SCÈNE I
/ • Air.
J’ comprends très-bien qu’ dans un petit ménage C’est amusant parfois de se bouder;
Car, si l’on boud’, quand est passé l’orage On a 1’ plaisir de se raccommoder, (bis.)
Mais, avec lui, ça n’est plus ça,
Y boude, et tout se borne là!
Ah!
Y boud’ sans paix ni trêve,
Y boude en s’éyeillant,
Y boud’ quand il se lève,
Y boude en s’habillant.
Son humeur m’exaspère.
Car rien n’est ennuyant Comme un mari, ma chère ,
Qui fait tout en boudant!
MIETTE
Ah! dame! c’est pas gai !
DENISE
T’aimerais mieux qu’il fût comme Bernouillet.
MIETTE
Eh ben! merci!... si t’étais sa femme, tu verrais comme il * vous agace!
DENISE
Bernouillet t’agace?... un si bon garçon... qui rit toujours...
MIETTE
V’ià ben! ça vous agace un homme qui rit toujours... c’est vrai, ça... Bernouillet peut pas se passer de rire...
Même air.
Je m’en souviens, le jour du mariage.
De not’ bonheur en voyant les apprêts.
On me disait : quand on entre en ménage,
On rit d’abord, mais on n’ rit plus après, (bis.)
Ça s’ passera !.. Quoi qu’on ait dit,
Ça n’ passe pas!., toujours il rit! /
Ah!
Il rit souvent en rêve,
. ■ Il rit en s’éveillant,
. . Il rit quand il se lève, •
Il rit en s’habillant !
Pas moyen de 1’ fair’ taire.
Rien n’est contrariant Comme un mari, ma chère,
Qui fait tout en riant.
Y a des moments où ça m’embête au point que je serais capable de je ne sais quoi.
DENISE
Eh ben! alors, t’aurais dû épouser M. Bolivar.
MIETTE
Oh! je savais pas assez l’orthographe pour lui..» fallait une femme comme toi !
CLAMPIN, en dehors.
Ohé! oh!.'.
« MIETTE
Tiens!., la voix de Clampin!.,
DENISE, à part.
C’est lui !
MIETTE, qui a couru h la porte du fond.
C’est ça... .attache ton cheval à l’arbre... i’irons tout à l’heure lui chercher de l’avoine, (a clampin qui entre.)