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absolument rare, unique peut-être en archéologie, ce document remarquable appartient également à deux événements historiques, parfaitement distincts, qui le réclament à ce point qu'il me serait impossible de le publier pour l'un sans le reproduire intégralement pour l'autre. Le premier de ces événements historiques est le siège de Québec par sir William Phips ; le second, l'expédition navale dirigée, vingt-et-un ans plus tard, contre la même ville par sir Hovenden Walker. Le document inédit que l'on va lire est le Serson pour la Fête de la Vicloire prononcé à Notre-
Dame de Québec, le 5 novembre 1690
par messire Joseph Séré de la Co-
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lombière, grand archidiacre et vicairegénéral, et répété, le 25 octobre 1711, par ce même prédicateur dans cette même cathédrale, aux grands applaudissements de l'auditoire. D'une haute valeur historique, cette œuvre oratoire est encore fort intéressante au point de vue de son mérite littéraire. Elle porte un titre flamboyant, bien propre à la mettre en vedette: Serwon pour la Féle de la Victoire. Fabre d'Eglantine n'eut pas mieux trouvé pour les solennités républicaines de la Nature ou de la Raison. Mais nous sommes, ici, bien loin de la Révolution française, et nous précédons de cent ans et plus les
prêtres constitutionnels de notre an-
AVANT-PROPOS. 11 cienne mère-patrie, lesquels n'ont pas laissé, que je sache, des Sermonnaires propres à édifier les âmes pieuses.
Cette /'éte dela Victoire fut célébrée à Québec, le s novembre 1690, à l'occasion de la levée du siège de cette ville par sir William Phips, qui fut honteusement battu par Frontenac, le plus illustre des gouverneurs français du Canada.
Sans doute, l'armada puritaine se brisa au rocher de Québec : vainement sir William Phips voulut rendre effective son orgueilleuse menace : sa coière, comme l'effort du bombardement de
ses frégates, s'évanouit en fumée. Cette
expédition n'en fit pas moins courir à
la colonie le plus grand danger. Il eut sufñ que la flotte ennemie demeurât huit jours de plus en rade, que John Walley se retranchât, une semaine durant, aux grèves de La Canardière, ou s'en allât camper à l'île d'Orléans.
L'une et l'autre n'auraient eu qu'à se donner la peine d'attendre ; malgré le courage de ses soldats, le patriotisme de ses habitants, Québec se rendait fatalement ; la famine, encore plus irrésistible que le bras armé de la guerre, en eut ouvert toutes les portes !
Aussi, quand la flotte de sir William Phips, chargée de honte et de blessés, disparut à l'horizon de Québec, ce ne
fut pas une clameur railleuse, mais une
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prière ardente qui s'éleva de la nouvelle Béthulie ! Ce ne fut pas un cri de victoire, le lrve le Ror ! officiel des champs de bataille européens au 1 7ième siècle ; un chant plus grave, plus recueill, monta des églises : 7e Deum laudamus, te Dominum confitemur. Au seul Dieu des Armées, la Nouvelle- France rapportait la gloire, la grâce et la faveur de son salut !
Qui véritablement avait triomphé ?
Quid dux ? Ktait-ce Frontenac? Quid miles ? Etait-ce Pierre Carré, l'héroïque habitant de Sainte-Anne de Beaupré ?
Quid strata ingentia liogna ? Etaient-ce
les retranchements, les palissades ou
les remparts du major Prévost ? Non
pas! Æn signum ! Regardez là-haut au clocher de la cathédrale, cette bannière de la Sainte Famille. Æ£% vector ! Deus hic, Deus ipse triomphat !
Chanter les victoires de Québec, en 1690 et 1711, avec l'hymne triomphal de la bataille de Carillon, n'est-ce pas deux fois commettre un grave anachronysme? Eh! quim'en accuserait ?
La parfaite analogie de ces trois grands faits d'armes, leurs égales intensités d'éclat, et leurs conséquences glorieuses, ne justifient-elles pas cette hardiesse littéraire ?
Passées d’ailleurs au creuset de la critique, les victoires d'octobre 1690,
d'août 1711,et de juillet 1758 donnent,
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