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M. de Montalembert et extraits de ses oeuvres

Je (It'dic cv liMO a la jeiiii('SS(3 catlioliijiic. (l'esl pour t'Ilc (|iu' je l'ai coinposc ri (jui' sei-ont ccrils ceux du même jreiire (jui le suivront. Kii les puliliaiit je n'ai (ju'un but : apprendre à connaître et à aimer aux jeuni's eluV'tiens de nos jours les gloires de l'Éirlise, au XIX'^ siècle,

hepuis (juel(jue temps, des hommes se sont l(;\es (jui ne craignent jtoint de d(''clarer du haut de leur sutlisance (jue l'Église a lait son temps ; (|ue celte reine, si longtemps vigourcuse,va enfin périr de décrépitude ; (|ue cette ('-pouse du Christ jadis si l'econde a cesse d'eidautiir. La Picsse, (|ui, senihlahle a la p\llii(' anti(iue, se dresse clia(|ue matin sin* son tro pied pour jeter, à tous les vents ,Ies feuilles (|u'ellea recouvertes de ses oracles, ne cesse; d(; proclajinM' sa stérilité présente et d'annoncer sa mort prochaine, et de là viennent en partie l'indilï'érence et le dédain dont nous la vovons entourée.

il suffirait d'ouvrir les yeux pour reconnaître l'imposture de ces accusations. Des voix plus autoris(''<'s (jue la mienne y ont d'ailleurs répondu déjà : j(! me permets d'y repondre a mon toiu\ .Ma voix, je le sais,

VI l'KEFACE.

no sera qu'un taihlc cclio ; mais pour ilclcndrc une mère, quand les aînés ont parlé, on pardonne aux plus petits (le balbutier.

L'Eglise est \ieille ; c'est vrai. Loin d'eji rougir, disons-le avec orgueil, car sa vieillesse, comme celle de Sara, est une vieillesse féconde et aujourd'bui. comme dans ses plus beaux jourS;, de nombreux enfants forment sa couronne.

Et, en effet, jetons un regard sur sa glorieuse histoire : (ju'a-t-elle produit dans le cours des siècles?

Elle a produit des docteurs, des croisés, des apôtres, des martyrs, des |)énitents et des vierges. C'est la ce qui a fait son triomphe dans le passé. C'est la, ajoutons-le, ce qui fait aujourd'hui sa force, et, il nous est permis de le dire , tous ces rayons épars semblent, de notre temps, se réunir en faisceau, pour former une auréole d'incomparable gloire rayonnant autour de la tète de l'Église, notre vieille mère.

L'Église produit des vierges. — « Oui, s'écrie avec une admiration émue le noble défenseur de la religion et de la liberté , que nous allons tout à l'heure admirer, oui, chaque jour, depuis le commencement du siècle oîi nous sommes, des milliers de créatures aimées sortent des châteaux comme des chaumières, des palais comme des ateliers, pour oifrir à Dieu leur coeur, leur àme, leur corps virginal, leur tendresse et leur ^ie. Chaque jour , parmi nous et partout, des filles de grande maison et de grand cœur, et d'autres d'un cœur plus grand que leur fortune, se donnent, dès le matin de la vie, à un époux immortel. Elles accourent, continue-t-il, elles affluent pour prodiguer des soins infatigables aux infirmités les plus rebutantes, les plus prolongées de la pauvre nature humaine ; pour défricher les déserts de l'ignorance, de la stupidité enfantine, souvent si revêche et si

PKKF.U.R. Vil

ri'liNC. Bnnaiit tous les dogoùls, toutes les rcpiignaiicos. toutes les tlenonciatious, toutes les injjfialiluiles, elles ^iel^lcnt par milliers, avec un couraj^o et une |iatieuee iiiiloin|ital)les, eourtiser, earesser et soulager toutes les lonues de la soutlranee et du déiiùment. » (1)

L'Eglise produit Av^ peuiteuls . il m'a ete douiie plusieurs lois, dans le cours de ma vie , de visiter un couvent habité par les généreux enfants de St-Bernard et jeté sur le tlauc île l'une des plus hautes montagnes de la Flandre. (-2; Eh bien ! je le demantle a ceux (jui oui passé quehiues jours au sein de l'une de ces saintes maisons . xeritahles oasis (|u'offre la solitude au milieu des ai^itations (h; ee siècle ; en voyant errer dans leurs longs et silencieux corridors ces hommes (jui seml)lables aux encensoirs de nos aiitels, exhalent sans cesse aux pieds de Dieu le parfum de leurs prières et ne semblent vivre que pour le Ciel; en considérant leurs visages amaigris i)ar les plus dures privations ; en les voyant assujetii* leurs corps, déjà épuisés par les macérations, à des travaux |)énibles et sans cesse renaissants ; en entendant, dans le silence des nuits, leurs voix fatiguées retentir sous les voûtes sépulcrales de leur sombre chapelle, ne se sont-ils point crus transportés au temps où les déserts étaient rem|»lisd'illuslres ctmtrépirtes soldats du Christ, [larmi ces religieux des âges «le foi dont une plume vaillante nous a naguère, dans un ouvrage monumental, raconté les admiiables combats (;i)? Non! la pénitence n'est point exilée de notre siècle et si l'humilité ne cachait, sous ses voiles, ses héroïques dévouements, il nous serait donné de

(1) Les Moine* d'Occident, pur M. de Moiilalembert, t. V, p. 38^1.

(2) L'ahbaye de N.-l). du Moni. (Moni des Cals, près nailleul.)

(3) Le8 Moines d'Occident, par M. le cunile de Monlalembert.

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