‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 160 sur 214 · LIVRE · texte numérisé non relu

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nouveaux venus; ils partagèrent avec eux comme s'ils avaient toujours été de la maison ; et un accroissement si subit gêna beaucoup le couvent, disent les historiens. On y était auparavant dans l'abondance, et on eut grand'peine désormais à subvenir aux besoins de tous les frères (1). Inguif a pu connaître à Croyiand quelques-uns de ces réfugiés.

Malgré cet exemple de charité, les monastères se ressentaient de l'affaiblissement général de la discipline. Beaucoup de moines n'auraient pas été aussi fermement attachés à leur règle que les moines de Pegeland^ ni aussi compatissants que ceux de Croyiand. La grossièreté des mœurs publiques avait pénétré dans les asiles des lettres et de la prière. Dès le temps de saint Elfeg, plusieurs de ses moines, malgré les exhortations du saint, dérobaient tout ce qu'ils pouvaient trouver de boissons et de victuailles : et la nuit, tandis que le saint était retiré dans son oratoire, ils se livraient à leur appétit et à leur ivrognerie (2). Avec l'esprit de tempérance, l'esprit de soumission, d'humilité et de piété s'était aussi retiré : Ingulf parle avec douleur des flatteries excessives et des grandes soumissions que des moines ambitieux prodiguaient au roi et à ses officiers (3). Il paraîtrait en outre que ceux-ci ne se contentaient pas de pro-

(0 iDgulf. Croyl.

(2) Vita S. Elphegi.

(3) Inguif. Croyl.

lestations: ils ne prêtaient leur crédit qu'à bon escient. L'évêque de Durham, Eadred, avait acheté l'épiscopat duroiHardecanut en lui livrant les trésors de l'église. A la mort d'Eadred, la protection de Goduin éleva sur le siège de Durham, Egelric, que repoussèrent les clercs du diocèse, et que le comte Siward leur imposa par la force des armes (1). On voit ce qu'étaient la puissance et la liberté du droit d'élection qui, au dire de M. Thierry, était resté une des coutumes de l'Eglise anglo-saxonne. Les évoques intronisés comme ce dernier étaient sans aucun doute surtout avides de richesses. Egelric, ayant trouvé un trésor qui le rendit le plus riche des évêques d'Angleterre, ne songea plus qu'à résigner ses lonctions. 11 se démit de son évêché en faveur de son frère Egelwin, et l'appui du comte Tosli maintint ce dernier dans l'épiscopat (2).

Les successions aux autres évéchés témoignent de faits analogues. Ces évêques suivaient les diverses phases politiques ; tantôt ils étaient chassés de leurs diocèses, tantôt ils en administraient plusieurs, ou plutôt en percevaient et en accumulaient les revenus.

Le roi Harold cédait aux intrigues de Living, déjà possessseur de deux sièges (3), et lui accordait l'évêché de Worcester. Mais pour s'être mêlé aux tumultes

(1) Angl, sacr, Èpisc. Dunclm.

(2) Angl. sacr. Episc. Dunelm.

(3) Cridiensis cl Cornuhiemis.

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