ACTE III
Scène première. ( Le théâtre représente la maison du jardinier Ibrahim. ) Fatime, habillée eu esclave, se plaint de sou soit. Elle vou*
KO
drait avoir partagé celui de sa maîtresse qu elle croit engloutie au fond de la mer avec son bien aimé Huon. L'espérance ne l'abandonne cependant pas entièrement. Elle a vu sa maîtresse en songe. Elle en conclut que c'est d'un heureux augure.
Jasmin , vêtu en esclave , entre et remercie son bon génie de les ^voir fait tomber entre les mains d'un homme généreux qui ne les a pas séparés. Il pense que leurs maîtres n'ont pas succombé pendant le naufrage, qu'ils auront trouvé cpielques moyens de salut, quoique le cor d'ivoire soit resté dans les jardins de Bagdad , et que la coupe soit maintenant remplie d'eau salée. — Consolons-nous, ma petite Fatime I allons 1 a l'ouvrage! Les beaux jours sont passés.
Atr.
Toujours gai, au printemps de la vie, ne craignant ni coups ni cliutcs , évitant le travail, aimant le vin et les jeunesfiUes , comme les jours passaient sur les bords de la Garonne!
S'ils pouvaient revenir ! Mais nous sommes esclaves , du moins nous ne sommes j^as séparés !
Ensemble.
Soyons donc gais î Chantons ! Aimons-^nous , bêchons la terre comme ont fait Adam et Eve.
( Ils sortent. Piiok descend des nuages avec Huon. )
PuoK. Le soleils' est levé sept foisdeptiis que ta es séparédé ta^ bien-aimée , depuis que tes yeux sont fermés a la lumière. Maintenant réveille-toi : je retourne au pays des Fées.
( Il disparaît, )
Jasmin sort de la maison et reconnaît son maître. Il lui dit" qu'il est a Tunis, ainsi que Fatime; que sur le point de périr dans les flots , ils avaient été secourus par un corsaire qui , à son arrivée en cette ville , les avait vendus au jardinier Ibrahim. Désespoir de Huon de ne pas retronver sa maîtresse. Fatime survient et leur annonce qu'un capitaine de corsaires a présenté a l'émir une femme d'une beauté ravissante; que cette femme , d'après le portrait qu'on lui en a fait , ne peut être qne Resia. Elle conseille a Huon d'attendre une occasion favorable pour délivrer sa maîtresse. Jusqu'à ce moment , il faut qu'il se décide a rester esclave d'Ibrahim et a travailler dans les jardins.
Ils implorent tous le secours des esprits invisibles qui ne les oiU jamais abandonnés.
SciiNE m. (Appartemeiildaiis le liaieni de l'cniir.)
Xlma-nzor demande î» l'esclave qui le suit si , d'après ses oi'dres, l'clrangère a été bien reçue dajis sa maison. — Amène-la ici. — {L'esclave sort.)ie veux admirer encore ses beaux yeux, entendre sa voix aussi douce que le son de la cloche du paradis de Mahomet. — Elle vient! je veux contempler ses grâces sans être vu. (// se relire â V écart.)
Air.
U^sfA.. Rïoti co?Ur est en deuil du bonheur passe. Le chagrin , les pleurs , sont mainteniint mon partage. Vous , que l'espérance berce de ses rêves , prenez-garde 1 Un nuage peut vous envelopper, l'avenir alors vous paraîtra effrayant. Votre cœur sera comme le mien, desséché par le vent du désert.
Alm.vnzor s'avance , offre des consolations à RIesa. Plaisirs, richesses , elle refuse tout. L'émir espère que le temps dissipera Sa mélf^Hcolie et qu'alors la priuccss-e ne sera pas insensible a sonainour.
• Resia se relire. Rosclînrta entre et adresse dès reprocîifïs a AImanzor sur sa froideur. Le prince l'accable de dédains et lui ordonne de ne plus parakrs devant lui. Fureur de lloschana , qui j«re de se veagcr.