‹ M. Benoit; ou, L'adoption; drame historique en trois actes, en proseChapitre 13 sur 56 · SCÈNE ir · texte numérisé non relu

SCÈNE ir

Les ^récédens, FRMCIIEYILLE , -un fusil ci la main.

FRANCHE VILLE

Bonjonr, mes enfans... eh! bien, personne! Ils dorment encore , je gaffe. Je les reconnais-là , le soir , promettant de se lever avant le jour , et Ij matin...

AGATHE

Pardonnez-moi , monsieur , tout le monde est levé au cliâteau, mais on fait lés préparatifs.

FHAN CHEVILLE.

Les préparatifs ! Pour une partie de pèche !.. Ne semble-til pa.-. que ce soit une chasse.

JUSTIN

Monsieur , j'ons arrangeai les bateaux.

FHANCHEV?LLE.

Cela ne me regarde pas. La pèche est un amusement trop innocent pour moi 5 ]'irai faire ma tournée , et je les rejoindrai dans fisle. Dis donc , Agathe, c est demain le grand jour , ma chère. Tu dois être contenie de mon mariage , de tels évènemens conviennent toujours aux intérêts des bous serviteurs.

AGATHE

Monsieur . l'espérance qne mon maître en sera moins malheureux , me le luit souUdiier plus ardemment encore.

JISTIN.

Oui , monsieur , Tespérance que...

FPANCHLVIf.LE.

Taîs-toi nigaud. Cest aussi ce quo j 'espère. Lorsqu'il (il l'acqu'.sition de ce château , qui borne mes domaines , j'eus avec lui quelques relations dintérét. Nous fumes si contens l'un de l'autre , nous nous entendîmes , nous nous coïivînmes tellement , que , de simpies voisins , nous devînmes amis intimes. Il y a onze ans de cela , et depuis ce temps , je n'ai pu lui arracher le secret de sa douleur. Tant que je n'ai été que son ami , j ai du le respecter , mais quand je serai son gendre , je prétends bien, morbleu ! tout savoir.

AGATHE

Vous êtes bien épris de mademoiselle Cécile.

( 2. ) FRANCHEVILLE

Epris , n'est pas le mot qui convient à mon âge 5 je l'aime de iionne et franche amitié , je veux son bonheur , et je crois pouvoir le faire, si elle n'est pas trop exigeante. Dormesson a pris la ferme résolution de ne pas retourner à la ville , il faut un é|)oux à sa fille , il n'y a ici que des paysans, je porte la seule figure humaine qui soit à dix lieues à la ronde, et j'ai besoin d'une héritière. Jusqu'ici mon goût pour findépendance , m'a empêché de me marier 5 mais je trouve une femme jeune, aimable , trop riche, fille de mon meilleur, de mon seul ami , et toutes ces considérations me conduiront demain , à cinq heures du matin , dans l'église du village.

AGATHE

J'entends, il n'y a pas d'amour de voire part.

FRANCHEVILLE

Cependant ma femme ne se plaindra pas.

JUSTIN

V'ià la compagnie !

FRANCHEVILLE

Tant mieux , car j'ai faim,

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