‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 74 sur 214 · LIVRE il. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE il. — CHAPITRE I

« étendu d'autres dans les ornières des chemins, les « y ont fixées avec des pieux et ont fait passer leurs « chariots par-dessus, laissant ensuite ces corps tout « broyés en pâture aux oiseaux et aux chiens. Le I. bon droit est pour nous, ajoutait Thierry, marc ehons contre eux avec Taide de Dieu ! » Indignés de pareils forfaits, dit Thistorien, les Francs marchèrent en Thuringe (1). »

Ces populations sauvages, soumises désormais aux rois d'Austrasie, ne seraient-elles pas celles qu'Âgaihias trouva quinze ans plus tard (5S3) dans Parmée que commandait Buccelin? Buccelin était duc des Allemands : il était tributaire de Théodebald, roi d*Àu8trasie; mais on doute si Tinvasion, qu'il dirigea en Italie, fut ordonnée par ce roi. L'armée était composée des populations transrhénanes; elles étaient attirées uniquement par le désir du pillage, marchant sans casque, sans cuirasse^ les jambes et la poitrine entièrement nues (2).

Procope qui avait vu (539) l'armée de Thépdebert, père de Théodebald et fils de Thierry, la décrit, dans des termes à peu près analogues : il y apparaît un peu plus de régularité que dans les bandes de Buccelin. Les compagnonsdu roi seuls montaient des chevaux et portaient des lances. Les autres allaient

(4) s. Grég.,lib. IIl,c. vu.

(2) Hist, de Fr., tom. Il, p. 65.

à pied sans autres armes que leurs boueliers^ leurs épées et leurs haches. Ils n'avaient, non plus que les soldats de Buccelin, ni flèches, niarcsi, ni aucunes armes de trait (l). C'étaient là cependant des instru* ments de guerrje en usage depuis longtemps chez les Francs.

Dans les extraits qu'il a conservés de Sulpice Alexandre, saint Grégoire de Tours nous enseigne que quand l'armée de Quintinus se fut imprudemment engagée au milieu des forêts et des marais du pays des Francs, ceux-ci l'accablèrent et la détruisirent entièrement à coups de flèches (2). Je relève ces différences entre l'armure des soldats de Théode* bert et de Buccelin et celle des hommes de Marcomir et de Sunnon, sans y vouloir attacher une grande importance ; je ne prétends pas non plus que dans l'armée de Théodebert il n'y ait pas eu d'autres Francs que ces compagnons du Roi portant des lances : les historiens ne nous disent rien de l'origine de ces troupes; toutefois, il ne sera peut-être pas inutile de remarquer que la lance était en usage parmi les Francs dès le temps de Clovis (3).

(^) « Non arcu non hasla armali, sed ensem clypenmqiie geslabant singuli ac securim unam. » Procope. Hist, de Fr,^ tom. II, p. 37.

(2) S. Grég., lib. II, c. IX.

(3) « Nequc tibi hasta, neque gladius, neque securii est ulilis. » S. Greg., liv. H, c. xxvn.

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