VIE DE M. OLIER
Nous voici arrivés à la vie de M. Olier, l'ouvrage le plus important que nous devons à M. Faillon ; celui qui nécessita lé plus de recherches, qui lui coûta le plus de travail, et auquel il put appliquer toute la force de son esprit développé par l’étude, et des œuvres déjà remarquées.
Ïl était parvenu à la plénitude de son talent par ses premiers travaux ; c’est done cette œuvre qui est par excellence le fruit de sa maturité ; d’ailleurs n'est-ce pas celle où il a réalisé le plus complètement toute la pensée de sa vie ecclésiastique et religieuse ?
Il voulait glorifier et mettre dans la lumière, le saint, le génie fondateur de la compagnie bien aimée à laquelle il appartenait ; il voulait donner au clergé un modèle de piété et de zèle, applicable surtout dans les cir-
constances présentes ; enfin il voulait offrir à ses confrères, pour qui il
aurait donné son sang et sa vie, autant qu'il était possible dans sa plénitude, l’esprit de cet admirable prêtre, et de ce grand docteur et amant des âmes.
Aussi, a-til eu soin de présenter les faits de manière à faire comprendre les exemples qui s’y trouvent renfermés ; mais, outre les exemples, il expose la doctrine, où l'esprit céleste éclate de toutes parts; afin que. les prêtres n’y rencontrent pas seulément des modèles pour des circonstances particulières, mais le génie et l'inspiration sublime et divine qui doivent les diriger en toute leur vie.
Telle était la pensée qui animait M. Faillon dans la composition de ce gränd ouvrage, et tous ceux qui l’ont médité, ont proclamé qu’il avait admirablement atteint son but, et même ‘en énumérant tous les ouvrages
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qu’il a composés et qui ont chacun leur genre d’importance et d'intérêt,
di tous se sont plû à déclarer que la composition de ce seul livre eûs q assuré à M. Faillon une des premières placés parmi les écrivains religieux et les hagiographes les plus célèbres. Nous rapporterons plus loin, gr quelques-uns de ces témoignages. su Pour arriver à son but, il ne recula devant aucune recherche et dé aucune peine ; il commença d’abord par réunir avec le plus grand soin à tous les ouvrages écrits sur M. Olier; ensuite ceux où ge trouvaient M des renseignements sur l:: :-ènements auxquels furent mêlés la vie et les œuvres du saint fondateu | tic Enfin, pour bien saisir son inspiration intime, la pensée de ses œuvres: ré ses sentiments, il analysa tous les écrits de M. Olier qui forment, on le sait S un ensemble considérable, et ainsi il réunit des quantités de traits, de remarques et d’appréciations qui ont si profondément pénétré son ouvrage, do que l’on n’en peut lire même quelques lignes, sans être étonné du travail av
immense qu’il a accompli. qu En effet, tandis queM. Faillon a son de faire marcher ensemble les faits et |
la doctrine, il ne cite pas un fait qu’il ne l’établisse par les autorités les plus
nombreuses et les plus importantes, et enfin il n’expose la doctrine
sur aucun point que par une concordance continuelle avec l’ensemble qu de toutes les ‘œuvres.
su
Mais ce n’est pas encore là qu'il borne son travail : en même temps qu'il donnait les autorités les plus nombreuses, il se fesait un devoir ra de les citer textuellement, et cela avec une telle habileté que quelle que fut et la diversité du style et des documents, il parvint à fondre ces éléments êp de manière à en, faire un tont uni et Complet, que les plus habiles criti- | pa ques ne peuvent se lasser d’admirer. gr Le succès de la vie de M. de Lantages et de M. Demia, avait été assez ce grand pour faire penser que peu d'écrivains, dans la Compagnie, se trouvaient gé aussi bien préparés que M. Faillon pour entreprendre une biographie aussi m
importante, mais quelqu’ait été le mérite de ces deux ouvrages, on peut bien
Vie de M. Olier.
ntéres dire qu’il a été tellement dépassé, que rien ne: pouvait y faire prévoir re eûs quelle serait l'excellence du nouveau travail de l’auteur. SA eli- Quoi qu’il en soit, du reste, de ses dispositions pour entreprendre un si 8 loin, grand travail, et indépendamment de toute indication à cet égard par les supérieurs, il arriva une rencontre qui lui ‘aspira tout-à-coup le plus vif he et désir de consacrer ses soins à élever un monument à la mémoire du pieux | soin = fondateur de St. Sulpice; ce fut lorsqu'une circonstance particulière vint aient Ini révéler l'esprit et le génie de M. Olier. re 0 D'abord à son entrée dans la compagnie, il avait été frappé de l'éléva- : tion des écrits de M. Olier, d’après quelques ouvrages généralernent NROE répandus. Il avait écouté avec bonheur ce qui se transmettait à Za 4 Solitude /sur l'esprit du saint Fondateur.
ee Enfin, c'est avec le plus grand attrait qu’il avait lu la vie si édifiante F89 donnée par M. Nagot, et qui a des qualités si réelles et si solides. Mais eva avec tous ces préliminaires à la connaissance de }T. Olier, on peut dire que rien encore ne lui avait fait soupçonner ce qu’il devait lui-même y Hs 6k découvrir plus tard.
plus Ce fut quelques années après son entrée dans la compagnie et lorsqu'il tane se trouvait à Lyon. C’est alors qu'il fit une découverte qui lui donna en mble quelques instants de la grandeur du génie de M. Olier, une idée bien supérieure à tout ce qu’il en avait pu avoir jusque-là. ! da ss Il avait déjà beaucoup étudié et parcouru les Pères, il en M ‘ dun rait la richesse et cette profondeur qui ne révèle ses leçons qu’à l’étude > fut et à la méditation la plus assidue. Souvent, dans ses lectures, il avait ent éprouvé le regret que les grands écrivains religieux modernes, n’aient riti- pas eu recours plus souvent à ce fond si grand de lumière et d’ensei- | gnement, et de plus qu’ils n’eussent pas appliqué la force de leur esprit-à ssez ces mystérieuses révélations d’en haut, que n’unt fait qu’effleurer même les lent génies les plus vantés des derniers siècles. Mais quel fut son étonneal ment lorsque s’étant mis à lire dans la Bibliothèque du Séminaire, l’un
ien des manuscrits de M. Olier, il y découvrit une si grande intelligence
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et connaissance des Pères, qu’il lui semblait ÿ trouver que-là inaccessibles.
Plus il avançait dans cette lecture et plus son admiration augmentait, découvrant dans une abondance d’expressiôns et de sentiments inépuisables, l’explication claire et profonde de tout ce qu’il avait trouvé jusque-là de p'us profond, de plus secret et de plus caché. ;
Ainsi la doctrine de.M. Olier l’éclairait dans les voies les plus dificiies et les plus ténébreuses, tandis que la connaissance qu'il avait déjà acquise des Pères, avait pu seule lui faire comprendre la grandeur et la profon- Géur du génie de M. Olier.
Ce fut pour lui comme un trait de lumière qui décida de la pensée et de l’application de tous ses moments 3 il contitiua pendant de longs jours ces lectures si précieuses et si douces à son cœur, et ensuite il redescendait de la Bibliothèque, tout transporté, et l’on voyait Sur ce calme et doux visage, un rayonnement de joie qui l’illuminait et ressemblait à cet éclat qui faisait resplendir les prophètes antiques, au sortir de leurs entretiens avec les esprits célestes.
On comprend que cette satisfaction eut un effet fructueux et durable : dès lors il se dévoua irrévocablement à l'étude et à la méditation du pieux fondateur, il recueillit à Lyon et bientôt à Paris, tous les documents qui pouvaient lui être utiles.
Ce fait avait eu lieu depuis plusieurs années, lorsque, suivant ses désire et ses aspirations les plus chères, il lui fut proposé de récrire la vie éditée par M. Nagot ; en peu de temps il disposa et détermina son plan, se proposant d'écrire un livre qui, outre les faits de piété et d’édification qu’elle devait rénfermer, se complèterait par l’exposition de la grande doctrine du pieux fondateur.
Il réunit tous !<5 ouvrages qui se rapportaient à M. Olier, d’abord ses propres z““émoires qi comprennent 8 vols. in 4°, puis les six cahiers écrits sur l’injonction €u P. Bataille, procureur général des Bénédictins ; enfin, les abrégés faits surles mémoires par M. Bourbon et M. Lechassiér.
des lumières jus-