LIVRE in
nages des qualités et des grâces des héros de romaD, il fallait leur trouver encore des droits à la couronne d'Angleterre. Sur cette question surtout on pouvait rappeler la parole de Guillaume de Malmesbury et montrer quelque hésitation entre les assertions contradictoires des divers historiens. Roger de Hoveden dit, en effet, qu'Edouard avait désigné Harold pour son successeur, et qu'il fut élevé au trône au milieu des acclamations unanimes de tous les grands de l'Angleterre (I). Henri de Huntingdon, au contraire, affirme que les Anglais voulaient prendre pour roi lejeuneEdgardy lorsque Harold, fort de ses richesses et de Tétat de sa famille, s'empara du diadème (2) ; Guillaume de Malmesbury, de son côté, dit positivement que le roi Edouard avait choisi le duc Guillaume pour successeur (3), et qu'Harold, dans son voyage en Normandie, avait été messager de cette nouvelle. Dans cette dernière hypothèse, on pourrait croire qu'Edouard avait à dessein chargé Harold de celte mission, afin, comme il arriva effectivement, d'engager ce puissant personnage dans les intérêts du duc de Normandie. Mais Eadmer, qui a
(1) c Quem rex... regDÎ successorcm elegerat, lOlius Angliae primatibus adculmen regale eleclus.» Ann , pars, prior., p. 447.
(2) « Viribus et génère freius regni diadema iavaslt. » Hisl. Lib. VI.
(3) « Willelmo successionem ÂDglise dédit. » De gest. reg. Angl y lib. H.
revêtu d'une teinte de mélancolie poétique le vo^ d'Harold et les derniers instants de la Tie du rm Edouard, Eadmer «entre dans des détmls qui feraient supposer au contraire une violente aversion du saint roi contre le duc Guillaume et une vive afTection pour Harold. Il confirme le témoignage de Rc^er de Hoveden en disant qu'Harold succédait Edouard, ainsi que le roi en avait ordonné avant sa mort (1). La chronique de Normandie pourrait peut-être contribuer à accommoder ces diverses assertions : elle montre Edouard sur son lit de mort, obsédé par Harold et ses partisans, et donnant à leurs importunités cette dernière parole : « qu^Héraut soit roi, « je Toclroîe, lui ou tout autre (2). »
Nous pourrions multiplier ainsi les autorités; et en partageant les historiens conclure que les fiiits restent douteux. Guillaume de Malmesbury ne fut pas seul, en effet, à garder cette réserve : le Roman de Rou, après avoir rapporté tous les détails du voyage d'Harold tels que les donne Eadmer; aprte avoir raconté les efforts d'Edouard pour empêcher ce voyage, et les craintes exprimées par le saint roi quand il connut le serment d'Harold à Guillaume» le Roman de Rou ajoute :
Ensi l'ai-je trové escrit:
El un autres livres me dist
(1) BùU novontm^
12) Hist. de Fr. Tom. XI, p. 223.