‹ M. Faillon, prêtre de St. SulpiceChapitre 19 sur 21 · II. D’avoir toujours été très affectionné à sa vocation · texte numérisé non relu

II. D’avoir toujours été très affectionné à sa vocation

III. De n’avoir pas été exclu de la Compagnie par ses supérieurs

IV. Enfin d’avoir presque toujours été occupé de M. Olier, de sa vieet de ses écrits.

Il communia encore le 19 octobre, fête de l’Intérieur de la B. V. M. et sembla revenir à la santé les jours suivants, et il disait à un des MM, d’Issy qui ne l’avait pas vu depuis quelques jours •- “ II paraît que N. S, en visitant l’âme a voulu soulager le corps.”

Trompé par ce mieux, il ne continua pas à dicter, il se contenta d’indiquer de vive voix ce qu’il se proposait de mettre en appendice à la fin de la vie de M. Olier, il voulait y insister :

lo. Sur l’attachement traditionnel des enfants de M. Olier pour le St, Siège. (*)

(*) Quant au premier appendice, M. Faillon avait réuni une grande quantité de documents qui montraient quels avaient été les sentiments de dévouement de la Compagnie envers le St. Siège. Ces sentiments étaient si prononcés qu’ils avaient excité contre la Compagnie, la plus vive hostilité de la part de l’autorité laïque et religieuse en France: et il est à remarquer que le Séminaire n’avait jamais abandonné ses principes, même au moment où ils auraient pu mettre en danger ses œuvres et son existence.

Les Jansénistes voyant qu’ils ne pouvaient gagner M. Ulier et ses disciples, cherchèrent à les déconsidérer et à les entraver dans leurs œuvres. Us réussirent au moins à exciter des préventions dans l’esprit de plusieurs grands personnages qui s’étaient attachés au parti, ils prévinrent contre eux plusieurs des Evêques— et enfin ils parvinrent même à détacher de M. Olier quelques-uns de ses amis et de ses auxiliaires les plus précieux, tels que M. de Foix et M. du Ferrier, qui auraient pu du reste compromettre la Compagnie parla sympathie qu’ils manifestèrent, smon pour les idées nouvelles, du moins pour ceux qui en étaient les plus ardents propagateurs.

Mais ce n’était là que le commencement des épreuves ; vinrent ensuite les difficultés sus-

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2o. Sur l’esprit de l’Oratoire dont St. Sulpice a hérité.

3o. Sur l’oeuvre des catéchismes qui remonte à M. Olier et qui intéresse

toute la France.

Le mieux qui s’était fait sentir ne fut pas de longue durée, ce n’était que le résultat d’un déplacement du mal. L’érysipèle s’était retiré de3 membres pour se porter à l’intérieur. M. Faillon avait communié le 15 octobre, il communia encore le 23 qui était un dimanche, puis il îeçut quelques visites, il était un sujet d’édification et de consolation pour tous ceux qui venaient le voir.

citées contre la Cour de Rome par les officiers du Roi et les membres du Parlement qui ■exposèrent St. Sulpice aux persécutions les plus violentes. Le Roi ayant fait rédiger dès 1663, des propositions tendant à attaquer les prérogatives du St. Siégé et ayant voulu les faire approuver par la Sorbonne - les MM. de St. Sulpice qui faisaient part.e de la ■Sorbonne prirent fait et cause pour le3 droits du St. Siège et entraînèrent tous leurs collôo-ues II en fut de même, vingt ans après, lorsque les mêmes propositions rosumees eu •quatre articles principaux furent soumises à l’enrégistreme ut de la Sorbonne. Voici ces

■quatre articles : .

lo. Le St. Pontife n’a aucun droit direct ni indirect sur le temporel des Rois.

2o. Il est inférieur au Concile Universel.

3o. U est soumis aux canons de l’Eglise.

4o. Ses jugements dogmatiques ne sont pas irréformables.

L’on trouve dans les papiers de Colbert des dénonciations contre la Compagnie de bt. 'Sulpice, et en particulier contre les membres qui faisaient partie de la Sorbonne, comme M Leblanc, M. de Poussé, M. Lebreton, M. de la Barmondière. On les représente comme ■extrêmes pour l’autorité du Pape, -se déclarant pour Rome avec emportement allant j.squ ■des protestations séditieuses contre les mesures du gouvernement, ce qui est d au ant plus à considérer “ que cette communauté élève des jeunes gens des plus gran .e3 ami e , 1 XLI.. maisons, qu'elle a do PiuHueuc. dans toute 1. Fruuce, «te.- Cette — site contre St. Sulpice était si grande que suivaut le P. Rapin, plusieurs penseren q nièce de Tartufe avait été particulièrement dirigée contre les associes de3 congiega 1 laïques fondées par la maison de St. Sulpice, avec M. de Renty, M. de Fenilon, etç., etc

Outre les papiers de Colbert, nous voyons un témoignage éclatant des sentimen la Compagnie, dans une relation écrite à St. Sulpice des événements de 1682, que 1 on peut croire (Fautant plus conforme aux sentiments de la Compagnie, quelle ne tait pas destine à l’impression et que l’on savait qu’on n’aurait pu la publier. Cette relation remajqu hrs»“,«e leu Evêques qui eut rédigé le, 4 articles, oublient qu'il, ou. juré obéi. -

Révérend Messire Faiïlon.

M. l’abbé Millot, Supérieur de la Communauté des Clercs de St, Sulpice dont la résidence se trouve à Issy, près de la Solitude, vint le voir le 24 octobre, veille de sa mort ; il le trouva bien faible et lui dit en quelque? mots, qu’il le priait de le bénir, il pensait qu’accablé par le mal il se contenterait de prononcer les paroles de la bénédiction ; mais quelle fut s surprise d’entendre le vénérable malade dire d’un ton solennel et recueilli: “Je bénis Notre Seigneur de vous avoir inspiré la pensée de ressusciter la petite communauté ; ce sera un lumignon qui d’ici à quelques temps, ne donnera pas une vive lumière, mais ne vous découragez pas, elle est destinée à faire un grand bien dans l’Eglise. Je vous bénis, je bénis vos chers enfants. Je demande qu’ils croissent de plus en plus dans la connaissance de Notre Seigneur. In nomine Patris.d ’ Cette dernière bénédiction, et ces derniers souhaits ont été pieusement recueillis et religieusement conservés par M. l’abbé Millot,

qui aime à les considérer comme la prophétie d’un Saint entrant dans la lumière de Dieu. *

0 Note de Mr. l’abbé Millot.

sance au Souverain-Pontife, et qu’ils sont aussi coupables que les Evêques d’Angleterre qui ont transmis à leur Prince le droit de suprématie qui n’appartient qu’au Pape, que leur devoir n était pas d’animer le Roi contre le Pontife, et de se prononcer contre celui-ci pour obéir au Souverain.” F

On craignait tellement l'influence du Séminaire, que l’autorité supérieure défendit aux Messieurs qui étaient docteurs en Sorbonne de sortir de leur maison, le jour où l’on déférerait les 4 articles à l’enregistrement des docteurs de la Sorbonne; mais malgré ces mesures et toutes les menées des gens du gouvernement, 167 docteurs seulement Tur 700 souscrivirent l’enrégistrement. Cet échec ne fit qu’irriter encore plus les adversaires du Séminaire. L’affection et l’attachement de St. Sulpice pour Rome ne s’inquiétèrent point de ces ressentiments. ^

Vers la fin du XV lie siècle on établit, sur les demandes du Nonce, une maison dans les Etats du Pape à Avignon ; le Séminaire y voyait un moyen d’avoir plus de relations avec le St. Père et de pouvoir rendre plus de témoignages de respect envers la Cour de Rome. L’Archevêque de Paris ayant exigé que la Paroisse de St. Sulpice qui était sous sa juridiction, adoptât le rite parisien, le Séminaire continua à réciter l’office romain ce qui fut même conservé à la Solitude jusqu’à la fermeture de la Solitude à la Révolu-

Dernières années

La nuit du 24 au 25 octobre, qui fut celle de sa mort, M. Faillon fut crardé par un de ses confrères, qui avait sollicité cette faveur, ce fut lui qui recueillit les dernières paroles du pieux mourant, et qui dans ce moment suprême, l’aida à passer à Dieu en faisant près de son lit, les prières des agonisants et en lui donnant au dernier moment l’Indulgence plénière.

1 °çe fut immédiatement après l’avoir reçue qu’il rendit le dernier soupir le 05 octobre à 34 heures du matin. C’était le septième jour de 1 octave de l’Intérieur de la Très Sainte Vierge, mystère pour lequel il avait toujours eu une dévotion particulière, et pour lequel il avait eu l’honneur non- seulement de travailler, mais encore de souffrir.

V Eglise de Fleury 6tait en^ee d’erreurs, on^arre du p Quesnel eût

Unigenitus, en 1713, le Séminaire, malgré ^^t^oaîu^bÏ^e^

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ü ne faut donc XL, l e Duc de St Simon, en ses mémoires dit : “qu’à la cour on

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surtout, est à ses jeux, règle de foi. , qa+isfaction • lors de la suppression des

les persécutions vinrent du cote ou i ou devait n» a y de8 Clercs à la

Révérend Messire Faillon.

Sa mort a été douce comme celle des Saints ; ses traits après le trépas sont restés comme l’expression du calme de son âme. C’est ce qu’écrivait M. Icard en apprenant cette mort à M. le Supérieur-Général. C’est ce dont furent témoins tous ceux qui eurent la consolation de prier autour de ce corps vénéré. Les demoiselles de la Petite-Œuvre obtinrent, à cause des ■circonstances, la permission de monter à sa chambre, où elles demeurèrent longtemps en prières.

L’impression générale de ceux qui s’en approchaient était plutôt de le pner que de prier pour lui.

Le service funèbre eut lieu le lendemain à l’église de St. Sulpice, et son corps fut déposé, vu le blocus, dans un caveau de l’Eglise. Si

plus importants de la Compagnie, à Lyon où Mgr. de Montazet persécuta St. Sulpice détournant les sujets du Séminaire, lui enlevant les subventions, et faisant tout affluer ’ aux oommunautés favorables aux nouvelles doctrines. Ceci eut lieu depuis 1 -intronisation de Mgr. de Montazet, en 1758, jusqu’à sa mort, en 1788, à la veille des épreuves de la révolution Arrive à cette période, nous pouvons faire remarquer quel enseignement le clergé recevait dans les Sommaires ; nous Savons qu’à rappeler avec quelle unanimité le sementTla n i u ion civi e tut refusé. Mais les Sulpiciens ne se contentèrent pas de l’enseignement des principes, Us donnèrent aussi l’exemple ; aucun des prêtres de la CompagnieTvoulut

St sÏe Àuü T1"? PreS+d,6 V1Dgt Sulpiciens ^ Purent de leur vie leur attachement au . * rf. ' 1 au-de7ailt du danger, M. Emery élevait la voix, et, daus deux écrits qui se

ï°Ute la FranCe’ H soutenait que l’Etat ne pouvait imposer aucun des des A r 6 C°nStlt"tl0n clTlle 1 la déclarait erronée et proclamait, « que les seuls successeurs * P t S°nt etabhspar St. Esprit pour gouverner l'Eglise de Dieu .” Il répandit ses

des' plus3 grandes CvUoiagemen^S,tînd'SqU ilreSta^tin^ra^'^emeilt^SOl:l poste au müieu même des plus grandes violences révolutionnaires : enfin lorsque le calme se rétablit, M Emerv

seconda i execution du Concordat en éclairant tous les Evêques qui avaient des rapports

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me ou il venait de recevoir le d cret de la suppression de la Compagnie à qui l’on enle-

décisions ’du sillSièrrCcqd °Q tr°UVait tr°P attaChÔS aUX maximes de Rome et decis.ons du St. Siégé. Ce résumé nous semble suffire pour montrer quels ont été inva

Dernières années. . . .

ce caveau n’est pas celui où fut déposée Marie Rousseau, le 6 Août 1680, il en est du moins bien rapproché comme on peut le conclure de ce qui est dit par l’auteur des Remarques Historiques , sur l’église de St. Sulpice.

Le corps de M. Faillon fut transféré au cimetière de la Compagnie, à Issy, à l’occasion de la mort de M. Cahier. Cette translation se fit sans grande pompe, le 9 Mars 1871, à cause des circonstances, les deux Séminaires n’étant pas encore rentrés. Quelques solitaires cependant grossirent le cortège que formaient les Directeurs présents à Paris.

M. Faillon a succombé au moment où les désastres avaient déjà dépassé les plus sombres prévisions, mais les paroles de confiance qu il a adressées à M. l’Abbé Millot, rapprochées de ces paroles qu’il répétait souvent : “ ils ne nous ôteront pas Jésus-Christ !’’ ne sont-elles pas les signes d’une conviction nette et profonde qu’il avait d’un triomphe de la cause de l’Eglise et des destinées de la fille aînée de l’Eglise toujours unie à ses victoires comme à ses épreuves.

PHAPITRE XIX.

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