VIII PREFACE
coiiteni|)l(;r en plein xix« sièclt; dans leur elïrayante vérité los snhlimi^s folies de la croix qui étonnaient les contcnii)orains des Paeome, des Arsène, des Jérôme etdesPaula. (1)
L'Ejrlise, dit-on, est décrépite; le sanji d(; ses veines est épuisée. Aujourd'hui comme il y a dix-huit siècles cependant elle produit encore des marhrs.
Ouvrez quelqu'une de ces pieuses feuilles cjui nous arrivent sous le titre modeste d'Atmales de la propagation de la foi et lisez, si vous le pouvez, sans pleurer, les afïreuses tortures que les tyrans modernes font endurer aux martyrs de nos jours.
La raj^e des persécuteurs a {grandi , le couragcî des martyrs n'a [)as diminué; et si le génie mauvais qui inspirait les Néron et les Domitien subsiste encore, le Dieu (jui animait les Laurent et les Blandinc réside toujours dans les cœurs de bronze de leurs successeurs. En voulez-vous la preuve ? Elle se trouve à Paris, au sinninaire des Missions étrangères. Là existe une chambre a[)pelée la Chambre des Martyrs. Dans cette chambre, nous dit l'auteur' d'un liyre charmant (2), (( l'on garde les reliques des membres de la communauté ({ui ont confessé Dieu par la perte cie la vie. Là^ ajoute-t-il, sont les glaives qui les ont frappés, les cangues et les chaînes qu'ils ont portées, les cordes et les fouets (}ui ont déchiré leur chair, les linges teinis de leur sang, (jnelques restes de haillons, quehjues débris de leurs ossements sacrés, ([ui probablement, dès ce bas monde, ont tressailli à la vue du fils de Dieu. »
Mais (( $a)i{/ais martijrum, semé)). Christ ianorum, disait Tertullien de son temps. Cette parole est encore
(1) Voyez par exem|)le la vie du R. P. Lacordaire, parle R. P. Chocarne.
(2) ;}/. liouis Veuillol, dans (m et là.
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mie vorilr aujoiiidlmi, et les eliiclieiis se miiltiplieiit par le inomle.
Les Apôtres inoilenies sillonnent la terre dans tons les sens. Aj)rès a^oir dit adieu à leurs |)arents, a leurs amis, a toutes les joies d'iei bas, comme d'autres 1-raneois Xa\ier, ils s'enl'oneent dans les forêts, ils courent à travers les rochers, pour {J^agner (inehpies âmes a Jesus-dhrisf. (:iia(|ue jour, avec un ilé\onment heroïiiue, ils supportent les intem|>éries des saisons et des climats ; arrosent de leur sueur et (|uel- (jnetois de leur sang les contrées les plus ijinorées pour \ faire pousser les rejetons de cet arbre immortel (|ue le Christ a plante sur le Calvaire.
L'Efilise produit encore des docteurs. — l'eu de siècles ont pu contempler un tel ensemble de noms illustres et jamais peut-èlre la hiérarchie sacerdotale n'a compte dans ses ranj.;s plus de \aillants défenseurs de rK{;lise.
La chaire a retrouNc dans notre temps les accents |»atlieti(jueset la solide eloi|nence de ses jeunes années. Le souftle ([ni inspirait et animait les Aii;iiistin, les Ambroise. les Sf-Jean-Ctn'\sostome semble ic\i\re dans la poitrine (le nos j^rantls orateurs catlioli(jnes. Sur chacun de nos sièges episcopaux siège; la ^(■I•ln imie à la science ; (|u'il nous soit permis de le dire a\ec mie fierté toute filiale, nos évoques sont semblables a de Néritables phares, recevant leui- lumière de cet astre raditîux (jui brille sur la SIe-.Montagne (ju'on a|ij)elle Uome et en projetant des'rellets eblonissiuits sur lems peuples, chacun a sa manière, mais tous d'une façon merveilleuse.
Et le prochain Concile, pour la reunidii dn'inel s'elevent en ce moment (1(!S prières de tous les coins des deux mondes, fera luire aux yeux des nations, réunies eu faisceau toutes les lumières de l'Eglise et