MES NUITS ÉTOIENT ARIDES
ment 667 aboutit aux trois octosyllabes égaux de la strophe IT correspondante. 11 y a eu constamment vie et augmentation, et pourtant nous avons été constamment séduits par des offres d’égalités.
Ces trois octosyllabes sont-ils enfin de la prose Joubert? Pas du tout. Un pied de passage les sépare et les varie, amené par la structure tonique :
(la rosée du soir.) j'entr'ouvrais mes lèvres aux brises, et ces brises,
même début uu- des trois vers consécutifs.
Enfin ces trois octosyllabes sont semblables; celui qui ouvre et celui qui ferme la strophe sont même deux vers féminins identiques :
j'entrouvrais mes lèvres aux brises, s'embrasaient du feu de mon souffle.
C’est de ces mouvements internes de structure que: naissent, s’égalisent ou se diversifient ces vers qui auraient mauvaise grâce à être égaux autrement; et à battre, dans une prose, la mesure de leur fausse versification.
VARIATIONS ET INVARIANT : Les vers sont liés encore par ceci, que la transformation qui mène d'un vers au suivant conserve toujours quelque chose d'inchangé :
Mes nuits étaient arides et pleines de fantômes, LYRISME ET STRUCTURES RÉGULIÈRES, 9
1430 ATALA : ZONES LYRIQUES, STRUCTURES RÉGULIÈRES féminins identiques u-vuvu-, que suit leur semblable U=UUUU- :
mes jours étaient désolés.
le dernier pied de ces vers semble repris trois fois dans le suivant, comme vuvuu- dans uu-u- u-uu- uu-u-
la rosée du soir séchaïit en tombant sur ma peau brü- [lante;
qui ressemble, par son début comme par les pieds dont il est composé, au suivant :
j'entr'ouvrais mes lèvres aux brises,
L'IAUES Us NUE VU — AU (HIS UU— D CRU Le I
le troisième vers ajouté, féminin comme les précédents, est celui qui les suit dans le texte :
et les brises,
Le vers médian est bien un vers de transition par les points précédents, et aussi parce qu’il se scinde aussi bien en dipodes, comme la strophe 1; qu’en tripodes, comme la strophe III.
L’invariant de cette dernière est la terminaison dactylique de tous ses vers :
… lèvres aux brises.
et les brises,
… m'apporter la fraîcheur, … du feu de mon souffle.
Hier encore mon bien-aimé OT47. EDS IN)
Hier encore,
mon bien-aimé,
ton seul toucher me faisoit tressaillir,
et voilà que je ne sens plus ta main‘...
je n'entends presque plus ta voix?;
les objets de la grotte disparoiïissent tour à tour.
N'est-ce pas les oiseaux qui chantent?
le * soleil doit ÿ se coucher à présent ‘.… Chactas’!
ses rayons seront bien beaux au désert, sur ma tombe.
CorrecrTions dans D : 1, 2; 3 Ne sont-ce 4 Le 5 être près de se 6 maintenant 7, 1, 2, 4, 7 sont rythmiques, « maintenant » ne change rien 3, c’est l'abandon d’un tour incorrect, mais plus vrai ici. 5 semble une contrainte due à la narration : il ne faut pas que le lecteur se demande si l'obscurité ne devient
pas complète.
ANALYSE
Ce chant funèbre d’Atala, détaché par l'écrivain luimême des autres paroles qu’elle dit; plein d'émotion humaine, sans narration, sans style indien aucun; placé en fin d’alinéa-apparaît a priori plein d'intérêt pour nous.
La ponctuation, en D, a été améliorée de façon à préciser la division en strophes. On peut remarquer notamment « Le soleil » au lieu de « le soleil », pour bien séparer de la strophe 2 et réunir à 3.
Division EN STROPHES. Suivant la ponctuation en D et suivant le sens :
1° les sens s’affaiblissent.
2° ne sont-ce pas les oiseaux..?
3° le soleil.
On remarque la grande fréquence des pieds uu- et uuu-. Îls forment à eux seuls 21-26 de l’ensemble. No-
tamment il y a quinze dactyles contre onze pieds d'autre espèce.
DISTRISUTION DES VERS FÉMININS. /! n'y en a qu'aux points sensibles : le premier vers, le vers formant stro-
phe médiane, et le dernier vers, sont féminins. Tout le reste est masculin.
SYSTÈME TERNAIRE : long-bref-long. Mais, par rapport