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avancée et qu'il paraisse déjà des glaces dans le fleuve, toutes les petites rivières étant prises. Nous aurions été bien heureux si les onze navires que nous apprenons être partis de La Rochelle pour ce pays y étaient arrivés à bon port. On pourrait dire que cette année aurait été complète en toutes sortes de bonheur.
Vous m'aviez ordonné, Madame, de faire le détail de tout ce qui se passerait ; Je ne sais si cette relation sera de votre goût, mais elle est sincère : c'est la seule bonne qualité que j'ose lui donner,
Je serai bien payé de mes peines si
ce petit travail vous est agréable, et
sil peut ajouter quelque chose aux protestations que Je vous ai toujours faites, d'être, avec un profond respect, Madame, Votre très humble
et très obéissant serviteur,
LR 27 di à
L'ouvrage fameux du récollet CHRES- TIEN LE CLERCQ, PREMIER ETABLISSE- MENT DE LA FOY DANS LA NOUVELLE- FRANCE, reproduit 2# extenso la Lettre de Monseignat relative au siège de Québec en 1690.
En histoire, comme en mathémati-
ques, il existe des quantités négliveables. Ainsi, quand Le Clercq nous dit que la flotte anglaise se composait de 35 voiles au lieu de 34, Je ne corrige pas ; Je ne rectifie point davantage pour les cerf hommes (selon Monseignat) ou les séx-vinets hommes (suivant Le Clercq) qui partirent avec Vaudreuil, le matin du 15 octobre, à la rencontre de l'ennemi. Peu mimporte encore que les sauvages hurons, visitant le camp abandonné de Walley, y ramassent 50 où 60 boulets. Ces variantes sont absolument insignifiantes et ne valent pas le soin d'être signalées.
Toutefois, comme la relation francis-
caine parle de faits et de personnages
ignorés de Monseignat, je crois de mon devoir de publier ici, en complément du rapport offciel, les extraits qui s'y rattachent.
Ainsi, racontant la visite de Frontenac aux postes de Québec, “ qu'il trouva en bon état par les ordres et la diligence de M. le Major ”, Chrestien Le Clercq nous rapporte que “ les sieurs d'Esquerac, capitaine, et De Villebon, ci-devant capitaine de dracons, y avaient aussi donné tous leurs soins: ce dernier était venu de l’'Acadie, par les bois, à Québec.” Il donne aussi le nom de l'officier commandant le bataillon de troupes qui assura la
retraite à l’escarmouche du 18 octobre.
de
Cet officier se nommait le sieur de Crusel. Il nous apprend encore que les sieurs de Longueuil, de Sainte-Hélène.
de Moncarville, d'Oléançon, de Repentigny, et d'autres Français. prirent part à l'engagement du 20 octrbre, et que le marquis de la Grois était présent avec Villieu, De Cabanac et Duclos de Beaumanoir au combat du lendemain, le samedi 21 octobre. Nous connaissons enfin par lui le nom de baptême du sieur de Vieuxpont, blessé au bombardement : Godefroy de Vieuxpont.
“ Le style, c'est le substantif ” à dit quelque part M. l'abbé Casgrain, cau-
sant littérature. Je pourrais, imitant
cette laconique définition, répéter après
lui : “ l'histoire, c'est le nom propre”
Mais il y a plus que des noms de
personnages à tirer de la relation de
Chrestien Le Clercq; nous avons des
faits et des événements nouveaux que
les extraits suivants feront connaître et
rentrer dans l'histoire ‘u siège de
Québec en 1690.