‹ Lyrisme et Structures Sonores: Nouvelles méthodes d'analyse des rythmes appliquées à Atala de ChateaubriandChapitre 48 sur 77 · MES NUITS ÉTOIENT ARIDES · texte numérisé non relu

MES NUITS ÉTOIENT ARIDES

ment 667 aboutit aux trois octosyllabes égaux de la strophe IT correspondante. 11 y a eu constamment vie et augmentation, et pourtant nous avons été constamment séduits par des offres d’égalités.

Ces trois octosyllabes sont-ils enfin de la prose Joubert? Pas du tout. Un pied de passage les sépare et les varie, amené par la structure tonique :

(la rosée du soir.) j'entr'ouvrais mes lèvres aux brises, et ces brises,

même début uu- des trois vers consécutifs.

Enfin ces trois octosyllabes sont semblables; celui qui ouvre et celui qui ferme la strophe sont même deux vers féminins identiques :

j'entrouvrais mes lèvres aux brises, s'embrasaient du feu de mon souffle.

C’est de ces mouvements internes de structure que: naissent, s’égalisent ou se diversifient ces vers qui auraient mauvaise grâce à être égaux autrement; et à battre, dans une prose, la mesure de leur fausse versification.

VARIATIONS ET INVARIANT : Les vers sont liés encore par ceci, que la transformation qui mène d'un vers au suivant conserve toujours quelque chose d'inchangé :

Mes nuits étaient arides et pleines de fantômes, LYRISME ET STRUCTURES RÉGULIÈRES, 9

1430 ATALA : ZONES LYRIQUES, STRUCTURES RÉGULIÈRES féminins identiques u-vuvu-, que suit leur semblable U=UUUU- :

mes jours étaient désolés.

le dernier pied de ces vers semble repris trois fois dans le suivant, comme vuvuu- dans uu-u- u-uu- uu-u-

la rosée du soir séchaïit en tombant sur ma peau brü- [lante;

qui ressemble, par son début comme par les pieds dont il est composé, au suivant :

j'entr'ouvrais mes lèvres aux brises,

L'IAUES Us NUE VU — AU (HIS UU— D CRU Le I

le troisième vers ajouté, féminin comme les précédents, est celui qui les suit dans le texte :

et les brises,

Le vers médian est bien un vers de transition par les points précédents, et aussi parce qu’il se scinde aussi bien en dipodes, comme la strophe 1; qu’en tripodes, comme la strophe III.

L’invariant de cette dernière est la terminaison dactylique de tous ses vers :

… lèvres aux brises.

et les brises,

… m'apporter la fraîcheur, … du feu de mon souffle.

Hier encore mon bien-aimé OT47. EDS IN)

Hier encore,

mon bien-aimé,

ton seul toucher me faisoit tressaillir,

et voilà que je ne sens plus ta main‘...

je n'entends presque plus ta voix?;

les objets de la grotte disparoiïissent tour à tour.

N'est-ce pas les oiseaux qui chantent?

le * soleil doit ÿ se coucher à présent ‘.… Chactas’!

ses rayons seront bien beaux au désert, sur ma tombe.

CorrecrTions dans D : 1, 2; 3 Ne sont-ce 4 Le 5 être près de se 6 maintenant 7, 1, 2, 4, 7 sont rythmiques, « maintenant » ne change rien 3, c’est l'abandon d’un tour incorrect, mais plus vrai ici. 5 semble une contrainte due à la narration : il ne faut pas que le lecteur se demande si l'obscurité ne devient

pas complète.

ANALYSE

Ce chant funèbre d’Atala, détaché par l'écrivain luimême des autres paroles qu’elle dit; plein d'émotion humaine, sans narration, sans style indien aucun; placé en fin d’alinéa-apparaît a priori plein d'intérêt pour nous.

La ponctuation, en D, a été améliorée de façon à préciser la division en strophes. On peut remarquer notamment « Le soleil » au lieu de « le soleil », pour bien séparer de la strophe 2 et réunir à 3.

Division EN STROPHES. Suivant la ponctuation en D et suivant le sens :

1° les sens s’affaiblissent.

2° ne sont-ce pas les oiseaux..?

3° le soleil.

On remarque la grande fréquence des pieds uu- et uuu-. Îls forment à eux seuls 21-26 de l’ensemble. No-

tamment il y a quinze dactyles contre onze pieds d'autre espèce.

DISTRISUTION DES VERS FÉMININS. /! n'y en a qu'aux points sensibles : le premier vers, le vers formant stro-

phe médiane, et le dernier vers, sont féminins. Tout le reste est masculin.

SYSTÈME TERNAIRE : long-bref-long. Mais, par rapport

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