‹ M. Augustin ThierryChapitre 36 sur 206 · LIVRE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE I

Un seul point doit la toucher, c'est l'accueil fait aux doctrines et les dangers qu'elles contiennent. A ce titre, les ouvrages de M. Thierry méritent la considération la plus sévère. Soutenus par un talent de raconter et un art de bien dire tout à fait de premier ordre, iis ont fait leur chemin dans le monde, et, consacrés par un assentiment général, on les trouve aujourd'hui au seuil même des maisons religieuses. Ils vont là contredire dans de jeunes esprits les enseignements de la Foi, et glacer dans des cœurs encore naïfs les épanchements de la pieté et de la tendresse filiale envers l'Eglise. Quels désordres ne font-ils pas naître ailleurs dans des esprits moins bien préparés, dans des âmes moins bien préservées? Les mauvaises théories et les fausses histoires ne sauraient entamer la Foi que possède une âme, elles peuvent au moins contribuer à éloigner des sources salutaires les cœurs qui ont rejeté son joug. Les combats de l'esprit sont, il est vrai, peu de chose ; c'est surtout avec les passions du cœur que les enseignements divins ont à lutter. Mais toutes ces histoires faussées ne laissent pas décomposer des prétextes assez forts pour ajouter à la sécurité de l'âme égarée dans les désirs des sens. Elle y puise des arguments où elle se comptait secrètement et qui ajoutent des obstacles à ceux que la grâce a toujours à vaincre.

Voilà toute la raison de notre dessein. Nous n'au-

rions pas demandé mieux qu'un autre eût rempli la tâche que nous allons entreprendre. Mais il y a trente ans déjà que l'auteur de VHistoire de la conquête de V Angleterre a commencé ses publications historiques, et nous ne savons pas que ses doctrines et les faits qu'il raconte aient été l'objet d'une critique sérieuse et approfondie. Nous la croyons nécessaire cependant, à cause du talent de l'auteur et du dommage que ses principes peuvent causer. Si dans le courant de nos discussions, quelque vivacité échappait à notre plume, nous la désavouons à l'avance. Nous ne voulons ni offenser ni blesser; nous ne recherchons et ne désirons que la vérité; nous combattons pour elle en priant pour ses adversaires.

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