‹ M. de La Colombière, orateur historique d'un sermon célèbre [microforme]Chapitre 22 sur 27 · CE FUT ENCORE M. DE LA COLOMBIÈRE QUI PRÊCHA AVEC UN NOUVEAU ZËLE SON · texte numérisé non relu

CE FUT ENCORE M. DE LA COLOMBIÈRE QUI PRÊCHA AVEC UN NOUVEAU ZËLE SON

TRIOMPHE. Il fit voir combien nous lui

‘* mistakably the result, as Increase Mather told them in ‘a sermon—and perhaps believed—of fe ay in which, during the fitting of the fleet, they had carried ‘“oundles on the Lord's Day, and done other servile ‘6 qvork ” !

Cf: Warrative and Critical History of America — Vol, V. page 109.

RETATION DE J.-F, JUCHEREAU DE LA FERTÉ. 259 étions redevables et à quelle fidélité ce bienfait nous engageait. Comme ous ses auditeurs étaient dans des Éransports de joie el qu'ils ne doutaient pas que le ciel ne s'en fil mélé, sa Prédication fut écoulée el suivie de £rands applaudissements, et la dévotion envers la très sainte Vierge fut mieux établie que Jamais.

On ne parlait que de cette merveille opérée en notre faveur. Les poètes épuisèrent leur verve pour rimer de toutes les façons sur ce naufrage. Les uns étaient historiques et faisaient

agréablement le détail de la campagne

des Anglais: les autres Satiriques et

260 SIÈGE DE QUÉBEC, raillaient sur la manière dont ils s'étaient perdus. (1)

Le Parnasse devint accessible à tout le monde; les dames même prirent la liberté d'y monter. Quelquesunes d'entre elles commencèrent et mirent les messieurs en train: non seulement les séculiers, mais les prêtres

et les religieux faisaient tous les jours

(1) En voici un spécimen :

CHANSON COMPOSÉE PAR M. JUCHEREAU DE MAURE Sur l'air: A4! que de besogue à leur fusée Ælle est mélée, etc, Ouacre (Walker) Vèche { Fr£c2) et Neglesson Vicholso 2.) Par une matinée, Prirent résolution De lever deux armées.

OA ! que de be OL etc.

RELATION DE J.-F, JUCHEREAU DE LA FERTÉ, 261 ent à SR. r

des pièces nouvelles. Nous chantons

encore avec plaisir (1) des cantiques

à SR di -x ER

composés, en ce temps-là, à la louange )r1- D:

| de notre Reine victorieuse.

1eS- |

M. de Beaumont partit au commen et

cement de novembre, Il emmena 1on :

monsieur Raudot, le pére, qui ne manres | de 0 " qua pas de rendre témoignage, en UrS

Prirent résolution De lever deux armées ;

AU L’une, partie de Boston,

Sur cent vaisseaux portée.

Où ! que de besogne, etc L'une, partie de Boston :

Sur cent vaisseaux portée ; Les plus beaux ont fait le plongeon Dedans la mer salée !

(/ ‘ 21 14] Se, ele.

1) Ceci a ét Te entre les années 1713 et 1723

France, de la merveille arrivée en Canada. Il en était si charmé qu'il ne pouvait se lasser d'admirer la Providence. Nous restâmes sans Intendant pendant une année,

Plusieurs particuliers de Québec,

Les plus beaux ont fait le piongeon Dedans la mer salée.

La plus belle, Neglesson

Ne l’a pas amenée.

O} ! que de besogne, elc.

La plus belle, Neglesson

Ne l'a pas amenée ;

Elle avait mal aux yeux, dit-on, Craignait trop la fumée !

Oh ! que de Lesogne, etc.

Elle avait mal aux yeux, dit-on, Craignait trop la fumée Des mousquets et du canon,

De la mèche «: :umée !

(27 que «de bésogne, elc.

poussés par un mouvement de piété, voyant que jusqu'alors on s'était contenté de parler du naufrage des Anglais et de faire des chansons sur leur mal.

heur, jugèrent que, pour marquer la reconnaissance que l'on devait à la

très sainte Vierge, il fallait établir Des mousquets et du canon, De la mèche allumée !

—“ Is reviendront, dit Pigeon, Dès la prochaine année ! ‘

O} ! que de besogne, ele.

Noël Juchereau de Maure était le frère de la célèbre hospitalière historien Juchereau de Saint-Ignace, et neveu du vieux seigneur de Beauport, le vaillant Nicolas Juchereau de Saint-Denis, qui eut l'honneur d'être blessé, en 1690, au premier engagement de la Canardière.

Détail comique, j'ai copié cette chanson-là dans un vieux livre de prières. Quelque enthousiaste religieuse de l’époque l'aura sans doute trouvée si belle qu elle l'aura prise pour un cantique.

264 SIÈGE DE QUEREC,

quelque dévotion publique qui pât entretenir le souvenir de ce bienfait et l'apprendre à ceux qui n'en n'auraient pas été les témoins. 1 fut conclu, dans une assemblée considérable, que l'on ferait une quête dans Québec et aux environs pour faire bâtir le portail de l'église de la basse ville, à qui on donna le titre de Wofre-Llame des Victoires, afin que ce monument de notre gratitude pût attirer sur nous de nouvelles bénédictions. On fonda des messes du Saint Sacremerit très solennelles les sept mois de l'année où il n'y a point de fêtes de la sainte Vierge, afin qu'il y en eût douze par an. en comptant

celles que messieurs de li Congréga-

tion fondèrent après le siège des Anglais —(1690)—tous les lendemains des fêtes de Notre-Dame. Le Cawlemus (1) devait être chanté à celles-ci comme un récit naturel de ce qui s'était passé dans le naufrage de nos ennemis, Cette seconde partie était ce qui plaisait davantage à tout le monde,

La quête se monta à six mille livres, chacun s'étant porté à donner selon

ses moyens et même au-delà. Pour

(1) C’est le cantique de Moïse: Cantemus Domino :

gloriose enim magnificatus est. ÆZquun et ascensorem

dejecit in mare Le grand miracle que Dieu fit au passage de la Mer Rouge par les Hébreux fut l'occasion de ce cantique. — ‘ Et Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer et la gra te puissance que le Seigneur avait déployée contre eux ; et le peuple craignait le Seigneur et crut en lui et en Moïse, son

serviteur.” —L'aralogie me semble parfaite,

SIÈGE DE QUÉPEC.

participer aux bonnes œuvres, nous donnâmes deux cents livres dans un temps où nous manquions de plusieurs choses nécessaires. On commença par chanter les sept grand'messes avec les cérémonies stipulées dans la fondation, ce qu'on a fait fort exactement pendant deux ans; mais depuis le retour de Monsieur de Québec ( A70u.

seioneur de Saint-Vallier), on a cessé de remplir cette fondation. Je ne sais

ce qu'est devenu l'argent destiné pour

l'église de la basse ville; 1l ne paraît

pas encore que l'on pense à y toucher.

Notre Seigneur ne laissera pas de nous tenir compte du désir que nous avons

eu de lhonorer et de remercier sa

sainte Mère, Nous continuons de chanter le Cantemus le second dimanche de chaque mois, parce que dès le mois de janvier 1712, que l'on nous parla de la fondation, pour nous conformer à la dévotion publique, nous convinmes, dans une délibération du Chapitre, que nous chanterions ce beau cantique une fois le mois et, de plus, le 3 septembre, où nous faisions une fête extraordinaire, parce que c'est dans la nuit qui a précédé ce jour (1) que Dieu a fait

(1) Le 2 septembre, d'après le calendrier grégorien. le 22 août, d’après le calendrier julien que l’Angleterre suivit jusqu'en 1752.

Fait bizarre, et bien digne d'être signalé, tous no

historiens canadiens-français, Garneau. Ferland, Laver-

dière, ont adopté la date du calendrier julien, et fixé

au 22 août le quantième de la catast üphe de l'Ile aux-

périr nos ennemis à nos portes. Nous devons être d'autant plus soigneuses de lui en rendre grâces que nous sommes peut-être les seules qui Île fassions, et qu'il semble que cette merveille, opérée en notre faveur, soit effacée de tous les esprits. On voit cependant à Montréal, chez les Sœurs de la Congrégation, la chapelle que les demoiselles de Ville-Marie avaient fait vœu de bâtir en l'honneurde Mofre-

Dame des Victoires. (1) Elles se sont Oeufs. De à je concius à l'influence unique d’un livre: le Yournal de Walker, dont ils se sont exclusivement préoccupés en étudiant ce tragique épisode, leur

aura joué ce mauvais tour,

(1) Cette chapelle existe encore. Elle est située sur la propriété des Sœurs de ia Congrégation Notre-

Dame, à la droite du passage qui conduit de la rue

us hdèlement acquittées de leur promesse ses et elles travaillent tous les jours à us l'orner.

le Tous ceux qui avaient vu les débris êr: des Anglais assuraient qu'il y avait de oit quoi charger plusieurs navires de très OIt bons effets. On crut devoir y envoyer Irs ramasser leurs dépouilles. Monsieur ue Duplessis, receveur des droits de Monnt sieur l’'Amiral, et Monsieur de Monseire- gnat, agent de la Ferme, frétèrent une nt

— Notre Dame à la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié Elle ’un porte, sur un marbre commémoratif, l'inscription eui- 18i- vante :

eur Notre-Dame de Victoire,

bâtie en mémoire de la destruction de la de flotte de Sir Hovenden Walker, a: sur lIle-aux-CEufs, 22

août 1711.

barque et gagèrent quarante hommes à qui ils donnèrent un aumônier et provisions de vivres pour aller passer l'hiver dans cet endroit, afin, qu'au printemps, ils tirassent tout ce qu'ils pourraient. Ils partirent en 1711 et revinrent en 1712, au mois de juin, avec cinq bâtiments extrêmement chargés. Ils trouvèrent un spectacle dont le récit fait horreur : plus de deux mille cadavres nus sur la grève, qui

avaient presque tous des postures de

désespérés. Les uns grinçaient des

dents, les autres s'arrachaient les cheveux, quelques-uns étaient à demienterrés dans le sable, d’autres s’em-

brassaient, Il y avait Jusqu'à sept

nes

femmes qui se tenaient par la main et qui, apparemment, avaient péri ensemble. On sera étonné quil se soit trouvé des femmes dans ce naufrage, Les Anglais se tenaient si assurés de prendre ce pays qu'ils en avaient déjà distribué les gouvernements et les emplois. Ceux qui devaient’ les remplir amenaient leurs femmes et leurs enfants afin de s'établir en arrivant.

Les Français prisonniers, qui étaient dans la flotte, y en virent quantité qui suivaient leurs pères ou leurs maris, et grand nombre de familles entières qui venaient pour prendre des habitations.

La vue de tant de morts était affreuse

et l'odeur qui en sortait était insu p-

orporaton

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SIÈCE DE QUÉBEC.

portable. Quoique la marée en emportât tous les jours quelques-uns, il en restait assez pour infecter l'air. On en vit qui s'étaient mis dans le creux des arbres, d’autres s'étaient fourrés dans les herbes. On vit des pistes d'hommes pendant deux ou trois lieues, ce qui‘fit croire que quelques-uns avaient été rejoindre plus bas leurs navires.

Il devait y avoir de vieux officiers, car on trouva des commissions signées du roi d'Angleterre, Jacques IT, réfugié en France, dès 1689. Il y avait aussi des catholiques, car, parrñi les hardes, il se trouva des images de la

sainté Vierge. On rapporta des ancres

d'une grosseur surprenante, des canons, des boulets, des chaînes de fer, des habits fort étoffes, des couvertures, des selles de chevaux magnifiques, des épées d'argent, des tentes bien doublées, des fusils en abondance, de la “aisselle, des fourrures de toutes sortes,

des «oches, (1) des agrès de vaisseau

(1) Même aujourd’hui—{anznée 1895)— les flots laissent parfois à découvert des canons et des pièces d’armure, souvenirs du terrible désastre. Durant notre séjour à la Pointe-aux-Anglais, on offrit à Monseigneur Labrecque, évêque de Chicoutimi, qui faisait alors sa première visite pastorale dans cette partie de son diocèse, une jolie cloche, d’une trentaine de livres, retirée de l'eau depuis quelques temps Cette précieuse relique, qui n’a pas trop souffert d'un séjour de près de deux siècles au fond de la mer, est maintenant au musée du Séminaire de Chicoutimi. On y possède aussi une baionnette très bien conservée, et une sorte d’écusson

en cuivre, portant le monogramme de la reine Anne,

et une infinité d’autres choses. On en vendit pour cinq mille livres. Tout le monde courait à cet encan: chacun voulait avoir quelque chose des Anglais. On y laissa beaucoup plus qu'on en put enlever; cela était si avant dans l’eau qu'il fut impossible de tirer tout ce qu'on vit. On en rapporta, deux ans après, pour douze mille livres, sans compter tout ce qu'on avait Ôté d'ailleurs. C'en fut assez

pour nous faire espérer que nos enne-

surmonté de la couronne royale. Ces objets proviennent, comme la cloche, du naufrage de 1711. L’écusson a été trouvé par le gardien de l’Ile-aux-Oeufs, M. Paul Côté.

L'abbé Victor Huard : Labrador et Anticosti, pages 109 &* 110

vienisson , M.

ages

mis ne nous attaqueraient plus et pour affermir notre confiance en Dieu,

CA7RER, A 7 pot lt Are. ant Jjnacr

(1) Ce précieux autographe de la célèbre hospitalière

a signature même de ses vœux de profession religieuse prononcés le 25 mars 1664.

a été relevé sur 1

LISTE DES VAISSEAUX COMPOSANT LA FLOTTE COMMANDÉE PAR SIR HOVENDEN WALKER (1)

L'Edgar, vaisseau amiral, 70 canons.

Le Szwiftsure, vaisseau de guerre, 70 ca.

nons.

Le Monmouth, vaisseau de guerre, To canons,

Le Dunkerque, vaisseau de guerre, 60 canons.

Le Montague, vaisseau de guerre, 60 canons.

Le Sunderland, vaisseau de guerre, 60 canons.

(1) Cf: Sir Hovenden Walker’s Youwrna/, Appendix, pages 267, 268, 269 et 270.— London, 1720.

Le Æumber et le Deronshire, vaisseaux de guerre de 80 canons chacun, que Walker avait amenés avec lui à Boston, n'ayant pas été jugés propres à remonter le fleuve, furent renvoyés en Angleterre, et le pavillon amiral fut hissé à bord de l’£dyar,

LA

Ca.

Ca-

Le Windsor, vaisseau de guerre, 60 canons.

Le Aingston, vaisseau de guerre, 60 canons.

Le Chester, vaisseau de guerre, 54 canons.

Le Léopard, vaisseau de guerre, 54 canons, L'Entreprise, vaisseau de guerre, 40 canons.

Le Saphir, vaisseau de guerre, 40 canons.

Le Feversham, vaisseau de guerre, 36 canons.

Le Leostof, vaisseau de guerre, 36 canons.

Le Neptune, (1) vaisseau de guerre, 10 canons.

TRANSPORTS Le Ph ( Etaient chargés du L'Ai . , | régiment coinman- TA os y dé par le général : ; | Hill, commandant

ho (vaisseau- en chef des troupes

| Le Success Pink (allège) | de terre.

(1) Le Veéptune était un petit navire français de La

Rochelle, jaugeant 120 tonneaux, armé de 10 canons et portant 70 hommes. I] avait été amariné par le capitaine Matthews quelques jours avant la réunion de l'Edgar et du Chester à la hauteur du Cap Breton.

Le Willing Mind, (mu

La Rose, Etaient chargés du régi- Le Zisle, + ment commandé par le L'Æappy Union, | colonel Kirk.

La Xeine Anne, (

La Résolution, |

Le Marlborough, |

Le Samuel, Le Faisan, Les Trois Martins, { Chargés du régi- Le Marchand de Smyrne, ment comman- Le Globe, dé par le colo-

Portaient les soldats du régiment commandé par le colonel Clayton.

| Le Samuel, U nel Kain.

f Chargés du ré-

Le Coichester, | giment com- Le Nathanael & Elizabet, mandé par le Le Samuel & Anne, lieutenant - gé- U néral Seymour.

Le George. Chargés du ré- L'Zsabelle-Anne-Catherine, j giment co m- Le Blenheim, mandé par le Le Chatham. | coi. Windresse, Le Plessing, L HE Le Fabre, Chargés du régiment

le colo- Les D Shér commandé par Le Sarah térifs, nel Disney. (1)

(1 Les sept régiments ‘commandés par Hill, Kirk, Clayton, Kain, Seymour, Windresse et Disney, étaient tous composés de soldats d'élite les vétérans de Marlborough, fleur de l’armée anglaise.

mm me 4 à à à SIR HOVENDEN WALKER,. 279

Le Rebecca-Anne-Blessing, (

Le Prince Eugène,

Le Dauphin, Vaisseaux de pro- La Marie. 4 visions, armés en L'Æerbin Galley, flûte.

Le Friends Increase, |

Le Marlborough, Û

Le John & Mary, Allègos ; aux ordres du Le Speedwell, général Hill.

Le Dauphin, f

L'Ælizabeth, | Allèges ; au service de l’ami- La Marie, ral Walker.

Le Samuel,

Le PBasilic, La Grenade,

x Sloop ; servait d’allège au Le Goodwill. | colonel Vetch.

Etaient chargés de bombes.

L'Anna, Le /oan & Sarah, J Ts les recrues de La Marguerite, | .

L'Anna, ) Le /eremian & Thomas, Les Barbades,

L'Aanchor & Hope, L'Adventure, | Le Content,

Le Dispatck,

Les Quatre Amis.

Le Francis,

Ces transports, fournis par les Etats de la Nouvelle - Angleterre

Le John & Hannah, et équipés à leurs L’'Henriette, frais, étaient char- Le PBlessing, gés des miliciens L'Antilope, volontaires for- Le Æannah & Elizabeth, | mant partie de Le Friends Adventure, l'expédition.

Le Xebecca, Le Martha & Hannah, Le /vhannak, L'Unity — (vaisseau

hôpital) Le Newcastle. J

Juchereau de Saint-Ignace porte à

trois mille le nombre des Anglais qui

périrent sur les récifs de l'Ile-aux-

Œufs. Si cette statistique eût représenté le total des pertes de vies encourues sur la flotte pendant la durée entière de l'expédition, je l'accepterais peut-être, malgré qu’elle me paraisse encore fort exagérée. Mais appliquée

seulement à la catastrophe du 22 août

SIR HOVENDEN WALKER. 281 1711, elle est exorbitante, et ne résiste pas à la confrontation des pièces justificatives du Fournal de Walker.

Huit gros transports vinrent s'éventrer sur les rochers du sinistre flot.

Hommes.

{ 1°, L'Zsabelle-Anne-Catherine … 220

| 2°. Le Samuel & Anne... 150

| 3°. Le Wathanael & Elisabeth. 188

te } 4°. Le Marlborough ss 150 4, LEE CAM A vu nds een se 102 1 67. Le Coféhester ss eu ve, 354

| 7°. Le Marchand de Smyrne..….. 246 La Me ONE rites du

Nous ne connaissons pas le contingent de soldats transportés par le Content, mais, pour contenancer la statistique de Juchereau, nous le suppo:

(1) Cf: L’appendice du Yourna/ de Walker, page 190.

serons égal à celui du Colchester, le plus chargé des sept autres vaisseaux perdus ; nous atteignons alors au grand total de 1764 naufragés. Périrent-ils tous ? Garneau, notre historien national, répond à cette question qu'il avait étudiée, à Londres, dans les archives et les documents officiels. “ Sur les dix-sept cents soldats qu'ils (/es Auzt transports) portaient, plus de xeuf cents périrent.” (1) Nous voici loin, n'est-ce pas, des tyois mille morts de l'Ile-aux- Œufs.

Juchereau a bien fait d'ajouter : ‘“ L'on ‘vit des pistes d'hommes pendant

“ deux ou trois lieues, ce qui fit croire

(11 Garneau — /7éstoire du Canada, 4ième édition, 1882, tôme II, page 48.

“que quelques-uns avaient été rejoin- ‘“ dre plus bas leurs navires.”

Quant à supputer le chiffre total des pertes subies par la flotte anglaise pendant toute la durée de l'expédition, il convient d'ajouter de suite au millier de marins et soldats (plus de neuf cents, disait Garneau) qui périrent sur l'Ile-aux-Œufs les 470 hommes d'équipage de l'Edgar qui sauta en entrant à Portsmouth, ce qui donne 1470 morts, en toute certitude de vérification statistique.

Il resterait encore à établir une

moyenne approximative pour évaluer les pertes de vie à bord du Æeverskam et du Zeostof. L'équipage du Feversham se

composait de 196 marins; celui du

Leostoff, que nous ignorons, de-

vait être aussi nombreux, ces deux frégates portant chacune 36 canons. Trois transports furent avec elles cast away, abandonnés, c'est l'expression même de Walker, à la page 25 de l'/utroduction de son Ÿournal.

Combien d'hommes montaient ces trois transports perdus au retour de l'expédition ? Pour répondre à cette facile question, il suffit de se rappeler que sept des transports anglais péris sur l'Ile-aux-Œufs, et dont les contingents respectifs nous sont connus, portaient 1410 hommes. Cette moyenne, de

200 hommes par transport, me semble

i du deces

Avec

l'ex-

age nal.

rois pécile que

SUr nts ent

de

ble

confiner, à quelques unités près, à l'exactitude du chiffre recherché. Elle donnerait un effectif de wz2//e hommes pour les cinq transports abandonnés.

Combien périrent sur ce nombre ?

Rien ne guide ici la statistique. Les relations françaises interrogées restent muettes, et le Y'ournal de Walker luimême s'est refermé, comme la mer, sur les navires disparus. L'histoire et la tradition semblent avoir conspiré le secret de leur fatal destin. Inutile d'attendre l'aurore prochaine, le jour ne se lèvera plus sur l’abîme qui gardera éternellement, avec le mystère de sa

profondeur, la mesure de la catastrophe.

Il ne reste plus, à l’activité inquiète de

notre esprit, qu'un champ ouvert : celui des conjectures. Les pessimistes, s'autorisant de l'infortune inouïe de l'Edgar, conclueront à la perte totale des cinq équipages. Les optimistes, au contraire, se réclamant des nombreux exemples de transports et vaisseaux de

guerre rentrés sains et saufs à Londres

et à Boston, avec leurs contingents

complets de soldats et de marins, croiront au salut absolu de ce même millier d'hommes.

Il importe de se tenir également éloignés de ces deux opinions extrémes. Convenons que les uns et les autres se trompent et exagèrent au

même degré. Nous aurons donc 500

me

celui s'aupar, cinq coneux de dres ents rOI-

me

ent tréles au

pertes de vie à ajouter aux 1410 autres morts officiellement constatées ; soit, en chiffres ronds, 2,000 victimes.

Deux mille hommes! c’est’ encore faire à l'Océan la part du lion, que lui abandonner une proie de telle richesse.

Aussi, je n'admettrai l'exactitude de cette statistique qu'en autant qu'elle comprendra, dans ce sinistre grand total, les pertes cruelles que la maladie et la désertion — ces deux plaies vives

de toute expédition militaire — durent

infliger à la malheureuse flotte de Sir Hovenden Walker.

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