‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 2 sur 38 · A MON FRÈRE · texte numérisé non relu

A MON FRÈRE

AVOCAT A LA COUR DE CASSATION ET AU CONSEIL d'ÉTAT.

Mon ami , tu as recueilli cette portion du domaine paternel que Tronchet, le grand jurisconsulte, regrettait, en 1808, de voir sacrifler à l'Université et à M. de Pontanes. En inscrivant ton nom en tète de ces pages, je te les dédie comme un témoignage de notre union fraternelle, et d'une commune fidélité à des traditions qui sont notre honneur.

Eugène Rendu.

12 mars 1861.

ET

L'UNÏYERSITÉ DE FRANCE.

On n'a pas coutume d'attendre d'un fils qu'il écrive la vie de son père. La plume que tient une main filiale ne paraît plus maîtresse d'elle-même; et le jugement que dicte la tendresse risque de passer pour une forme adulatrice, alors encore qu'il n'est, dans sa réserve, que la sincère expression de la vérité.

Je vois ce péril, et pourtant je Pafifronte» Je n'ai point, en effet, à offrir à la mémoire de mon père de ces éloges que contesterait la passion. Dans sa longue et noble carrière , M. Ambroise Rendu n'a jamais été mêlé aux combats de la vie politique. Comme il en a fui l'éclat, il en a évité les rigueurs ; et les récriminations des partis ne viennent troubler, sur sa tombe, ni la sincérité des hommages ni Punanimité des regrets. En i^disant la vie de mon père, je rappellerai donc des œuvres que tous acceptent,

parce que Itous en bénissent les fruits. Et si la louange vient à se dégager de cet exposé même , elle apparaîtra non plus comme Tillusion de la piété filiale, mais comme un témoignage que l'esprit porte naturellement en présence de h bpauté morale. Mes appréciations resteront au-dessous des jugements que, du vivant de celui que je pleure, inspira le sentiment de la justice*; et plusieurs de ceux qui Font le mieux connu se diront, j'en suis sûr, en contemplant le tableau que va tracer ma main : « On eût pu y ajouter biep des traits ! »

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