‹ M. de MontyonChapitre 1 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'orthographe du nom. — Le titre et les armes. — Peu d'importance du titre dans l'ancienne société. — Les grandes familles parlementaires — Les origines et les alliances de la famille Auget . — La Chambre des comptes. — La belle Marie Pajot, marquise de Lassay. — M. et Mme de Fourqueux : M. de Fourqueux, ministre ; Mme de Fourqueux, auteur de romans. — Les Trudaine.

Antoine-Jean-Baptiste-Robert Auget de Montyon, chevalier, seigneur baron de Montyon, naquit à Paris le 23 décembre 1733.

Les nombreux documents notariés que j'ai consultés m'ont permis de restituer ainsi et avec certitude au célèbre philanthrope les noms et prénoms qui étaient les siens. Son prénom d'Antoine est généralement omis par ses biographes ; son nom patronymique d'Auget est souvent orthographié Augel ou Auger ; enfin

son nom seigneurial est souvent écrit Mon- Ihyon au lieudeMontyon. Cette dernière erreur s'explique par ce fait que le village qui porte ce nom s'écrit aujourd'hui Monthyon ; mais jamais M. de Montyon n'a intercalé la lettre h au milieu de son nom, ainsi que j'ai pu m'en convaincre par les signatures émanées de lui que j'ai eues sous les yeux i.

Quant au titre de baron, il me semble que cette qualification nobiliaire, que j'ai cru devoir lui maintenir, est un peu entachée d'irrégularité. Je m'explique.

C'est par lettres patentes en date du 14 juillet 1654 que le roi érigea en baronnie la seigneurie de Montyon-en-Brie. Or à cette époque Montyon n'avait pas pour seigneur un membre de la famille Auget, puisque ce n'est qu'en 1709 que celle terre fut acquise par Jean Auget, seigneur de Boissy. Jamais les terres titrées n'ont donné le droit à leurs possesseurs de prendre le titre qui y était attaché. Jamais ils ne devenaient

1. M. le clianoine Denis, de M eaux, n'accepte pas l'orthographe que nous avons choisie, hien qu'elle soit celle adoptée par le célèbre philanthrope lui-même. Nous persistons dans le choix que nous avons fait, et nous laissons à M. de Mijutyon la responsabilité de la suppression dans sou nom do la lettre li.

comtes ou barons d'une terre érigée en comté ou en baronnie pour une autre famille que la leur ; ils étaient seulement seigneurs du comté ou de la baronnie de i... Il est vrai qu'une confirmation royale aurait pu intervenir ou de nouvelles lettres patentes être octroyées.

En ce qui concerne M. de Montyon, je n'en ai retrouvé nulle trace ; mais la chose est sans intérêt, et c'est pour être tout à fait exact que je lui ai donné la qualification de seigneur baron de Montyon, qualification qu'il prenait lui-même dans les actes publics et qui n'implique pas le titre personnel de baron. D'ailleurs, à rencontre de ce qui a lieu aujourd'hui, le titre dans l'ancienne société française était sans importance, tandis qu'on en attachait une très grande à l'extraction. Saint-Simon raconte dans ses Mémoires- que « les titres de comtes et de marquis étaient, à la fin du xvii" siècle, tombés dans la poussière par la quantité de gens de rien et même sans terre qui les usurpaient, et par là tombés dans le néant, si bien mémo que les gens de

1. Les roturiers achetant des flefs nobles ne sont pas pour cela anoblis (ordonnance de Blois, art. :2!)8).

Les dnchez, les marquisats, les comtés n'anoblissent pas (Œuvres de Jean Uaquet, cli. XX).

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