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CHAPITRE DEUXIÈME

Corament M. Thierry aborda l'histoire, et de la nouvelle école historique.

Pour apprécier les doctrines de M. Thierry et trouver le dernier mot de ses systèmes, il est utile de rappeler Finfluence qu'il subissait en abordant le domaine de l'histoire, et sous quels auspices il y a débuté. Lui-même a reconnu l'importance de ce fait d'origine, et il a pris soin de le consigner .

C'est en qualité de publicisle et pour soutenir les intérêts d'une polémique passionnée, que M. Aug. Thierry a abordé les problèmes historiques. Mêlé à la jeunesse libérale de la Restauration, il a embrassé ses préjugés, soutenu ses théories, partagé ses batailles, et, déjà hors de combat, a néanmoins triomphé avec elle. En diverses circonstances, il a célébré cette victoire avec un accent auquel sa position personnelle prêtait quelque chose de singulier. Frappé par ses infirmités dès 1826 et, deux ans plus tard, privé même des forces nécessaires à con-

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duire comme il l'entendait, les travaux historiques qu'il aimait avec passion, séparé désormais du commerce du monde et complètement isolé, il a toutefois ressenti le triomphe de 1830 avec une joie qu'aucune expérience, jusqu'à ces derniers jours, n'était venue tempérer. Il était curieux de voir un historien si lucide et si sagace parfois sur les choses du passé, ne rien connaître aux symptômes alarmants qui se manifestaient autour de lui : il exaltait toujours avec verve les perfections de ce qu'il appelait la liberté ; il retrouvait une passion juvénile et rétrospective, pour ainsi dire, afin de stigmatiser, après quinze ans, les erreurs et les coups d'Etat du gouvernement de la Restauration : il célébrait toujours, avec une fleur d'enthousiasme incomparable, la gloire éternelle et l'éternel triomphe de la Révolution de 1830, « merveilleuse par sa rapidité, mais plus encore « parce qu'elle n'a pas un seul instant dépassé son « but, et a rattaché sans retoii?' notre ordre social au « grand mouvement de 1789. (1) » La Révolution de 1848, tout aussi merveilleuse par sa rapidité que celle de 1830 et cependant moins belle aux yeux de M. Thierry, vint inopinément témoigner qu'il pouvait y avoir encore quelque retour, qu'il ne suffisait pas d'atteindre le but, qu'il fallait encore s'y maintenir. Elle contraria la théorie du publicisle : elle rui-

(4) Récits des temps mérovingiens, lom. I, p. 219.

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