SCENE III
LAMP1TO, MYREHIXE, CALONICE NICODICE, CALLYCE, RHOD1PPE
Elles forment un groupe principal.
lampito, d'une voix forte. — Femmes, il ne faut pas vous éloigner : n'oubliez pas que Lysistrata vous a convoquées toutes sur cette place pour la dixième heure après les
LAMPITO. — Tantôt je nage éperdument...
prières. Or, notre chère Lysistrata ne peut tarder à venir, car elle est exacte comme feu Clepsydre elle-même. Donc ne vous éloignez pas; promenez- vous aux alentours ou, si vous êtes fatiguées, asseyez-vous.
nicodice, se couchant. — Parfaitement, voilà qui est bien dit.
lampito. — Admirez Nicodice : on lui dit de s'asseoir, elle se couche.
nicodice. — Fais-en autant, ma belle Lampito.
lampito. — Se coucher toute seule, merci bien... -j'aime encore mieux rester debout.
myrrhine. — O Lampito, femme au tempérament excessif, je suis sûre que tu penses toujours à Taraxion, ton noble époux.
Elle rit.
lampito, l'imitant. — Hi ! Hi ! Hi! Et toi, à quoi penses-tu, Myrrhine?
myrrhine. — Moi, je ne pense à rien : par Cérès, cette petite prière m'a fait du bien.
lampito. — Oui, en voilà pour une heure ou deux, mais après?
myrrhine. — Après? tu surveilleras ton esclave, tu carderas ta laine, tu la fileras, tu pétriras tes gâteaux, tu laveras ton enfant, tu prépareras le souper, que sais-je? Ah ! par les deux déesses ! il y a tant de choses à faire pour une femme dans son ménage : occupe-toi donc de ta maison, tu ne penseras pas à ces choses-là.
lampito. — Est-ce que tu crois par hasard que mon esclave n'est pas commandée comme il sied, et mon enfant lavé comme il convient? Est-ce que je vais te chercher pour ces besognes? Seulement, c'est le soir... Ah! le soir, quand je me mets au lit... Est-ce la nuit, le silence, l'obscurité, ou simplement d'être étendue.
myrrhine. — Ça doit être plutôt ça.
lampito. — Toujours est-il que je me tourne et me retourne pendant de longues heures, avant de m'endormir et, plus d'une fois, il m'est arrive de passer une nuit blanche.
nicodice. — Moi aussi, j'ai passé plus d'une nuit blanche. D'abord j'ai peur toute seule, je meurs de peur. Et comme le temps semble long!
calonice. — N'est-ce pas ! On croit que ce maudit coq ne va jamais chanter.
nicodice. — Et le moindre bruit prend des proportions extraordinaires : un meuble qui craque, le chien qui aboie et me voilà couverte d'une froide sueur.
calonice. — Il y a devant ma porte un olivier sacré : la dernière nuit, le vent soufflait dans les branches... ça faisait pp<hu, pschu, pschu, absolument comme des pas... on aurait dit qu'on marchait dans le vestibule.
nicodice. — Dans ce cas-là, moi je me cache la tête sous les couvertures et je retiens ma respiration. Moi aussi, par Castor,
Lampito. — Au NOM DES