PRÉFACE. XI
et aveugle alors, il ne quitta pas son labeur d'érudition et de littérature. Sans rôle public, sans fonctions administratives , purement voué aux commerces de l'esprit et de l'étude, il n'eut pas, comme plusieurs autres libéraux, à combattre ni à condamner ceux de ses anciens complices de la presse et des sociétés maçonniques, qui n'avaient pu ou voulu prendre du butin une part suffisante à les tirer du rang des mécontents. Malgré des liens anciens et de vives affections au National, M. Thierry s'était laissé ranger parmi les satisfaits. Les libertés frelatées du régime de Juillet comblaient les visées sociales de l'écrivain, et lui semblaient le véritable couronnement de tout son système historique. Nous avons remarqué, dans notre petit livre , comment la Révolution de 1848 avait troublé cette quiétude. Elle ne brouilla pas seulement les systèmes de M. Thierry ; en confondant son esprit, elle atteignit l'intime de sa conscience. M. Renan note que, d9,ns l'âme de l'historien, <t s'étaient éveillés les « besoins religieux que l'âge et le spectacle des « révolutions font toujours naître (1). »
(1) M. Renan, p. 135.