‹ M. Augustin ThierryChapitre 144 sur 206 · LIVRE · texte numérisé non relu

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mée ni de conquérants. Quoi de plus pacifique que d'envoyer une troupe de missionnaires? Si les Bretons pouvaient en paix croire à l'hérésie de Pelage, le Pape ne pouvait-il pas, dans une paix aussi proonde, charger saint Augustin et ses compagnons de prêcher la foi de l'Église romaine ? Faut-il croire que 'hostilité de M. Thierry est moins contre les conque* 'ants que contre l'Église? et son amour est-il plutôt 30ur les églises schismatiques que pour les races vaincues? le scrupule de l'historien tient-il à ce que la lïission de saint Grégoire s'adressait aux Angles plutôt ju'aux Bretons? dans sa haine pour les conquérants, peut-il interdire à l'Église de travailler à leur salut? Un historien protestant, le R. Fred. Oakeley, de 'Université d'Oxford, a rapporté toutes les péripéàes de l'entreprise de saint Augustin (l);;*'!! a raonré les ardeurs de saint Grégoire, bien longtemps ivant son pontificat, tournées toutes vers l'Angleterre,, 3t il a raconté la tentative que fit le saint pour y aller lui-même annoncer la parole de vérité et de vie. [l a signalé tout le détail des difficultés de la mission ;onfiée ensuite à saint Augustin. Le zèle des niisionnaires s'effrayait du lointain voyage et de l'œuïrre inconnue dont ils étaient chargés; ils hésitaient, Is s'arrêtaient dans les Gaules; ils erraient parmi es cours des divers rois Francs, implorant leur pro-

H) Hist. de S. Augustin.

lection, mais ne tirant leur véritable appui qtie du saint Pape Grégoire. Inébranlable dans ses résolulions, celui-ci, à travers tous les obstacles, ne voyait que son but ; il usait de son autorité pour obliger les missionnaires à braver les dangers et à parvenir à leur destination ; il les couvrait de son prestige auprès des rois Francs, soutenu dans toutes ses démarches par son amour pour Dieu, son zèle pour les âmes et la pensée de la mission, qu'il avait reçue d'en haut, de travailler à la dilatation de la sainte Eglise et à la prédication de la vérité. L'historien protestant n'a pas scrupule d'enregistrer les miracles que saint Augustin fit à l'appui de sa prédication : ces faits merveilleux attestés par les anciens documents lui paraissent dignes de remarque ; il trouve, avec le vénérable Bède, que la multitude des miracles opérés par les missionnaires servit à accréditer la vérité de leur doctrine. M. Thierry ne nie pas non plus, en toute occasion, ces faits miraculeux et leurs conséquences. Il les affirme même expressément, et il dit avec une légère ironie : « les « missionnaires frappèrent les imaginations par de « grandes austérités, ils firent même des mira- ■ H clés (1). » Mais l'historien est trop grave pour

(I) Rhl. de la conq. d'Angl. T. I, p. 84, Celte dernière phrase est modifiée dans la nouvelle leçon; « les missionnaires, dit l'historien, passèrent mêmepour avoir le don des miracles. » T. I,p. 67. '

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