PRÉFACE
ce déploiement de la force, un essor d'intelligence, un travail de la pensée libre, non moins rare en soi, et bien autrement utile au monde. C'est là ce que j'ai voulu reproduire dans les vies successives, ou opposées, d'un certain nombre d'hommes publics, auxquels l'Europe a dû son indépendance, et la France sa liberté.
Les noms de ces hommes se désignent d'euxmêmes; ils éclatent à tous les yeux; ils sont présents à tous les souvenirs. Ce sont les noms de ceux qui, dans cette époque féconde en grands événements, ont le plus agi sur la pensée de leurs contemporains et qui, surtout en France et en Angleterre, ont le plus contribué à répandre les idées de justice et de liberté, à élever l'esprit des peuples, et à leur faire maintenir ou souhaiter des Institutions régulières et généreuses. A ce point de vue, sans doute, et dans cet ordre d'influences, il ne fallait pas séparer le grand écrivain de l'orateur, le spéculatif du politique, le député du ministre gouvernant, toutes les fois que, sous des formes diverses, le but avait été noble et noblement poursuivi. Ce sont ces supériorités différentes, mais analogues, ces niâmes d'élite de la société polie, qui m'ont paru se réunir et se rangei* d'elles-mêmes sous cette seule idée : La Tribune moderne^ l'action de l'intelligence sur l'opinion. A l'époque où cette action était la plus fréquente