Voir Marcelin Gayard, roman
ans pût ofTi'ir un tel air de sagesse et d'expérience.
Permetlez-moi quelques mots : la pbysionornie de la jeune Phonsine n'est pas si exceptionnelle. On trouve même assez coniinunémont, dans la classe pauvre, co type de sœur aînco servant de mère à ses frères et sœurs et aussi aux marmots voisins pendant l'absence quotidienne des parents.
En ce qui concerne particulièrement Phon sine, figurez-vous que la gravité lui est venue tout d'un coup. Il y a très peu de temps, elle faisait encore des gamineries, et subitement elle a tourné à la sagesse.
vSa maman a dû entrer à l'hôpital et laisser à la charge du père cinq enfants plus jeunes ({u«î Phonsine. La directrice de l'école est aloi-s intervenue i)our réconforter Phonsine et l'initier à ses nouveaux devoirs do ménagère. Entre autres choses elle lui a dit ceci : «Tu as neuf ans et demi, tu n'es plus une enfant. »
L'admirable, c'est qu'à l'instant, au commandement pour ainsi dire, Phonsine a cessé rétîllomont d'Otro une enfant, et elle est devenue
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cette grave personne que vctjs avez vue, m'anie Préciat.
Elle s'est instituée réducatricc non seulement de sa maisonnée, mais, ma foi, pendant qu'elle y était, do tous les bambins de la Boîte aux Gosses.
iSon j»remier soin a été de prêcher les bienfaits du débarbouillage. Bientôt les marmots furent pris d'un goût effroyable jiour le nettoyage ; leur hydrophilie fut terrible. A peine leurs parents partis, ils descendaient chercher de l'eau dans la cour avec tous les vases disponibles : bouteilles, seaux, boîtes au lait ; puis s'organisait un lessivage de margoulettes, de pattes, do mollets, à la suite duquel les mouchoirs et les savates voguaient tout seuls dans les chambres, cependant que des ruisseaux coulaient sous les portos et allaient combler les trous creusés sur les paliers pour le jeu dos billes. Un fanatique s'avisa do mettre sa petite sœur de trois mois tremper dans une soupière. Phonsine arriva juste à temps, pour la sauver d'un dessalement mortel.
Ensuite, elle a prêché la concorde et la bonne camaraderie. En conséquence, les combats entre fdles et garçons devinrent moins fréquents. Los