CHOIX D'UN TEXTE
Si une personne, même très émue, fait effort pour transmettre un ordre militaire, pour exposer la démonstration d’un théorème, l’organisation sonore que cette émotion eût communiquée à des paroles spontanées, ne se retrouve pas dans ce milieu résistant.
Plus on a voulu de choses, plus on a raisonné, plus on s’est imposé de règles, et plus on s'éloigne du domaine où les sons s'organisent selon leurs propres lois. .
On peut atteindre à la plus haute beauté en raisonnant, en voulant; sinon en s'imposant des règles à priori. Ce n’est que pour l'étude sonore des textes qu’il vaut mieux préférer, au commencement, ceux qui échappent à ces contraintes. Ils sont plus simples; l’analogie avec la musique les éclaire, et ils sont la clef des autres.
3. Cxoix D'un TExTE. — Nous éviterons les textes en vers, le mot vers étant pris ici au sens usuel. Les structures spontanées y transigent avec des structures reconnues et acceptées à priori. Les phénomènes s’en trouvent très compliqués.
Il est clair aussi qu'il ne faut pas choisir un texte mathématique ou philosophique, et en général un texte qui se propose surtout d'apporter des connaissances, ou même de raconter une histoire réelle ou imaginée.
Si l’on veut s’en tenir à des pages présentant un intérêt quelconque, il reste donc de rechercher des pages lyriques.
Il n’y a guère, en français, d'ouvrage en prose entièrement lyrique; en entendant par là pur et libre enthousiasme, poésie qui ne peut pas faire autrement que d’être