‹ M. Benoit; ou, L'adoption; drame historique en trois actes, en proseChapitre 4 sur 56 · VOL>-Y · texte numérisé non relu

VOL>-Y

jt: n'ai pas besoin de vous recommander de ne me rien apprendi'e que vous n'y soyez autorisé.

VALINC;iURT.

Je respecte mes devoirs autant que je vous honore , mousieur le duc.

YOLNY.

Je vous écoute.

VALINCOURT

Remplissant , il y a deux mois , mes fonctions auprès de Sa Majesté , je reçus d'elle-même , et dans le plus grand secret , un paquet scellé de ses armes , avec injonciion de me rendre sur le champ à Livourne, où je devais seulement ouvrir ma dépêche et connaître son molif. J'obéis^ le quatrième, je lus mon ordre. Il portait, en substance , que j attendrais dans ce port , l'entrée du vaisseau le p^ictorieux, arrivant de Corfou et portant un général , dont j'avais à peu près le signalement ; que je recevrais ce vieillard avec distinction ; que je l'amènerais secrètement à Lunéville , où je le remettrais entre vos mains, en vous faisant le récit que vous venez d'entendre.

VOLNY.

Le Roi vient de m'en parler. Ses calculs étaient justes , car il vous attendait aujourd'hui même. ( u4 part ). Un vieux général venant des isles de l'Archipel.

VALINCOURT

J'arrive à Tinstant à Lunéville avec mon compagnon de voyage ; il attend dans la galerie que je vous aye fait part de mon obéissance, et je suis moi-Uiéme prêt à vous Famener, aussitôt que vous daignerez , monsieur le duc , m'en témoigner le désir.

VOLNY.

Je reconnais votre zèle ordinaire , Valincourtj j'en rendrai compte avec éloge , non parce que vous êtes mon neveu ( je

ne connais de distinction qne le mérite ) mais parce que dois.

VALir.COURT.

Vous étiez informé de cette affaire ?

YOLNY.

Jusqu a ce moment le Roi ne m'en avait rien dit.

VA LIN COURT

Se peut-il I vous m'ctounez!

VOLNV.

Pourquoi donc? cela n'est que sage. Dans le rang où le ciel l'a placé, pour le bonheur de tous, une indiscrétion peut devenir une faute.

VALINCOi:HT.

Je ne sais pas plus que vous , monsieur le duc , quel est ce mystère , mais je le trouve surprenant.

VOLNY.

Lorsque moi , le ministre immédiat de ses volontés , je ne m'en plains pas , vous ne pouvez vous en étonner. Son destin est do commander , le nôtre de lui obéir , nous taire. VALlNCOURT , ai^cc transport.

Et l'aimer !

VOLNY.

Quant à cela , ce n'est plus un devoir • il nous en a fait un besoin et vous l'éprouvez comme nous. Peut-être une récompense brillante vous attend 5 mais quelle qu'elle soit, elle ne sera pas au-dessus de vos services.

YALIN COURT.

Je niai fait que mon devoir. Réussir à l'armée , c'est de la fortune. Le titre- d'aide-de-camp de Sa Majesté , m'a trop récompensé 3 avant tout , j'ai voulu me montrer digne d'un parent tel que vous.

YOLlN'Y , préoccupé.

D'un parent ?

VALlNCOURT.

Je suis votre neveu

Ah!., oui... j'étais distrait. Pardonnez...

VALlNCOURT.

Dès le berceau , j'ai perdu mes parens3 vous êtes toutr» famille , il faut bien mériter vos bontés.

VOLNY.

parlons pas de cela. Mon cher neveu , je désire que tous nous suiviez à la chasse j j'en demanderai la permission.

VALirs'COLRT.

Quoi , mon oncle , vous n'oseriez prendre sur vous celte bagatelle !.

VOLNY.

Valincourt, nous vivons dans un monde où tout est important 3 un mot , un geste , une pensée peuvent avoir des suites. D'ailleurs , c'est en n'abusant de rien , qu'on acquiert des droits à demander les choses justes. Mes principes sont sévères , ils vous font peur, d'autant plus qu'ils contrastent avec votre caractère léger , mais sensible , frivole , mais charmant. Rassurez-vous, (bas), je suis comme cela avec tout le monde.

VALI^ COURT

Mon cher oncle !

yOL^Y.

Si , comme je l'espère , vous êtes de la partie de chasse , songez bien à vous observer, afin de ne commettre aucune indiscrétion, aucune inconséquence. Vous savez quel est le but de ces courses lointaines; la chasse en est le prétexte, et le bonheur du peuple , la cause. Dans ces occasions., on ne saurait être trop prudent; car le Roi a toujours des projets , et il faut craindre d'en troubler la pensée. C'en est assez sur ce point. Retournez auprès du vieillard que vous avez accompagné, et présentez-le moi.

VALINCOURT, saluant.

J'y vais , monsieur le duc. ( A part ). J'ai été fort raisonnable; cest rare.

SCÈ^E V.

Le duc de VOLNY.

Ce mystère serait inquiétant pour tout autre que moi ; mais

^ m'allarme point, il n'a pas oui)lié de m'en faire part , il

'ient de tout. Ah! j'ai du moins la certitude que, si je

. personne autour de lui n'en est informé. ( il ré/lé-

militaire venant de Corfou !.. Je ne vois pas... (auec

^'effroi), si c'était... oh ! non... quelle apparence?

( lO

Cependant , je l'ai souvent pensé. Mais ce jeune Valincourt qu'il a voulu que j'élevasse comme mon neveu... sans que personne sache encore... ni moi-même quel est-il?.. Sa santé languissante , à l'époque où il me fut remis , m'a fait quelquefois soupçonner... Que sera devenu cet infortuné Dalainval?,. Ah! qu'importe le motif de ce secret? il ne peut être que grand, honorable , utile; les flatteurs ne l'ont pas connu; ils n'ont pu séduire le cœur qui le renferme , et je m'abandonne en aveugle au dévouement que je lui dois.

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