‹ M. Beaufils, ou La conversation faite d'avance, comedie en un acte et en proseChapitre 26 sur 26 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

Les Mêmes, FOLVILLE, FIRMIN.

FolVille. {au' Notaire).

Victor de Forviile.

N’ccrivez pas cela, c’est moi qui se marie, et je m’appelle Raoul Sigismond.

Vous-avez là des noms superbes?

Mad. de Versec.

Ah! ça, monsieur voulez-vous bien vous retirer d’ici. Dorval.

A moins qu’il ne veuille signer comme parent de la future.

Folville.

Comme époux.

Henriette.

D’un autre, j’y consent.

$o H. BEADFIU

Je ne demande qu’un moment d’explication, et si tout le

monde ici (monsieur excepté) n'est pas content de ce que j’ai

à dire, je laisse le champ libre a Kaoul Sigismond.

On ne peut guère lui refuser sa demande, qu’en dis-tu , ma -fille.

Si tout le monde le veut. . .

Beaufies.

Pas du tout , je m’y oppose.

FolviuE ( V écartant vigoureusement').

J’écarte l’opposition. . . tout le monde est ici contre moij et je vais prouver que j’ai raison contre tout le monde , ce qui d’ailleurs ra arrive assez souvent;.

Il est modeste , c’est toujours çà !

Folvieee {à M. Dorval.)

A quelle condition , mon oncle , m’avez- vous promis la main de ma cousine ?

A une condition que tu n’as pas remplie ; et ta pièce que l’on répette en ce moment.

Beaufils.

Ah ! bien oui , sa pièce , elle n’est pas de lui.

Nous saurons bientôt à quoi nous en tenir : j’ai écrit au directeur,

Foevilee.

Je) vous apporte sa" réponse.

D o L v A E ( lisant ).

Hum ! . . . . Hum ! . . . . la pièce en répétition à notre théâtre, dont vous désirez connaître l’auteur, est de M. Beaufils de Baugency. » . de vous?

Beaufils.

De qui donc ?

Dorval.

Vous avez fait une comédie.

En trois actes et en vers, seulement , du Corneille tout pur . Dorval.

Dans le genre jdu Menteur , peut-être.

Beaufils.

Il n’y a point de mensonge , la pièce est à moi , vous tue verrez sur l’afltche.

A la bonne heure.

Henriette.

Expliq«ez-vous aussi , mon cousin , le but de votre correspondance journalière avec madame Fintal.

FOLVILLE.

Moi , je ne lui écris jamais.

Vous répondrez du moins à ce billet.

Folville (d Henriette ).

Daignez l’ouvrir.

Tu n’oses pas ; donne : (i7 lit). Me direz vous, mon cher Folville, pourquoi depuis trois semaines, je n’enteuds plus parler de vous, même par écrit; je conçois tout le charme de la société de la petite cousine du marais, du bon homme Dorval et de haute et puissante damp de Versec..,.

. Dorval.

Continuez donc ma sœur.

Mad. D E V e r s F. C. «

C’est assez mon frère, les inpertinences de cette coquette, ne font rien à l’affaire, (d Folville) mais nous avons de» dettes.

Fo LVILLE (/mi remettant des papiers).

Dont voici les quittances.

Mad. DE Versec ( après examen).

Il en manque une.

Folville.

Impossible.

Mad. de Versec.

Pas même celle d’une certaine marchande de modes, dont j’ai moi-même ce matin acquitté le mémoire ?

Folville.

Quoi, vous avez payé? jè ne le souffrirai pas; non vraiment, ce n’est pas dans l’ordre, et la corbeille de noces regarda le futur.

Henriette.

Comment ?

Folville.

Pardonnez à ma confiance fondée sur mon amour et sur votre justice , mais j’étais si sûr de mob fait , que j’avais fait d’avance toutes mes dispositions Henri

II faut en convenir, mon pèr tous.

Sa

Je suis esclave de ma parole, je donne mon consentement.

Mad. De VEnsEc.

Je ne puis refuser le mien , mais, pour mon compte, j’aimerais mieux M. Beaufils pour époux.

Folville.

Et vous ma cousine ? •

Henriette. ( tendrement ). .

Je ne veux pas être la plus entêtée.

Folvilli. (au notaire ).

Ecrivez M. le notaire: Victor de Folville.

Beaufils.

C’est fort agréable en vérité ( d Folville ). je Tais dire. . .

Folville. ( d part à Beaufils ).

Si vous dites que vous m’avez prete de l’argent, je dirai h quelle condition.

Beaufils.

Je vois bien qu'il faut en passer par là : ce gui me console , c’est qu'il me rendra l’argent et que je suis bien sûr de ne.j’amais rendre l’esprit.

( Pendant que Beaufils se consulte , tous les acteurs ont quitté la sccne').

( Se retournant pour parler à Dorval ).

Je veux bien consentir. . . Eu ! bien où sout-il donc ? . . c’est honnête, en vérité ! allons, c’est décidé, je quitte Paris immédiatement apres le succès de ma pièce : je ne puis decemrnenr pas partir avani ; car il est probable que le public voudra me voir : les acteurs m’amèneront de force sur la scène; alors je prendrai la parole, et je dirai. Messieurs la pièce que vous avez eu le bon esprit d'applaudir est mon premier ouvrage. Vos suffrages m’encouragent à en acheter; . . Je veux dire à en mériter de nouveau ; et si comme je le peuse , vous êtes satisfaits. . . Faites-en part à vos connaissances. •

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