‹ M. Augustin ThierryChapitre 7 sur 206 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

La phraséologie fade et perfide de M. Renan tend souvent à trahir la vérité qu'elle constate. Avec ce mouvement religieux qu'il estime « singulier (1), » il reconnaît que, dans l'esprit de M. Thierry, s'était en même temps éveillé le dessein de corriger ses ceuvres. Au fond de cette entreprise de révision, M. Renan ne veut voir qu'un travail de style, un scrupule d'artiste et le désir de faire disparaître jc quelques inexactitudes (â) » inévitables dans des « ouvrages écrits d'abord sous le feu de la passion (3). »

Mais ce souci purement littéraire où a rien ne ressemblait à un désaveu » (4), insinue avec insistance M. Renan, ce souci littéraire se révélait ou se confondait avec une inquiétude plus sérieuse et plus solide. La pensée de la mort y était liée. M. Renan ne se refuse pas à l'avouer ; et selon lui, « le goût délicat (5) » qui engageait M. Thierry à corriger ses livres, lui disait aussi « qu'il faut « mourir dans une religion. Or, le catholicisme

(1) M. Renan, p. 134. Comment ce mouvement religieux était-il « singulier » si « l'âge et le spectacle des révolutions en font toujours naître le besoin? » p. 435.

(2) îd., p. 137. — (3) Id., p. 138. — (4) Id., p. IBS. — (5) ld.,p. 135.

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