SCENE IL
Les Mêmes , FOLVILLE.
Folvillf.
J’accours plein de joie et d’impatience.
Dorval.
Il n 'y a pas de quoi : mon ami nous venons. . I Mad. DE Versec.
Mon frère , vous voudrez bien me permettre de parler la première ; il n’est pas de très-bon ton , permettez-moi de vous le dire , de méconnaître , comme cela vous arrive à chaque instant, les privilèges de notre sexe.
Parlez, madame de Versec; parlez.
Mad. de V e r s E e.
Mon neveu, en considération de l’honneur que vous ayez d’etre fils de mon frère Coûrad de Folville , de son vivant trésorier de France , j’avais bien voulu consentir à votre mariage avec ma nièce, malgré les fréquentes irré-
gularités de votre conduite j Henriette elle-même y donnait son aveu.
J'avais également donné le mien.
Cela va sans dire : nous vous avions impose pour condition , moi, de ne plus faire de dettes, votre cousine, de ne plus aller chez cette madame de Fintal dont nous avons à nous plaindre.
Et moi , j’avais exigé que tu n’écrivisse plus pour le théâtre.
Mad. de Verse c.
C’est la moindre chose : vous n’avez point tenu vos engagemens; en conséquence je vous signifie que dès ce moment vous devez renoncer à la main d’Henriette : voilà ma décision.
C’est aussi la mienne.
Folviele.
Et vous, ma cousine ?
Henriette.
Je n’ai pas d’autre volonté.
Foevieee.
Ainsi, me voilà condamné?
Sans appel. <
Foevieee.
Et sans preuves , ce qui me dbnne mon recours vers votre justice ; car enfin si je vous démontrais que j’ai tenu mes engagemens ?
En contractant pour deux mille écus de dettes nouvelles.
Folviele-
Pourvu que je les paye.
Do r v A E.
En continuant à rimailler.
Foevieee.
. Cela n’est pas prouvé , mon oncle.
M> BEAU ILS. ' Henriette.
En multipliant vos visités chez une femme. . .
Mad. de Verse c.
Dont la maison est le rendez-vous de tous les ridicules.
Folville.
Vous n’y allez pas ma tante, comment pouvez-vous savoir que j’y retourne ?
Mad. DE V E R S E C.
J’ai pris mes informations , monsieur , et c’est aussi par ce moyen que j’ai fait connaissance avec vos créanciers.
Folville.
Venons au fait, ma chère tante : jusqu’ici l’on m’accuse sans preuves ; je me défends de même ; prenons le reste de la journée pour fournir chacun les noires , et j .squeslà ne condamnons personne.
Qu’en ditpsavous ma sœur?
Mad. de Verse c.
J’y consens volontiers ; à tantôt , mon neveu ; puisque vous voulez des preuves, on vous en fournira.
Mon pauvre garçon , j’en suis fâché , mais tes affaires vont bien ‘mal.
Folvilde.
Elles n’ont jamais été meilleures.
Henriette.
Monsieur peut avoir ses raisons, mon père; nous ne connaissons pas toutes ses resources. '
Folvilee.
Mon amour et vos bontés sont les seules dont je veuille faire usage ; elles me suffiront , j’espère.
Mad. de Verse c.
Vous ferez bien d’en chercher d’autres ; allons , venez ma nièce.
DorvaIi ( à Folvil ).
Adieu, mon ami ; travaille, imagine; vous autres auteurscomiques, vous n’êtes jamais embarrassés.
ils so rient).