‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 61 sur 214 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

lion (i), il en donne sur les assassins envoyés par Frédégonde(2). C'est vraiment un historien précieux et qui connaît le secret des choses. Il sait que HiN périk ne se rendait pas un compte exact de l'importance des cités des Gaules (3). Quand Brunehaut Tint à Paris, M. Thierry sait qu'elle s'y montra « magnifique dans sa parure (4) . > Il sait encore que les gens de Paris sortirent en foule à la rencontre de cette princesse (S) ; que le clergé des églises et les gens de famille sénatoriale s'empressèrent d'aller la «alucr ; et que l'évêque de Paris, saint Germain, n'y alla pas. Il était malade, « le découragement avait a altéré sa santé (6). » Cette maladie et cette abstention de saint Germain donnent occasion de supposer qu'il écrivit à la reine Brunehaut. M. Thierry cite alors de longs fragments d'une magnifique épitre, que saint Germain adressa en effet à cette reine, lorsqu'elle était encore dans son royaume d'Austrasie, un an avant qu'elle ne vînt à Paris (7).

S. Grégoire rapporte encore que le saint évêque Germain donna à Sigebert les avis qu'autrefois saint

(2) Id., p. 59,60.

(3) Id.yp. 41.

(4) Id,, p. 48 et suiv.

(5) S. Grégoire se contente de dire : Brunechildis cum filiis vcnit. Liv. IV, c. lu.

(6) Récits des temps mérov.j tom. 11, p. 50.

(7) Dom. Bouquet. Hist, de France, tom. IV, p. 80,

o4 M. AUGUSTIN THIERRY.

Avit avait donnés à Clodomîr partant pour combattre le roi Sigismond : « Si tu pars sans intention de tuer <( ton frère, avait dit saint Germain, tu reviendras « vivant et vainqueur ; si tu as une autre pensée, tu « mourras (1). » La maladie supposée de saint Germain permet à M. Thierry de dramatiser cette pa* rôle. « Au moment du départ, lorsque le roi se <( mit en route, escorté de ses cavaliers d'élite , « tous régulièrement armés de boucliers peints et de (c lances à banderolles, un homme pâle, en habits « sacerdotaux, parut au-devant de lui. C'était l'évê- « que Germain qui venait de s'arracher à son lit de c( souffrance pour faire une dernière et solennelle c( tentative : Roi Sighebert, dit-il, etc. (2). « On voit l'effet : l'homme pâle, les habits sacerdotaux, les cavaliers en banderoles, tout cela constitue une excellente mise en scène (3). Les politiques trouveront que l'évêque prenait singulièrement son temps ; et les critiques s'étonneront de rencontrer cet appareil théâtral chez l'historien, qui voyait un scandale historique dans la popularité du fait de iPhilippe- Auguste posant sa couronne sur Tàutel le jour de la bataille de Bouvincs ; ils lui rappelleront qu'il est

(t) s. Grég.,liv. IV, c. Lll.

(2i lldcUsdes temps mérov., lom. H, p. 5a.

1.3) a Rex proporare delibcrans, » dit simplement S. Grégoire, a Gui, ajoute-l-il, immédialcmcnl, S. Germanus episcopus dixit: Si abicris... » Liv. IV, c lu.

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