HIER ENCORE, MON BIEN-AIMÉ
à la strophe médiane, la 5° n'offre qu’une image renversée très affablie de la première. La double montée. Hier encore
mon bien aimé,
ton seul toucher me faisait tressaillir, et voilà que je ne sens plus ta main,
puis ensuite :
Je n’entends presque plus ta voix, les objets de la grotte disparaissent tour à tour
est inversé en la double descente qui constitue sa dernière strophe.
Le premier et le dernier vers ide l’ensemble sont identiques :
Hier encore, sur ma tombe.
Six vers sur onze sont tous semblables entre eux : des tripodes.
Comme régularités arithmétiques, on rencontre 4 décasyllabes :
ton seul toucher me faisait tressaillir, et voilà que je ne sens plus ta main.
le soleil doit se coucher à présent.
ses rayons seront bien beaux au désert,
deux octosyllabes :
je n’entends presque plus ta voix ; N'est-ce pas les oiseaux qui chantent?
On peut remarquer que tous les vers, sauf le premier et son identique le dernier, sont pairs.
Ses lèvres, comme un bouton de rose.
Ses lèvres,
comme un bouton de rose, cueilli depuis deux aurores?, sembloient languir et sourire.
Dans ses joues, d'une blancheur éclatante, on voyoit* quelques veines bleues‘;
ses beaux yeux étoient fermés,
ses pieds modestes étoient joints,
et ses mains d’albâtre pressoient sur son coeur un crucifix [d'ébène;
Correcrions dans D : Iomet, 2 matins 3 distinguait 4, Ses
Ce texte se dégage légèrement du souci de la narration qui est dans la phrase qui précède (« … celle-là même que j'avais déposée sur le lit de la vierge pour la rendre féconde ») et dans celle qui suit (« le scapu-
laire de ses vœux... »)
Ses rythmes sont légers aussi, à en juger par les corrections de D, qui les gâtent pour un motif aussi léger que ce réalisme qui veut « matin » au lieu d’ «aurore ». C'étaient pourtant des vers bien délicats, ceux de cette première phrase, tous féminins, avec un légers rythme de timbres :.. lèvres... aurore,... rose... sourire. Les trois suivants sont féminins aussi.
ANALYSE
Dans ce morceau, qui n’est pas complet, il ne peut y avoir d'autre lien que celui de la continuité. On peut remarquer :
1) les terminaisons toutes féminines, sauf deux vers dans la dernière strophe.
Notamment, les terminaisons de la première strophe se répondent dans une rare harmonie de timbres : lèvres, rose, aurores, sourire. Des 7 partout; mais surtout l’évolution de timbres qu’il y a dans les trois dernières terminaisons : rose, aurore; aurore, sourire.
Dans la deuxième strophe, le premier et le dernier vers ont aussi des timbres analogues : joues, bleues.
2) les débuts des deux premières strophes sont semblables :
Ses lèvres, comme un bouton de rose,