‹ M. Benoit; ou, L'adoption; drame historique en trois actes, en proseChapitre 52 sur 56 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Le théâtre représente une salle dû palais du calife. L'empereur est assis sur un divan. A côté de lui et a sa gauche le prince Babekan. OiSciers du calife, etc. , etc:

Choeur.

Honneur a notre souverain ! Croyans , prosternez - vous! Maudits soient les infidèles qui oseraient lui résister !

Le Calife. Silence! { A Babekan.) Prince, voici l'heure qu'Allah a prescrite pour le mariage de ma fille Resia.

Babekan. Commandeur des croyans, mon impatience est a son comble. De grâce , ordonnez que la cérémonie commence à l'instant.

Lfe Calife. Amenez la fiancée.

(On/tire des rideaiîx de chaque côté du divan. De jeunes

filles prccccIcDl la princesse , qui cnlrc accompiignce d&

Fatime , et suivie de plusieurs esclaves,) Resia. se plaint à Fatime de Tabandon de Huon. On entend un cliquetis d'armes qui annonce l'arrivée de celui qu'elle attend. La princesse se précipite dans les bras de son amant. Babekan, en fureur, tire son sabre et attaque Huon : celui-ci, d'un coup <le son épée, l'étend mort a ses pieds. Les esclaves, d'après l'ordre du calife, veulent se jeter sur Huoti , qui, au même instant, sonne doucement du cor d'ivoire ; alors, tous, excepté lui et Jasmin, restent immobiles dans la même position. Ils profitent de ce moment; Huon emporte Resia , et Jasmin sa suivante. {Ils sortent.)

Scène ii. ( Jardin du palais. Les quatre Sarrasins que l'on a vus au premier acte. ) Ils racontent les bruits de la ville. — Un sorcier français a fait vœu d'enlever la princesse sur un dragon ardent. Apercevant Huon et Jasmin qui viennent de leur côté , ils se placent en embuscade , et a l'approcbe du chevalier, ils se précipitent sur lui. L'un d'eux lui arrache son cor et en tire des sons extrêmement aigus, croyant que, par ce moyen, lui et ses camarades seraient Secourus. Tout-a-coup la scène s'obscurcit, le tonnerre gronde et Oberon paraît.

Air.

Oberon (à Huon). Tu as tenu ta parole de chevalier. Je suis content; Resia est a toi. Mais avant que de l'emmener dans ta" patrie, dis-moi, Resia, abandonnes-tu tes richesses, ton trône, pour devenir l'épouse de cet aventurier? et quelque soit ton sort le partageras-tu avec lui sans murmurer? Réfléchis avant qu'il ne soit trop tard! Si cet engagement l'effraie, parle; cette illusion d'amour disparaîtra. Le passe est oublié, et le calife te pressera dans ses bras. Tu seras encore la reine de la beauté et de l'Arabie.

Resia jure de suivre partout son chevalier, et Huon lui donne Sa parole de lui garder une fidélité éternelle.

( Oberoî^ secoue sa branche de lys, les nuages qui l'enveloppaient disparaissent , et l'on aperroit un port dé mer. Un ▼aisseau est a l'ancre).

Oeeron {à Resia et Huon). Ce vai.sseau part pour la Grèce ; émbarquez-vous a l'instant. Quoiqu'il vous arrive, n'oubliez pas

cjn'Obcron est votre ami et le sera aussi long-temps que vous en serez dignes.

(i? disparaît, Huon sort avec Resia. )

Jasmits" assure Fatime de sa tendresse, lui promet de l'cpouscr. ÏI l'instruit des usages de France. Falime trouve très-mauvais qu'il ne soit pas permis a un homme d'avoir plusieurs femmes. Jasmin prétend que, parfois, c'est déjà trop d'en avoir épousé une, puisqu'onTn'est pas autorisé a s'en débarrasser lorsqu*^elle est d'un caractère acariâtre. Qu'il ne serait pas cependant maladroit d'introduire en France les petits cordons de soie et autres instrumcjis qui pourraient engager les femmes a être plus douces et plus Soumises. Après quelques gentillesses de cette espèce , Jasmin finit par demander a Fatime si elle l'aime , si elle lui sera fidèle.

Air.

Fa-Time. — Je suis Tenfànt de la tranquille Arabie , la fille des déserts : ]<; ne connais pas la feinte , et jamais je ne troublerai la paix du cœur de celui qui m'aura donné amour et asile.

( Huon et Resia rentrent. )

HcoN. Partons ! Le vent est favorable ! Je suis empressé d'être 'a genoux devant le trône du grand Charlemagne. Je ne demande au ciel que cette douce vengeance.

Huon et iksum {ensemble). Astre des filles de l'Arabie, veux-lu^ traverser ces vagues avec moi? Parle, veux-tu venir?

Resia et Fa. TIME {ensemble). Les Ilots seraient sans fin , que la fille de l'Arabie te suivrait sans crainte.

QOATUOR.

A bord î a bord î le ciel est pur , le vent est bon '. vos cœurs soMt fidèles et pleins d'espérance.

( Ils sortent. )

Page 1