‹ M. Beaufils, ou La conversation faite d'avance, comedie en un acte et en proseChapitre 4 sur 26 · FOL. VILLE, F 1 R M I N · texte numérisé non relu

FOL. VILLE, F 1 R M I N

F i h M I N. ( Pendant la Scène précédente , il a prêté l'oreille à la conversation , en feignant de ranger dans cette salle. Il s'approche , regarde son maître d'un air triste , et celui-ci lui rit au nez ).

Riez , monsieur , vous en avez sujet , et notre position est vraiment très-joviale.

Folville.

Jet’ai laissé le droit de sermoner à ta manière aux jours de mon opulence , et je ne veux pas t’en priver, lorsque c’est à cela que se bornent tés profits : mais laisse-moi achever mon plan.

Encore des plans ! Ah ! monsieur, pendant que vous y êtes, si vous pouviez en faire un de conduite dont le dénouement 'fut de payer vos dettes.

Folville.

C’est précisément de quoi je m’occupe.

Songez que les créanciers nous harcellent , et qu’à moins de trou crdesgens qui veuillent aller en prison pour nous. . .

Folville.

.Pourquoi n’irions-nous pas nous-mêmes ?

Il est vrai que nous avons toujours cette ressource ; mais si vous aviez voulu vous abstenir, seulement pendant six mois, de faire des comédies et des dettes, nous n'en serions pas réduits à cette extrémité.

Folville.

Voilà ce que c’est que d'être un sot, on ne voit qu’un coté des objets : d’abord il ne faut qu'un instant pour payer ses dettes.

Pardonnez-moi, il faut encore de l’argent.

Folville.

Nous en trouverons ; quand à ma pièce , elle était faite avant nos conventions ; je n’ai pas dit positivement que

j’en fusse l’auteur en la fesant recevoir , et mon oncle enterré dans le fond du marais ne sait pas seulement pour quel théâtre je travaille.

Il le découvrira.

FotVILLE

Trop tar 1 , puisque j’épouse aujourd’hui.

Il est vrai que ce mariage est très-probable et très-prochain sur-tout , car excepté votre t.uile dont vous dépendez, le père de la demoiselle et la demoiselle elle-même, tout le monde y consent.

Fqlville.

Tu t’amuses à compter les obstacles, et moi je les franchis.

Mais enfin , si vos folles espérances nu se réalisent pas ^ que Ferez-vous ?

Folville.

Alors je ferai. . . des comédies.

Dans ce cas, monsieur, donnez -moi mon compte, c’est-à-dire un certificat ; dans l’état où sont les finances, il y aurait conscience à rien exiger de plus.

Folville.

Comment, tu veux me quitter? je n'entends pas cela et je prétends bien que tu continues à vivre avec moi.

A mourir, dites donc, car au régime où vous m’avez réduit , je veux être pendu si j’ai plus de tems à vivre qu’une pièce nouvelle.

Folville.

Tuas un fond d’esprit uaturel, tu m’aideras, et je veux t’apprendre à rimer une arrielte , comme nos faiseurs d’opéras-comiques.

Moi, poète!

Folvilee.

Je ne dis pas cela.

Et moi , je dis que vous aüriéz dù laisser là «toutes ces balivernes où il n ’y a pas de l’eau à boire, 4 . . . ,

11 n y a que cela , au contraire.

Tenez , Monsieur , vous avez beaucoup d’esprit , à ce qu’ils disent ; car pour moi....

Folviue.

Tu ne m’en parais pas bien convaincu.

Entendons-nous.

Folville ( écoutant )

, Une voiture! . . . C’est M. Beaufils, sans doute.

Que diable pouvez vous avoir à faire avec cet original? FOtViUÏ.

• N’en dis pas de mal , c’est mon élève , et j’en veux faire un homme d’esprit.

Je ne mourrai donc pas sans avoir vu un miracle.

Je traite avec lui une opération de finance d’un genre tout à fait neuf.

Prenez y garde , dans ce genre , les plus bêtes sont or4 dinairement les plus fins. (il annonce ).

Monsieur Beaufils. ( il sort).

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