M. TENOIT
Eh! bioD , que faul-il davantage?.. Allons, tendez-lui les bras , prcsS(Z-le sur votre cœur , et quand vous aurez encore une ibis senti le bien que cela fait , vous n'y voudrez plus renoncer.
DOI^MESSON.
IVon , le sacrifice est consommé.
Vous allez donc poursuivre votre dessein , éloigner votre fils , et partir après lui ; quitter des lieux où vous trouveriez du moins queUjue cousolaiion , el tout cela , par l'effet d'une résolution sans courage , peut-être.
DORMFSSON.
Celui-là ne dépend pas de moi.
ERNEST
Plus d'espérance !
Monsieur Dormesson , souffrez que je vous démontre...
FRANCHEVILIE.
Ali ! monsieur , épargnez-vous les frais d'un long discours. Dormesson s'est refusé à sa fille , à moi , son seul ami , et ce n'est pas, je pense, pour céder à vous , un étranger, fort galant homme assurément , je ne dis pas le coulrajre , je ne vous connais pas; mais (ju'il n'a vu que depuis ce maliu. Au reste , je sais comme il est , le Roi lui-même ne le persuaderait pas.
Ah ! c'est autre chose !
DOhMESSUN.
Dans ma cruelle situation , il ne peut rien pour moi.
Eh ! eh !.. les rois peuvent beaucoup !
FRA ISCHEVILLE , has au chevalier.
Monsieur, ressuscitent-ils lés morts?
Ma foi !.. je n'en jurerais pas.
FRANCHEVILLE, à pan.
Ah! je vois ce que c'est!.. {Il fait si§ne que monsieur Benoit n'a pas la. tête à lui ).
DORMESSON.
Monsieur, veuillez m'eicuser de vous quitter ainsi , j'ai fait
prendre des mesures pour que vous et tous vos amis, soyei
dans ma maison, aussi bien que si je n'en sortais pas; vous
pouvez y demeurer autant que son séjour vous paraîtra agréable.
M. BENOIT , les retenant.
Monsieur Dormesson , ]'oserai persister dans ma résistance..;
FRANCHEVILLE
Et moi , monsieur , j'oserai vous dire qu'elle est fort déplacée. Vous restez ici avec vos camarades, on vous y promet tous les soins possibles, vous y serez... je ne dis pas comme chez vous , je sais qu'il y a un peu de différence...
Vous savez !..
FRANCHEVILLE
Ne nous fâchons point , pauvreté n'est pas vice , et ce n est pas cela que je veux dire, monsieur Benoit; mais, de grâce, laissez les gens libres de leurs actions. Je n'approuve pas plus que vous ce voyage; j'ai dit , à ce sujet , tout ce que je pense à mon ami ,et maintenant je lui cède, ne pouvant faire mieux,
DORMESSON.
Une plus longue explication deviendrait pénible , je vous supplie de m'en épargner la peine. Francheville , ma fille, 5uivez-moi.