‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 173 sur 214 · LIVRE · texte numérisé non relu

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M religion chrélienne, le soutien des pauvres, le prow tecteur des orphelins, le consolateur des veuves et c< des opprimés (1). » Voilà ce qui s'accorde peu avec l'opinion sur Lanffanc, que M. Thierry a voulu étayer de l'autorité de Gervais de Cantorbéry.

Il veut l'appuyer aussi des actes des archevêques d'Yorck, composés, au xiv* siècle, par Thomas Stubbs. On sait que l'église d'Yorck se prétendait égale à celle de Cantorbéry. Lanfranc eut à soutenir les antiques droits de son siège (2). Thomas Stubbs défend les prétentions des archevêques d'Yorck, et

(1) Gerv.Cant. viActus pontificumcantuariensiurm^t^Q^^.

(2) M. Thierry ne reconnaît pas ces droits anciens, il n'y voit qu^une innovation ambitieuse de Lanfraoc. 11 s'appuie d'Eadmer, et en ciie les paroles suivantes : Ut Briiannia uni quasi primati subderetur... nova res huic noslro sœculo et a tempore quo m Anglià Normanni regnare cœperunt Anglis inaudita. [HiU. de la conq. T. 11, p. 138.) Il note la page d'où il a tiré cet extrait: p. 3. Nous ne savons de quel texte 31. Thierry a fait usage, et nous n'avons rien trouvé d'analogue dans celui imprimé à la suite des œuvres de saint Anselme éditées par Dom Gerberon. Mais nous y avons trouvé les paroles suivantes qui contredisent le seniimenl sur la nouveauté des prétentions de Lanfraoc, attribué à Eadmer: Quemadmodum ipsum Tlwmam (archevêque d'Yorck], a^i mbnsuram antbcessorum suorum humiliaverit supervacaneum est.., scribere. Ipse (Lanfranc) verum inie, veritaleplena et totiu!^ regni assensu confirmatasub testimO'^ nio regii sigilli scripia reliquit {Hisl. nov.^ p. 31, 2® col. A.)

M.Thierry dit encore, à l'occasion de ce démêlé: Thomas... renonça enire les mains de Lanfranc à tout le pouvoir que ses prédécesseurs avaient exercé ^m sud ^e l'Humhcr (llist .

aga m. Augustin TfflERRY.

M. Thierry recueille toutes ses paroles qui peuvent tourner au détriment de Lanfranc. II embrasse aiqsi la cause de Téglise d'Torck contre celle de Caotor* béry, sans avoir d'autre motif que celui de contredire à la décision portée dans cette affaire par la cour de Rome. Nous ne nous arrêterons pas à entrer dans un détail de citations à ce sujet; ce que M. Thierry a ayancé de l'ambition deLanfranc (i) sera d'ailleurs suffisamment réfuté par quelque faits de la vie de ce*personnage.

Il était Lombard^ d'une noble famille de Pavîe. Versé dans la jurisprudence, et, au dire de Robert du Mont, ayant retrouvé le texte des lois romaines (2), il les étudia et les enseigna quelque temps à Bologne. Gomme tous les savants de cette époque, le désir de la science le poussa à entreprendre de lointains voyages ; il vint en France et y fréquenta les diverses écoles, cherchant partout à s'instruire des lettres

de la conq. d'AngL T. II, p. 439); et il ci(e à Tappui de celle assertion : Rud borne, in Anglia sacra, lom. I, p. 253. Or, que dii Rudborne du droit de Thomas et de ses prédécesseurs ? Après avoir raconté la discussion et énaméré les raisons et les autorités qui appuyaient le droit de Lanfranc, riiislorien ajoute : Succubuit tantU ralionibus Thomas. On ne se lasse pas à citer ces merveilles de Tartde rinierprétation. Touies ces merveilles, Tap^jel au témoignage de Th. Stubbs, le texte introuvable d'Eadmer ont persisté dans la dernière rédaction. T. II, pp. 421-124.

(<) Tom. Il, p. 136.

(2) Dom Luc d'Achery. Opéra Lanfranci, p. 37.

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