‹ M. Benoit; ou, L'adoption; drame historique en trois actes, en proseChapitre 54 sur 56 · Scène v. ( Grotte sur le bord de la mer · texte numérisé non relu

Scène v. ( Grotte sur le bord de la mer

HuoN ouvre les jeux. Resia , ma bicn-aimée î bonté du ciel!

Dieu! écoute ma prière! Épargne cette tendre fleur, et si «Quelqu'un doit périr , que ta main s'appesantisse sur moi seul !

Resta, ouvre les yeux et reconnaît Iluon. Transports des deiwc amans. Le chevalier ne sachant où trouver un asile et de la nourriture, accuse Oberon. Au mcme instant le gobelet enchanté est rejeté parles vagues. Resiale porte à ses lèvres et se sent fortifiée par le breuvage qu'elle vient de prendre. La vue du gobelet rappelle a Huon que son fidèle Jasmin, a qui on avait fait ce présent, doit avoir trouvé la mort , ainsi que Fatime avec qui il s'est élancé dans les flots. Huon sort pour cherchefr des secours, puisque la perte de son cor d'ivoire l'en a privé.

Air.

Resiâ (seule).- Océan! tu ressembles aux serpens! tu entoures toute la terre! ton aspect est l'image de la grandeur lorsque tu dors paisible ; mais quand tu es en fureur, c'est la destruction*, la mort que tu nous représentes! Que vois-je sur tes vagues ccumantes!... un vaisseau qui marche sans obstacles!.. O bonheur! Huon, nous sommes sauvés !

( Abdalah entre avec les pirates , et leur ordonne de s'emparer de Resia qui appelle son amant a son secours. 11 accourt, maïs les pirates se précipitent sur lui et le jettent par terre a demijmort. Abdalah veut le percer de son épée; Resia demande sa grâce, qui lui est accordée par le pirate , parce qu'il pense que Huon mourra de faim et de soif dans ce désert. Les pirates cm--

|)ôYtent Resia. Après leur départ, Obcron descend des nues sur tm char traîné par des cygnes. )

Oberon (sort du char). Pauvre mortel', quelle douleur i'éprouve de te faire subir une si cruelle épreuve; mais reste fidèle! chaque minute de souffrance sera récompensée par une année de bonlicurî-

( Il appelle Puofc, qui paraît àVinslant. )

ObeAon ( à Puok). Yeillc au repos de cet enfant, jusqu'à ce que le soleil se soit levé sept fois. Alors les pirates seront dans la baie de Tunis. Tu porteras de suite cet homme dans la même ville. Tu le placeras a la porte d'Ibrahim, le jardinier. Tu le réveilleras.

Puok. Grand roi des Fées ! j'accomplirai tes ordres.

Je vais lui élever un berceau sur ce rivage aride pour que 1« soleil ne l'incommode pas.

(// secoue sa baguette. Un berceau dejleurs s'élive. On entend te chant des sjrènes dans les coulisses. )

Cha.nt.

i«"«. Syrcne. Sur l'onde tranquille, on vogue légèrement; les étoiles commencent a paraître; le zéphir est doux, la vapeur légère. Les boucles de nos cheveux se sèchent.

2«. Syrène. Sur l'onde solitaire , nous nageons tranquillement a l'heure où tout repose ; le doux murmure du vent léger sèche les boucles dorées de nos cheveux.

Oeeron et Puok. Accourez, génies! dansez aux sons mélodieux de ces nymphes! réjouissez-vous!

(La lune éclaire la scène; des génies paraissent.) Choeur des Syrèxes.

Lorsque la lune répand sa douce clarté sur l'onde , livronsnous a la joie ; dansons sur le rivage.

Fin du deuxième acte.

Page 1