LIVRE m
qui amenèrent le meurtre d'Alfred, frère de saint Edouard, Living fut banni de ce dernier évêché, dont s'empara Alfric, archeTêque dTorck. Sojus le roi Hardecanut, Living rentra dans la possession tle Worcoster et à son tour chassa Alfric de rarchevêché d'Yorck. 11 y fit nommer cet Egelric, dont nous parlions tout à l'heure, qui fut ensuite évêque de Durham. A la mort de Living, Eldred lui succéda à Worcester. 11 joignit bientôt à cet évêché, celui de Ilereford, il essayamême d'y ajouter encore Tarchevéché dTorck. Mais le Pape Nicolas résista à ses prétentions; el ne lui accorda le palliumqu'à condition qu'il se démettrait de Tévêché de Worcester. Eldred se soumit; mais en quittant l'évêché, il en conserva les revenus.
Remarquons toutefois qu'EIdred est un des pieux évoques de celle""nation; il est de ceux dont les historiens n'accusent pas les mœurs ; d'autres n'y gardaient pas autant de réserve et ne rendaient même pas à l'Eglise romaine la soumission incomplète, dont Eldred donnait l'exemple. Ils bravaient lesanathèmes du Pape et prétendaient, en dépit de sa puissance, exercer leur juridiction. L'archevêque de Cantorbéry, Stigand, était de ceux-là. Il était, au temps du roi Edouard, entré dans les complots de Goduin ; après l'expulsion de Robert de Jumiéges, archevêque de Cantorbéry, il s'était emparé de rarchevêché, tout en conservant l'évêché de Winches-
268 M. AUGUSTIN THlEaRY.
ter. Il y jaignait en outre un grand nombre d*ab* bayes. C'était un homme sans lettres et uniquement occupé de s'enrichir (1) : il Tendait publ]({uément sdn intervention et faisait marchandise dn éTéchés et des églises. A cause de tous ces déportements, Stigand fut' excommunié par le Papè^ : il n'en faut pas davantage pour engqiger M* Thierry à en faire un héros. Le saint roi Edouard a'avait pas les mêmes raisons pour penser de la sorte. Le maiotien de Stigand en Tarchevéché de Cantorbéry dut être le supplice des dernières années de son règne» Ce devait être encore là une des causes de son ressentiment contre la famille de Goduin, toujours occupée à soutenir, à maintenir et à élever partout ces évêques impies et fornicateurs.
Ces scandales de TEglise d'Angleterre ont exbté dans toute TRurope : mais depuis longtemps d^ft, on s'occupait partout aies réformer. Le glorieux pontificat de saint Léon IX ayait donné un élan sublime au mouvement religieux, dont le grand cardinal Hildebrand était Tâme et TOrdre de Clu^y l'instrument. L'Angleterre seule, au milieu de. ses mers et entourée de ses brouillards^ échappait à cette infiuence et s'obstinait à croupir dans les lioes et l'abrutissement^ que dissipaient partout les dÎTines
(0 G* de Malm. De gest. Reg. — De gesUs Pantif.^ Thom. Rudborne.