles à façades monumentales de la place Louis-le-Grand ns ne furent pas acceptés

On attribuait à ce même architecte

immédiatement, mais qui furent cependant exécutés plus tu

l'hôtel des Concerts

de raison, que Servandoni en fut l'auteur. On doit encore retenir, de De Cotte, son projet de

décoration de la grande salle de l'Hôtel de Ville et ses projets et mémoires pour construction de la loge du Change. L'un de ces projets est formé d'un carré de portiques alternés de pilastres pleins

avec une sorte de clocher au centre, l’autre « en plan barlong, aux fenêtres en forme d'amandes ». Dans

ce dernier, il élargit le pont de pierre et dégage le quartier du Change et l'église Saint-Nizier ; deux

monuments se trouvant, par suite, v vis l'un de l'autre et dans l'axe du pont. Combien doit-on

regretter que ce projet n'ait pas été pris en considération! Le pont actuel a été, au contraire, fâcheusement

reporté en amont; quant aux deux édifices, ils demeurent dissimulés, l'un derrière des bâtiments anciens

qu'il eût été facile de faire disparaitre tout en conservant la curieuse maison du xX1V* siècle près de

laquelle ils se trouvent placés — l'autre (ce qui est impardonnable) derrière des maisons neuves.

astère des

Parmi les transformations notables de cette période, il faut citer la reconstruction du mor

Jacobins (1714) œuvre du Père Godin; ce couvent devint plus tard l'Hôtel de la Préfecture ; il était situé à

l'angle de l'ancienne rue nt-Dominique et de la place des Jacobins. Aubert relie (1715) le port des

Augustins au quartier Saint-Paul par le pont de bois Saint-Vincent. Le Grenier de l'Abondance, au pied du

fort Saint-Jean, est édifié (1722), par Étienne Fahy, sur les plans de l'architecte Bertrand la Vaure; ce

bâtiment, d'une architecture sobre, est couronné, dans sa partie centrale, par un fronton triangulaire, orné

d'un cartouche aux armes de France d'où séchappent des cornes d'abondance. Le quai des Célestins est

bee

entièrement transformé (1721) et prend un aspect austère, par suite de l'érection du couvent des Célestins

cette face 100 mètres, et semblait amorcer les transformations désirées

e monumentale s'étendait sur près d

par les architectes d'alors, qui, pénétrés d'idées classiques et aimant la symétrie et l'alignement jusqu'à l'excès avaient rêvé pour les maisons bordant les quais du Rhône et de la Saône une suite ininterrompue d'architecture

de grande allure, mais dont l'uniformité répugniut au caractère traditionaliste lyonnais

Le Petit Collège des Jésuites est édifié près du Garillan 1731) par un élève de l'Académie Royale de

Par allée

Joachim van Risamberg (16

SG): la mairie du V® arrondissement y est aujourd'hui ins

architecte Ferdinand Delamonce (1678-1753) est l’un des architectes du XVII siècle qui laissèrent à Lyon les plus délicats et les plus savants morceaux d'architecture. Déjà, en 1707, il avait établi cette gracieuse entrée

de l'Hôtel-Dieu, sur la

ice de l'Hôpital, quand les Chartreux lui confièrent le soin de continuer l'œuvre

commencée, plus de cent ans auparavant, par Jehan Maignan; il déploya dans cette construction (1733

toute son habileté et lanç amment. Il

au-dessus du plateau Saint-Sébastien, le dôme qui la couronne si é

édilia (1740) la somptueuse maison Fholozan sur la place du même nom; on lui doit encore la riche décoration de

l'ancien sanctuaire de Fourvière. Delamonce avait été nommé, en 1736, membre de l'Académie des Beaux-Arts

de Lyon. Son père, Jean Delamonce (163$-

708), était l'auteur de différents travaux décoratifs qui ne sont pas

parvenus jusqu'à nous.

Les vastes projets d'agrandissement de la ville reçurent un nouvel élan lors de l'arrivée

Lyon de

Jacques-Germain Soufflot (171 nommé contrôleur des travaux de Marly, l'éminent architecte l'é

titre honorifique, des monuments et embellissements de Lyon. En 1776, lors de la suppression des contrôleurs généraux, il fut nommé intendant général des bâtiments. On lui attribue le baldaquin et le maitre-autel de

glise Saint-Bruno des Chartreux qu'il fit exécuter alors que Delamonce venait d'achever son fameux dôme

L'architecte du Panthéon érigea, quelque temps après. les portails, d'aspect monumental, de la cour de | Arche-

vêché: il décora le grand salon et diverses pièces de cet édifice et y établit la terrasse sur la Saône.

Bien que d'une réelle valeur, ces travaux ne donnèrent p

Soufflot le moyen de faire valoir toute sa

maitrise : le vaste projet d'agrandissement de l'Hôtel-Dieu lui fournit l'occasion de montrer tout ce dontil était

capable

pi Ualer

En: ice se trouvait de nouveau à l'étroit et son accroissement devenait indispensable, car le

même spectacle qui soffrait dans les infirmeries, en 1682, se renouvelait; on voyait encore les malades accumulés dans des salles de dimensions insuffisantes. La construction de nouveaux bâtiments fut donc décidée et les plans en furent dressés par Soufflot

qui conçut le majestueux monument que nous possédons encore, c'est la partie la plus importante de l'Hôpital;

elle fut commencée en 1748. La façade qui domine le Rhône est très imposante : au centre, un dôme puissant

repose sur le corps de bâtiment central, formant avant-corps sur quai. Une porte d'entrée, encadrée de

guirlandes rigides, est accompagnée, à droite et à gauche, de deux baies cintrées, souvrant au re

-chaussée

dans un parti de refends, qui, de la base de l'édifice, Sélève jusqu'au balcon du premier ét

ge. Partant de cette

auteur, quatre grandes colonnes et deux pilastres ioniques supportent l’entablement encadrant les fenêtres du premier étage, les œils-de bœuf et le cartouche ornés de chutes de guirlandes que soutiennent de puissantes têtes de lions aux yeux d'agate. Le dernier étage, surmontant la corniche, fut, contrairement aux

ordres de Soufflot, modifié par son collaborateur Loyer; le dessin du maitre donnait, à la fa

aude, une impression plus élancée, l'étage supérieur étant prévu plus élevé ; le dôme, qui le surmonte actuellement, bien qu'ayant perdu à cette modification, n'en est pas moins d'une très majestueuse allure dans sa simplicité

de lignes: il est terminé par un groupe de trois énormes chérubins, supportant |

globe de la croix Les ailes latérales du monument, couronnées par une balustrade, dissimulant adroitement le couvert,

s'étendent, sur une égale longueur, à droite et à gauche du dôme elles sont terminées par d'autres avant-

corps, dont l'ordonnance rappelle le parti l'a

ant-corps central, mais les colonnes sont remplacées par des pilastres; la balustrade supérieure est ornée d'un cartouche, accosté des statues du Rhône et de la Saône, œuvre du sculpteur Carl Elschouet, qui les exécuta au XIX siècle, d'après les croquis de Soufflot: deux

lions, en pierre, couchés aux extrémités de la balustrade, servent d amortissement.

au maitre de l'œuvre dans la

On comprend aisément que des sous-ordres furent né

direction de semblables travaux, dont l’entreprise dura plusieurs anné Soufllot sadjoignit donc deux Joig

collaborateurs: l'architecte lyonnais Toussaint Loyer (1724-1807) et Melchior Munet.

D'une grande activité, l'architecte de l'Hôtel-Dieu, en même temps quil prenait part à Paris

à d'intéressants concours, exécutait, dans notre cité, des travaux importants. L'architecte Roche fut son

collaborateur dans la restauration et grandissement de la loge du Change (1748) dont il fournit les

dessins. Plusieurs hôtels particuliers furent construits par Soufllot, tel l'immeuble nn) Sur la

place de l'Herberie (aujourd'hui rue Saint-Côme) ; la salle des spectacles commencée en 1754 et achevée

en $6 était son œuvre ;

cette salle démolie en 1828 a été remplacée par le Grand Théâtre. Nous voyons

encore l’éminent architecte exécuter avec Munet et la collaboration d'un riche [yonnais, Millanois, l'ilot de

maisons, construit sur pilotis, compris entre le quai Saint-Clair et la place Croix-Paquet. Le quai Saint-

Clair s'achevait alors, sous sa direction et avec la collaboration d'Antoine Rater, qui, démolissant la

ait, en créant le quai d'Herbouville (17

porte d'Halincourt, rouv , l'ancienne route de Genève créée par l'empereur Claude et interceptée, depuis la fin du xv° siècle, par le bastion Saint-Clair. La belle ligne des quais du Rhône était ainsi terminée, après de longs travaux, dus au conseiller du roi et intendant des

fortifications Gaspard Bertrand (1737) et aux ingénieurs Nicolas de Ville (r662-

741) et François de Ville,

son fils (1712-1770).

Soufflot ne dota pas seulement Lyon de beaux édifices, mais il y fit école; ses collaborateurs et

élèves nous ont lai

des spécimens de gante architecture de leur temps. C'est à Toussaint Loyer

que l'on doit (r760 glise de l'Oratoire (Saint-Polycarpe) dont Chabry sculpta la façade ; l'élégant

hôtel de Varey (1758 e de la place Bellecour et de la rue Auguste-Comte, fut édifié par le AU F f I

même architecte. Ce bel hôtel est orné, à l'extérieur, de belles ferronneries et, à l'intérieur, les intéres-

santes sculptures sur bois qui le décorent permettent de le classer parmi les beaux spécimens de l'architecture de l'époque Louis XV

Élève de Soufllot également l'auteur de l'hôtel de Parcieu, élevé 1754) sur la même place, à

l'angle de la rue Boissac ; cet hôtel présente une belle façade aux fenêtres ornées de riches rampes

d'appui

On peut noter, à l'achèvement de cette période, la construction de la nouvelle manécanterie

1768) édifiée par les Chanoines, comtes de Lyon, sur l'emplacement de l'ancien petit cloître Saint-Jean. Ce bâtiment, dont les plans avaient été établis par l'architecte Cyr Decrénice, est d'une bonne compo-

sion, mais dissimule fâcheusement la façade méridionale de la cathédrale contre laquelle il est adossé

senal est construit en 1782, dans la rue d’Ainay, par l'architecte nantais Germain Boffrand

1754), les travaux en sont exécutés par Dupoux (1774-1814) sous la direction de l'officier d'artillerie

Louis de Barberin. Lors du siège de la ville, par les troupes de la Convention, une main criminelle

provoqua l'explosion qui démantela la construction. C'est à Jean Dupoux que l'on doit encore l'Hôtel des

Fermes sur le quai de la Charité (aujourd'hui hôpital militaire Desgenettes).

Vers la fin du xvinsiècle, l'ancienne ville devenant trop étroite, les architectes furent amenés,

pour faire f: la cité, à établir de

aux besoins nouveaux que provoquait l'extension ininterrompue d

nouveaux plans.

Deux projets retenaient l'attention; le premier agrandissait la ville, vers le sud, au delà d'Ainay, unt dépôt de ses graviers.

en adjoignant la presqu'ile les grèves qu'avait formées le Rhône par l'inc

Ce projet était préconisé par Antoine-Michel Perrache (1716-1770), statuaire et ingénieur, qui, après

en avoir obtenu l'autorisation, renversait les remparts d'Ainay et refoulait plus loin le confluent.

Le second projet d'extension — qui de prime abord paraissait irréalisable — était présenté par

ccroissement de la ville, vers l'Est, grâce à la construction

Jean Morand. Cet architecte prévoyait

d'un pont en bois gigantesque, sur Rhône, et l'établissement d'un quai sur la rive gauche du fleuve ;

Ne

donné raison au ice architecte; une cité immense, qui va

grandissant chaque jour

es anciennes plaines du Dauphiné

a ville contre les troupes de la Convention, aux beaux édifices cticuliers qu'avait d

tier Bellecour, résidence de l'aristocratie,

3oucher et d'autres peintres célèbres. Le qua visé. « Toutes les habitations des nobles et des riches seront rasées et ce qui restera

e nom de Ville Affranchie », disait le décret rendu sur la proposition de Barrère ra

e châtiment autrefois infligé. à leur ville, par Septime Sévère. On vit alors le vi

de ce décret, se fa

re transporter dans son fauteuil sur la place Bellecour et

marteau d'argent chacune des façades, donner le signal de leur démolition ; quatorze

employés à

à cette œuvre de dévastation pour laquelle une dépense de neuf millions de

Succédant bientôt à Couthon, Fouché et Collot d'Herbois ancien pensionnaire d

es Lyonnais ont admiré, jusqu'en 1800, cette merveille d'ingéniosité qu'était le pont Morand; |

La Révolution de 1707 s'attaqua malheureusement, avec acharnement, après la célèbre d

avenir à

r, couvre maintenant

fense de

écorés le pinceau de fut particulièrement de la ville prendra ppelant aux Lyonnais muni

eux Couthon,

à, frappant de son

mille ouvriers furent francs fut nécessaire.

u théâtre de Lyon,

ruinèrent seize cents maisons, basse vengeance du comédien qui, quelques années

siffler sur la scène. Ainsi disparurent les plus somptueux hôte

es

période des XVII et XVINI® siècles, dont nous avons réuni ici les trop rares épaves.

Nous tenons à exprimer ici toute notre gratitude aux propriétaires qui ont bien voulu n les parties intéressantes de leurs immeubles. Il est de notre devoir d'adresser nos remerciements à Desvernay, Dissard et A. Poidebard qui nous ont aidé de leurs conseils avec autant de bienvei ainsi qu'à MM. Lucien Bégule, peintre-verrier, C.

trouvé, pour la composition de cet ouvrage, les plus précieux renseignements.

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