DE B O U G R K L O N
Il faisait même un froid de canard, et de canard sauvage, et les nombreux skliiedams que nous avions sifllcs dans tous les caveaux de Calver straat ne nous avaient guère ragaillardis, — il y a des jours comme cela dans la vie, — et nous déambulions sous la bise de janvier, maupiteux et tristes, quand une singulière enseigne nous émers'eilla :
Café Manchester. — C'était, dans une de ces rues uniformément blanches et noires d'Amsterdam, une vieille petite demeure à deux étages, mais très basse sous un énorme toit qui la coiftait depuis le pignon jusqu'au rez-de-chaussée presque. Elle semblait tassée sur
M. DE DO U GRELON :i
elle-même, comme rentrce Eous terre, car il fallait descendre cinq marches pour en trouver la porte, et l'unique fenêtre, large vitrage tout tendu de guipure, s'ouvrait presque au niveau du sol ; aux autres étages, c'étaient d'irréguliércs petites lucarnes à volets clos. Caft Manchester.
J.c logis était d'aspect falot; il avait même une poulie au faite de son toit pour y monter les denrées et les meubles.
Q.UC vendait-on dans ce café?
dans ce Cnfi Mavcheiltr où l'on parlait évidemment le français et l'anglais.
Le froid était vif, la maison équivoque, nous entrions.
" Prenez place, Messieurs,
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asseyez-vous, ces dames vont venir : Déborah, eh! Gudule, voici des messieurs français ».
C'était une vieille dame très vénérable, une grande capote de velours noir posée sur un bonnet de dentelle, une vieille dame à châle, à bracelets et à camées, et dans la petite salle basse c'était un pas de menuet, un sourire à grandes dents et, les genoux plies, trois révérences à plongeons.
Elles sont beaucoup moins bien en France ; quelle tenue !
quelle rèser\e et quelle distinction!... Kous avions pris place; ah! quel intérieur familial, la table astiquée et luisante, les meubles cirés à s'v mirer, les murs lavés,