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bases du récit et laisser aux personnages la posilion que rhistorien indique pour chacun d'eux. Mais l'accord des moines saxons avec le roi normand contre Tarchevêque, ne convient point à M. Thierry. On en pourrait conclure qu'il n'était point en cette affaire question de nationalité, mais uniquement de discipline ecclésiastique et de scandale. De tout temps, les scandaleux dans TEglisc ont cherché leur appui' auprès du pouvoir temporel. Sans se soucier de l'autorité qu'il invoque, sans se faire scrupule de contredire tous les documents qui attestent l'éloignement qui exista entre l'archevêque et le roi Roux, M. Thierry assure que Guy, en cette affaire, fut l'élu de Lanfranc; et il unit l'archevêque et le roi qui, selon lui, sévirent de concert contre les moines saxons. Cela est plus conforme au thème de l'historien et s'accorde complètement à sa théorie. « Lance franc, dit-il, conduisit au monastère un moine « appelé Guy, Irès-aimé du roi. 11 somma les relic( gieux do Saint-Âugustin, au nom de Vautorité < royale^ de recevoir et d'installer sur-le-champ ce « nouvel abbé (1). »
M. Thierry ne se contente pas de voir ainsi dans Lanfranc un ardent persécuteur des Saxons, il veut encore qu'il ait poursuivi la mémoire des saints qui avaient illustré ce peuple, a Les prélats normands,
[\) Tom. Il, p 305. — Nouv. édit. Tom. II, p. 267.
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<( dit- il, et à leur tête l'archevêque Lanfranc, ( tardèrent pas à proclamer que les saints saxons (c n'étaient pas de vrais saints, ni les martyrs sai « de vrais martyrs (1). » Un prélat normand, l'évéque de Salisbury, Osmund, chancelier du roi, fort zélé pour la copie et la garde des livres (2), comp cependant une vie dé saint Adhelm. On pourrait citer d'autres exemples. Nous voulons nous restreindre au seul personnage de Lanfranc. M, Thierry affirme qu'il entre prit de dégrader saint Elfeg. C'était un archevêque de Cantorbéry. Fait prisonnier par les Danois, il n'avait pas voulu que ses ouailles payassent sa rançon, et il avait été tué par les païens. (( Lanfranc, dit M. Thierry, tourna en ridicule sa « mort et son refus courageux de payer rançon aux (( Danois : il serait trop aisé d'être martyr, disait le (( prélat lombard, s'il sufQsait pour cela de tenir '< plus à l'argent qu'à la vie (3). » M. Thierry note à l'appui de cette assertion : Et quod occisus fuerit
(1) Tom. II, p. 450. — Nouv. ôdit. Tom. 11, p. 492.
(2) II. Kniglon.
(3) Ilist, de laconq. Tom. Il, p. 450. M. Thierry dans la nouvelle édition a adouci les expressions qu'il prêtait tu B. Lanfranc : « Je ne vois là, lui fait-il dire, qu*ua homme Iné faute d'une rançon qu'il ne pouvait payer et qu'il ne voulut pas mettre à la charge d'autrui. » L'historien rejette ainsi le texte qu'il avait invoqué, et il en allègue un autre tiré de Jean de Salisbury ; mais en le traduisant, il le modifie encore quelque peu. Ad redemplionem corporis sui pecuniam noluU êxtor» quere^ avait dit «Jean de Salisbury.