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CHAPITRE TROISIÈME

De l'Eglise.

Jusqu'à ces derniers temps, le royaume de France avait été considéré comme une chose assez belle et assez noble pour faire rejaillir un peu de gloire et d'honneur sur ceux qui l'avaient créé. Selon une parole devenue célèbre, on répétait que les évêques l'avaient formé comme les abeilles forment leur ruche. On voyait là un éloge de l'industrie des ouvriers et de l'excellence de leur bienfaisante opération. I\I. Thierry trouve, moyen, au nom de l'esprit de nationalité, de travestir en blâme cet éloge et de rendre odieux ce travail de l'épiscopat catholique, dont le résultat fut la constitution de la France. Il a formulé sa théorie sur ce point d'une manière expresse dans V Histoire de la conquête d'Angleterre (1).

Cet ouvrage est le principal titre de M. Thierry :

(I) T. I. Introduction, p. 58 et suiv. Tout le morceau a été profondément remanié dans l'édition corrigée.

il constitue un travail vraiment original et neuf ; mais il est plus que les autres écrits du même auteur empreint d'un détestable esprit d'hostilité contre l'Eglise. La violence n'en a pas été atténuée dans les dernières éditions (1) ; aucune considération ne peut contenir les épanchements d'une haine acharnée, servie, il est vrai, par un art infini et une incroyable habileté de tourner à mal les témoignages les plus naïfs et les plus glorieux ; le tout est relevé d'une audace surprenante à altérer les textes ou même à en inventer. Rien ne peut en effet arrêter M. Thierry lorsqu'il se trouve en présence de l'Eglise, Sa haine veut être froide et calculée ; elle cherche à se dissimuler, elle s'applique à prendre un masque d'impartialité: elle ne peut se l'imposer; et si on ne connaissait toute la science et toute l'habileté de l'historien, on pourrait souvent se demander s'il n'y a pas chez lui encore plus d'ignorance que de haine.

La religion de Jésus-Christ lui apparaît sous une forme particulière : il n'y a pas d'autorité légitime dans son sein ; l'Eglise catholique et l'autorité du pape ne sont que les fruits de l'usurpation et de l'ambition (2) ; il n'existe nulle part de droit contre les hérésies ; elles sont une partie de la liberté

(ij Jusqu'à la douzième, donnée en 1858, après la mort de l'auteur.

(2) Hist. de la conquête d'Anglel.^ Inirod , p. 21.

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