‹ M. Benoit; ou, L'adoption; drame historique en trois actes, en proseChapitre 38 sur 56 · D0RIM[ESS0N · texte numérisé non relu

D0RIM[ESS0N

Il est parti.

FRANCHEVILLE

Parti!... Et tu Tas voulu I /

LOR.IÎESSON.

Oui.

FRANCHEVILLE

Sitôt !

DORME s s OW. ^

Il le fallait.

FnANCHEV'fLE. j

Si c'est mon mariage qui t'a déterminé à l'éloigner si promptement , tu as eu tort.

Poirqiloi ?

FRANCHEVII.LE.

C'est que je n'e'pouserai pas ta fîlle, par la raison que...

D0RMES50N.

Ne clierclie pas d'excuses, ta résolution me convient. J'ai pris un parti-,

FRANCHEVILLE

Lequel ?

DORMESSON.

Il faut aussi nous quitter.

FRANCHEVILLE

Nous quitter !.. où donc en est la nécessité? DORMESSON.

Persécuté par le destin , tu vois , et j'ai la triste certitude que je ne serai jamais heureux ici j un seul coup a détruit toutes mes espéraiices , ton ami a tout perdu 5 il ne lui reste qu'une fille qui déjà ressent les effets de sa fatalité, et toi que je crains tous les jours d'entraîner dans mon sort. Je réalise et je m'expatrie encore une fois , mais sans retour.

FRANCHEVILLE

Autre folie !

DORMESSON.

Non , j'y suis déterminé.

FRANCHEVILLE

Eli: quoi, rompant ainsi les liens qui t'attachent à la société , oublinnl les heureux que tu peux y faire , les amis que tu vas désoler, ta fille enfin qui ne supportera pas ton absence, m veux nous ravir ces heureuses qualités qui t'ont fait adorer, cette ame noble, généreuse, cette rare verl'.i dont l'histoire offre peu d'exemples! Non, Dormesson, lu n'es pas ton maître, et'^e m'opposerai de tout mon pouvoir, à lexéculion de ce projet insensé.

DORMESSON.

Mon ami , je suis reconnaissant de l'opinion un peu exagérée que tu as de moi -, je te sais gré de ton zèle ; mais tu me connais , il ne me fera point changer. N'exige pas que je te dise tout ce qu'il m'en coûtera pour me séparer de toi... Ce parti est nécessaire^ et tu l'approuveras, si lu m'aimes.

FRANCHEVILLE

Non , à ce prix , je n ai plus d'amiiié pour toi.

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