‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 57 sur 214 · LIVRE L — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE L — CHAPITRE III

« messagers allèrent de bourgade en bourgade, « publiant une proclamation qui enjoignait à tout a homme libre de se trouver au rendez-vous a de guerre, équipé de son mieux d'armes quel- ^ii conques, depuis la cuirasse et la lance juste qu*au bâton ferré et au simple couteau. Mais, ni a dans les villes ni hors des villes, personne ne « répondit à Tappel, et malgré lamende de soixante u sous d'or prononcée contre celui qui résistait aux « ordonnances royales, les habitants de Châteaudun^ <« de Vendôme et des environs de Tours ne s'ar- <« mèrent point et ne quittèrent pas leurs maisons. <c Ces gens savaient que leur pays était compris dans u le partage de Sigebert et que les impôts levés « chez eux se rendraient au fisc d'Âustrasie ; mais u c*était tout, et comme le roi dont ils dépendaient <( ne leur faisait sentir par aucun acte son autorité « administrative, comme cet ordre était le premier « qu'ils eussent jamais reçu de lui, ils y firent peu a d'attention (1). » Il faudra revenir ultérieurement sur la distinction des races, que ce passage peut impliquer, et sur l'oubli de leur dépendance, dans lequel M. Thierry dit que vivaient les populations de la Gaule ; mais, franchement, l'historien eut fait plaisir à ses lecteurs de leur dire où il a puisé tant

Godesigclum et Guntchramnum duces in capite dirigit, qui commovcntes cxercilum.... » S. Grog., lib. IV, c. u. (!) Récits des temps méroving.y lom. II, p. 42.

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de renseignements sur la manière dont ont agi les messagers de Sigebert parmi les Dunenses et les Turonici; pour nous, nous ne connaissons sur ce fait que le passage de S. Grégoire que nous avons rapporté. M. Thierry invoque, il est vrai, en outre la loi des Ripuaires, tit. LXV, et celle des Visîgoths, lib. IX. On serait curieux de savoir ce que vient faire en cette circonstance, au milieu des populations des rives de la Loire et du Loir, la législation des flepuaires, qui condamne à soixante sous d'amende le Ripuaire qui n'obéissait pas aux injonctions royales (i). Quant à la loi des Visigoths, au titre invoqué, elle prive de tous ses bieijs et condamne à l'exil l'homme en dignité qui ne répond pas à l'appel de guerre : Thomme de condition inférieure recevait deux cents coups de fouet (2). On ne voit pas en quoi tout cela a rapport aux messagers de Sigebert et aux bourgades du Véndômois. Peut-être dans le fragment que nous avons reproduit, M. Thierry ne cite-t-il ce livre IX de la loi des Visigoths qu'en " témoignage de l'énumération des armes qu'il a cru

(\) « Si quis Icgibus régis sivc in hosle seu in reliquam uiiliiatem bannitus fucrii et minime adimpleverit... LX.sol.mulo- Iclur. »

Le Romain n'était taxé qu à la moitié : « Si autem Romanus... hoc fecerii... XXX sol. culp. jud... » Lex Ripuariorum. Tit. LXV.

(2) c Majoris loci pcrsona... iofcriores viliorcsque personae. » Lex Visigoth. Lib. IX.

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