LIVRE II. — CHAPITRE I
avec lui et l'introduisit bientôt auprès du roi. Sigebert, roi d'Austrasie, était de tous les petits-fils de Clovis celui qui rappelait le mieux les grandes qualités et l'intelligente politique de son aïeul. Il prit Andarchius à son service, l'envoya à diverses missions et enfin lui donna occasion de porter les armes et d'aller à la guerre. Dans une nation guerrière, c'était là le privilège des hommes libres. Andarchius, soutenu par la faveur royale, fut désormais un personnage de considération. Il vint à Clermont et s'y lia d'amitié avec un citoyen de cette ville, nommé Ursus. Ursus était riche, et il avait une fille. Andarchius songea à l'épouser. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il avait l'esprit vif, plçin de ressources, le caractère entreprenant : ses succès jusqu'à ce jour le prouvent suffisamment, et il se persuada pouvoir arriver à la fin de ses désirs. L'histoire ne nous apprend pas si Ursus repoussa les premières propositions de l'ancien esclave, mais elle signale les ruses auxquelles ce dernier eut recours pour avancer ses affaires auprès delà femme d'Ursus. 11 voulut d'abord se faire passer pour riche ; il renferma des ferrements, sa cuirasse, dit-on, dans un coffre (de ceux où on avait coutume de serrer les chartes) et le remit à la mère de la fille qu'il convoitait, en lui donnant à entendre que ce coffre contenait seize mille pièces d'or. Ceci se passait en l'absence du mari. Une si grosse somme devait éhj^if^^^^a^^^