‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 157 sur 214 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Si Guillaume mettait une si grande réserve, Harold, de son côté, n'en mettait point : il était loin de penser que le duc de Normandie pût lui faire courir le moindre danger. Il se souciait peu des menaces de son adversaire; il méprisait ses réclamations, il dédaignait l'intervention du Pape. 11 se croyait fort, puissant, inébranlable. Qui eût pu croire en effet, dit un historien, que les menaces du duc Guillaume auraient le moindre effet (1)? Aux difficultés de Tentreprise, il fallait ajouter celles résultant de la position du duc impliqué dans de grandes querelles avec tous ses voisins. La conviction d'Harold était s fortement établie qu'il n'avait fait aucun préparatif pour repousser l'atlaque de Guillaume; et sans la guerre qui éclata contre les Norwégiens, le Conquérant, en débarquant en Angleterre, n'eût pas trouvé un seul homme d'armes préparé à le combattre (2). Ses armements et ses constructions de navires n'étaient donc pas aussi considérables qu'on a prétendu ; et jusqu'aux derniers moments on a pu les considérer comme de vaines bravades et un étalage destiné à épouvanter plutôt qu'à agir.

Le succès de Gnillaumt3 dépendit moins peut-être

(\) c Qui puiarel minas... adfacium erupluras.» G. Malin. Lib. lli.

(2) a Nisi quod Noricorum regem advenlare didicit, nec militcm convocarc, nec aciem dirigera dignalus fuisset. » Id., p. 99.

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de son droit et de ses armes que da débordemeni des mœurs et de la situation de TEgUse d'Aoj terre. Les historiens s'étonnent de là faiblesse et rimbécillité du peuple •anglo'sàxon; après sa, mière défaite, il ne put jamais s^entendre sr,

pour recouvrer sa liberté, un suprême g effort (1). Toute la force du royaume était f avec Harold au champ d'Hasting. L'expUcati de cet aveuglement ou de cette lâcheté se tn e les mœurs de la race vaincue. Il y avait le I déjà qu'à cause des désordres et des ho i ce peuple, sa ruine avait été prédite : on d t 1 tement que les souillures de TÂngleterre (i le meurtre, l'ivrognerie, l'oubli de Dieu et la itutîon avaient cessé de paraître crimin< , a les vengeances divines. Si Ton croit Hi j Huntingdon, dès Tan 1002, un saint homr a^ nonce aux Anglo-Saxons que leur cbàt i i-

drait de France (2). Au milieu de l'éclat a il

de la force extérieure de son royaume, le roi

Edouard ne s'en dissimulait pas les causes de i A son lit de mort, il prévoyait que, comme les Is

de l'Angleterre, les ducs, les évoques et 1 » n'étaient plus des serviteurs de Dieu mais < truments du diable, le royaume entier serait Ut

(1) VitaS. Vulstani. Lib. H.

(2) Historiarum. Libi VI.

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