LIVRE I. — CHAPITRE I
naissance de l'Eglise et s'étonnent des analhèmes qui frappent leurs élucubrations.
Nous ne cherchons pas à nier la grandeur et l'établissement de cet édifice historique ; mais si bien fondé qu'il apparaisse, nous n'hésitons pas à dire que c'est un édifice de mensonge ; les théories irréligieuses qui le composent, n'ont pas d'autre base ni d'autre principe que l'erreur. Elles ne sont pas seulement contraires à la raison divine, elles sont contraires à la tradition humaine. Elles tendent à substituer à la tradition véritable, authentique et historique une tradition altérée, imaginaire et romanesque. Tous ceux qui acceptent cette fausse tradition et qui veulent l'étayer sur des témoignages véridiques, sont forcés de violenter les textes ; et leurs systèmes ne s'établissent qu'à l'aide de nombreuses falsifications.
Les ténèbres sont si épaisses, l'illusion si complète, les préjugés si forts à l'endroit de TEglise, qu'il pourrait bien se faire encore qu'on apportât une certaine candeur à ce travail de libre et violente interprétation : aussi n'entendons-nous accuser les intentions de personne. En laissant de côté les hommes, nous voulons essayer de montrer dans des exemples frappants les véritables bases de ces systèmes et de prouver que les historiens qui les soutiennent, sont conduits nécessairement et fatalement, pour ainsi dire^ à interpréter les textes à leur fantaisie et
à contredire formellement les autorités qu'ils invoquent.
Le but de nos travaux sera de confirmer les hommes de sain entendement dans cette défiance que M. de Donald recommande à l'égard de ceux qui éteignent le flambeau divin. Il nous est absolument nécessaire sur toutes les routes, et, en dépit de notre orgueil, il peut Seul nous conduire à la vérité. Heureux si nos recherches et nos veilles pouvaient contribuer à faire naître certains scrupules dans quelques esprits ! Heureux et curieux par-dessus tout de confirmer quelques-uns des faibles, de les prémunir à l'avance, de leur apprendre à ne pas s'étonner du rôle singulier, bizarre et honteux quelquefois, que l'histoire et la science font jouer aux personnages que l'Eglise enseigne à révérer, à honorer et à prier !
Pour arriver à un tel but, il n'est pas nécessaire de s'adresser à tous les historiens contemporains. L'esprit de dénigrement et d'injure envers l'Eglise est général : presque tout travail historique en est plus ou moins imprégné, quelquefois même en dépit de la bonne intention de l'auteur. On ne respire pas impunément une atmosphère empestée ; el depuis longtemps déjà, l'atmosphère où se meut, raisonne et discute la science historique, est irréligieuse et en contradiction manifeste avec la piété et la Foi. Reprendre une à une chacune des erreurs qui ont