LIVRE III
désordres. M. Thierry, avec son talent habituel, a rapporté cette anecdote d'une façon vive et dramatique (1): mais il en a retranché la conclusion, ou plutôt il y a contredit formellement le seul historien qui en ait parié (2). Après avoir raconté les violences commises contre TEglise d'Yorck et les plaintes et les malédictions portées à ce sujet contre le roi par l'archevêque, l'historien moderne ajoute : «x Le roi a normand écouta sans aucun trouble l'impuissante € malédiction du vieux prêtre ; il modéra même Fina dignation de ses flatteurs qui, frémissant dé colère tt et tirant à den^i leurs épées, demandaient à le vente ger de rinsolence du Saxon (3). » Thomas Stubbs, de son côté, rapporte les termes de la malédiction, et il continue : « Â ces paroles, le roi épouvanté tomba « aux pieds de l'archevêque, le suppliant de le rea lever de cette sentence portée contre lui. Les a courtisans s'emportaient contre EIdred, le menait çaient et voulaient IVf frayer; ils disaient qu'il fallait a le chasser du royaume et l'envoyer en exil : ils s'ina dignaient de ce qu'il ne s'empressait pas de relever le « roi prosterné à ses pieds ; l'archevêque impassible <c leur disait : — « Laissez, laissez-le s'humilier; ce tt n'est pas devant EIdred qu'il s'incline, c'est devant
(4) Hist, de la conq. d*AngL, Tom. II, p. 74. — 42«6ditiOD. Tom. II, p. 64.
(2) Th. SUkhhs. Act. pont. Ebor.^ p. 4704.
(3) Hist. de la conq. d'Angl. Tom. II, p4f74.